Santé

Et si on n'arrivait jamais à trouver de vaccin contre le Covid-19?

Temps de lecture : 2 min

La complexité du virus et le temps nécessaire pour élaborer une formule efficace rendent la tâche difficile.

Un vaccin 100% efficace ne verra peut-être jamais le jour, mais on pourrait multiplier les différents vaccins pour protéger des populations différentes. | National Cancer Institute via Unsplash
Un vaccin 100% efficace ne verra peut-être jamais le jour, mais on pourrait multiplier les différents vaccins pour protéger des populations différentes. | National Cancer Institute via Unsplash

La communauté scientifique met en garde sur l'éventualité que jamais la formule d'un vaccin anti-Covid-19 ne soit mise au point. Certains gouvernements semblent s'y faire et restent prudents sur l'avancée des tests cliniques.

De nombreuses difficultés s'ajoutent à la durée habituelle des tests cliniques auxquels sont soumis les vaccins. D'après le Guardian, la particularité du SARS-CoV-2 par rapport aux autres coronavirus est l'une des explications de ces difficultés.

Une immunisation de courte durée

Les leçons tirées de la recherche de vaccins pour le SRAS et le MERS pourraient être précieuses dans la course visant à trouver celui contre le Covid-19. Ce vaccin reste pourtant encore très difficile à cerner. Il était envisagé au début de l'épidémie que les personnes guéries du virus bénéficiaient d'une immunité de longue durée. Les scientifiques remettent désormais cette supposition en question.

Une recherche de l'université d'Oxford a récemment analysé le sang de patient·es guéri·es de la maladie. Les résutats des tests ont démontré que leur taux d'anticorps qui permettent une immunité de longue durée grimpaient fortement durant le premier mois suivant l'infection, mais chutaient ensuite brutalement. «Si l'infection naturelle n'offre pas une réponse immunitaire intéressante, sauf en cas d'infection sévère, qu'est-ce qu'un vaccin peut faire de plus?», s'interroge le chercheur Stanley Perlman.

Trouver un vaccin, c'est aussi partir du principe que le virus ne mute pas. Or, pour le Covid-19, rien n'est moins sûr. S'il venait à muter, le vaccin serait inefficace car les anticorps présents dans celui qui serait administré ne pourraient plus nous protéger ni offrir une immunisation contre le virus. Pour Martin Hibberd, virologue, les mutations déjà observées constituent une «alerte» quant à l'utilité d'un potentiel vaccin.

Ne pas confondre vitesse et précipitation

Précipiter les recherches et promettre un vaccin en dix-huit mois, c'est risquer de ne pas suffisamment prêter attention aux effets secondaires. En 2004, lorsque le premier SRAS a été détecté, l'un des vaccins mis au point avait causé une hépatite aux animaux sur lesquels il avait été testé. Un autre vaccin en phase de test avait causé de graves lésions pulmonaires aux animaux de laboratoire, les rendant plus fragiles à de futures infections.

Le directeur du Worldwide Influenza Centre, John McCauley, estime qu'il faut prendre le temps d'analyser les difficultés que chaque vaccin peut causer: «On ne connaît pas les difficultés, les difficultés spécifiques auxquelles chaque vaccin peut nous confronter. Et on n'a pas suffisamment d'expérience dans la gestion de ce virus ou de ces composants.»

Des vaccins partiellement efficaces

Il n'y a peut-être pas de réponse idéale au Covid-19. Certains vaccins pourraient se montrer efficaces, mais rien n'est encore sûr. D'autres formules ont prouvé leur efficacité, non pas pour la prévention du virus mais pour celle des maladies mortelles engendrées par le coronavirus. Produire un vaccin contre ce virus ne permettrait pas d'empêcher 100% des infections, mais permettrait de réduire le nombre de décès.

La solution pourrait résider dans un compromis entre plusieurs vaccins. Pour les plus jeunes, un vaccin avec une souche du virus puissante, car leurs organismes sont plus robustes et pourront l'encaisser. Il les protégera fortement et durera plusieurs années. Chez les personnes plus âgées, les scientifiques pourraient pencher vers l'usage d'un vaccin à efficacité réduite sur la maladie, mais qui prévient les infections mortelles.

Quoi qu'il en soit, le coronavirus pourrait faire partie de nos vies pour un long moment, et jouer au «ping-pong dans le temps et l'espace» avec les différents pays, selon Larry Brilliant, directeur d'un organisme de recherche sur la variole.

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