Politique / Santé

Les cheffes d'État se sont illustrées pendant la crise du Covid-19

Temps de lecture : 2 min

La Néo-Zélandaise Jacinda Ardern, la Finlandaise Sanna Marin ou la Taïwanaise Tsai Ing-wen ont su prendre en main l'épidémie.

Sanna Marin, au centre, entourée des membres de son gouvernement finlandais exclusivement féminin, le 4 mai 2020, lors d'une allocution sur le Covid-19. | Emmi Korhonen / Lehtikuva / AFP 
Sanna Marin, au centre, entourée des membres de son gouvernement finlandais exclusivement féminin, le 4 mai 2020, lors d'une allocution sur le Covid-19. | Emmi Korhonen / Lehtikuva / AFP 

Face au Covid-19, les chef·es d'État n'ont pas adopté les mêmes comportements. Il semblerait que les femmes à la tête d'un pays ont mieux su appréhender la crise et la gérer. Selon les spécialistes, il est important de tirer des leçons de ces façons de gouverner, pour pouvoir les reproduire, même hors crise. Le New York Times fait le point sur ces femmes que le coronavirus n'a pas su déstabiliser.

Le 27 avril, la Première ministre de Nouvelle-Zélande Jacinda Ardern a annoncé être parvenue à éradiquer le coronavirus sur le sol de son pays, une prouesse en un temps record. Elle avait ordonné un confinement le 25 mars. En Finlande, la Première ministre Sanna Marin, entourée de sa coalition uniquement composée de femmes, obtient des résultats bien meilleurs que son proche voisin la Suède. Taïwan a réalisé un immense effort pour permettre à la population d'affronter la crise, sans confinement, guidée par Tsai Ing-wen. Enfin l'Allemagne, avec à sa tête la chancelière Angela Merkel, observe un taux de décès bien plus bas que celui de la France, de l'Italie et de l'Espagne.

La recette du succès

Pour Devi Sridhar, professeure titulaire d'une chaire de santé publique mondiale à l'Université d'Édimbourg, la clé du succès réside dans la variété des sources d'information utilisées et dans l'humilité. Chose que beaucoup de chefs d'États masculins ont du mal à faire, selon la chercheuse. «La seule façon d'éviter une “idée dominante” et des angles morts, c'est de s'assurer de s'entourer de personnes avec des parcours et environnements différents lorsqu'il s'agit de prendre d'importantes décision», préconise-t-elle.

C'est l'exemple qu'a donné Angela Merkel. La chancelière et son gouvernement ont analysé une grande diversité d'informations et de données avant de penser une politique adaptée au cas particulier des Länder. À l'inverse, la Suède et la Grande-Bretagne ont préféré s'appuyer uniquement sur des modélisations épidémiologiques, les menant à des taux de décès particulièrement élevés.

L'ego masculin

Les images de Boris Johnson et de Donald Trump insistant pour serrer des mains ont fait le tour du monde. De nombreux chefs d'État et membres de gouvernement ont refusé de porter des masques. Il s'agit de ne pas briser l'image de l'homme fort et de la nation puissante, selon David Marcus, journaliste conservateur. Ce sont pourtant peut-être ces volontés de «projeter la puissance américaine» qui ont joué des tours à Donald Trump.

À l'inverse, certaines cheffes d'États ont adopté une approche plus directe et proche de la population. Loin des allocutions très codifiées et institutionnelles, c'est lors d'un direct Facebook que Jacinda Ardern s'est adressée à la population néo-zélandaise, afin de la rassurer après avoir instauré un confinement. Il faut admettre que durant l'exercice du pouvoir, les femmes jouent gros.

Plus que les hommes, elles sont scrutées et jugées à la moindre apparition. Si elle fait preuve de trop de tact et de diplomatie, une femme peut être perçue comme molle et sans poigne. «On attend d'un leader de l'agressivité, de l'assurance et un sens de la domination, explique la sociologue Alice Evans. Mais lorsqu'une femme montre ces caractéristiques, elle est perçue comme trop masculine.»

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