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Aux États-Unis, les violentes réactions au port du masque obligatoire contre le Covid-19

Temps de lecture : 2 min

Le maire d'une ville d'Oklahoma a dû renoncer à l'imposer dans les commerces à la suite d'un déferlement de violence.

La queue devant le supermarché à Miami en Floride, le 13 avril 2020. Joe Raedle / Getty Images / AFP
La queue devant le supermarché à Miami en Floride, le 13 avril 2020. Joe Raedle / Getty Images / AFP

Aux États-Unis, les mesures mises en place pour limiter la propagation du Covid-19, que ce soit le port du masque ou le confinement, sont vécues par certaines personnes comme une violation de leur liberté individuelle et une dérive autoritaire du gouvernement.

Plusieurs manifestations anti-confinement ont eu lieu à travers le pays, et même si ces activistes représentent une petite minorité de la population américaine, elles et ils ont parfois réussi à faire reculer les autorités locales.

C'est ainsi qu'à Stillwater dans l'Oklahoma, le maire a dû revenir sur sa décision d'imposer le port du masque dans les commerces. Dans cette ville de 50.000 habitant·es, il y a eu tellement de menaces de violence faites à l'encontre des employé·es de magasins que l'équipe municipale a modifié le règlement. Les activistes anti-confinement considèrent que l'obligation de porter un masque en public est anticonstitutionnelle, ce qui est faux.

Selon la mairie, un employé a même été menacé avec une arme à feu, et il y a eu un déluge d'insultes à l'encontre du personnel censé rappeler les règles sur le port du masque.

«Je savais qu'il y aurait des objections, mais je ne m'attendais pas à des confrontations physiques avec les employés, ni à des menaces téléphoniques contre la mairie», a tweeté le maire, qui s'est fait traiter de tyran.

Il a donc été obligé de modifier les règles –les masques sont désormais recommandés pour les client·es des magasins, pas obligatoires– afin d'éviter de mettre en danger les personnes qui travaillent dans les commerces de la ville.

Un garde de sécurité tué par balles

«Nous n'avons pas assez de forces de l'ordre pour gérer chaque personne qui refuse de porter un masque», a déclaré Will Joyce sur la chaîne MSNBC.

La résistance au port du masque s'est manifestée de façon particulièrement violente dans le Michigan, où un garde de sécurité de 43 ans a été tué par balles à la suite d'une altercation avec une cliente qui avait refusé que son fils porte un masque dans le magasin.

Dans l'Ohio, le gouverneur avait inclu une obligation du port du masque dans son plan de réouverture de l'économie locale, prévue pour le 11 mai. Mais il a changé d'avis à la suite des réactions de la population.

«Je me suis rendu compte que j'étais allé trop loin. Les gens n'allaient pas accepter que le gouvernement leur dise quoi faire», a-t-il déclaré dans une interview.

Conformément aux recommandations des autorités sanitaires, de nombreux États américains ont rendu le port du masque obligatoire dans les commerces et là où la distanciation sociale est impossible. Mais certaines villes sont allées jusqu'à imposer le port du masque à l'extérieur. Dans de nombreuses municipalités des alentours de Boston, les passants (même les enfants) qui se promènent dans la rue sans masque sont passibles d'une amende de plusieurs centaines de dollars.

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