Culture

L'arobase entre au musée

Temps de lecture : 2 min

Il y avait les objets emblématiques de la vie courante, du Bic à l'aspirateur sans sac. Désormais, le Département d'architecture et de design du Musée d'art moderne de New York (MoMA) compte dans sa collection l'arobase, symbole quotidien et dématérialisé de la modernité.

Sur Inside/Out, le blog du musée, la conservatrice Paola Antonelli explique la démarche artistique de cette acquisition inattendue: «[Cette décision] se base sur la présomption que la possession d'un objet n'est plus nécessaire à son acquisition.»

Pour le MoMA, l'arobase n'est pas seulement  le signe étrange qu'on insère dans nos mails, c'est un véritable élément du langage. On apprend ainsi que son origine remonterait à une locution latine «du sixième ou septième siècle», qu'il aurait désigné une «amphore de taille standard» dans la Venise du XVIe siècle, et que sa traduction en espagnol contemporain - arroba - était une unité de mesure à l'époque médiévale.

Par cet argumentaire historique, le musée veut démontrer que l'arobase a un sens plus profond qu'un simple code informatique, inventé en 1971 par l'ingénieur électrique américain Ray Tomlinson, et qu'il s'agit aussi un élément du folklore d'aujourd'hui. «Le poids de ce symbole peut se mesurer dans les surnoms affectifs que les différentes cultures lui ont donné, peut-on encore lire sur le blog. Les Allemands et les Sud-Africains l'appellent 'queue de singe'. Les Norvégiens y voient celle d'un cochon, les Chinois une petite souris, tandis que les Italiens et les Français décrivent un escargot.»

Pour autant, les internautes ne sont pas tous aussi emballés par cette étrange initiative. Certains n'hésitent pas à parler de «vomi intellectuel, emballé dans un étui promotionnel», quand d'autres avouent n'y  piper mot. Et on peut les comprendre. «L'arobase n'est pas une œuvre de design en lui-même, mais il révèle son potentiel à travers son usage», écrit la conservatrice. Faisant partie du domaine public, le symbole est de toute façon condamné à rester gratuit, libre de droits et volatile. Alors, à quoi bon? Si vous avez des doutes, vous pouvez toujours envoyer un email au MoMA...

[Lire l'article sur le blog du MoMA]

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Image de une: Arobase / Flickr CC luisvilla

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