Santé

La promesse d'un vaccin contre le Covid-19 en un temps record

Temps de lecture : 3 min

Comment met-on au point les vaccins et pourquoi les scientifiques estiment-ils y arriver sous dix-huit mois pour le coronavirus?

Obtenir un vaccin dans des délais si courts serait une première dans l'histoire de la médecine moderne. | Volodymyr Hryshchenko via Unsplash
Obtenir un vaccin dans des délais si courts serait une première dans l'histoire de la médecine moderne. | Volodymyr Hryshchenko via Unsplash

Fin avril et après plusieurs semaines de confinement pour de nombreux pays, l'OMS dénombre soixante-et-onze essais précliniques de vaccins contre le Covid-19 et cinq essais d'ores et déjà en phase clinique. Autant de possibilités qui mènent à se demander pourquoi les experts estiment qu'un vaccin sera disponible dans un délai allant de douze à dix-huit mois.

Obtenir un vaccin dans des délais si courts serait une première dans l'histoire de la médecine moderne. L'élaboration d'un vaccin prend en règle générale huit à dix ans. Le record de rapidité est actuellement détenu par le vaccin contre les oreillons, qui a mis quatre ans avant d'être délivré, dans les années 1960. À titre de comparaison, on a mis cinq ans à développer le vaccin contre Ebola. «Les estimations de douze à dix-huit mois pour le vaccin [contre le Covid-19] sont réalistes mais aussi optimistes, estime James Cutrell, chercheur au centre médical de Southwestern, dans cet article du HuffPost. Elles sont basées sur la supposition que chaque phase d'essai se déroulera comme prévu, avec un délai très optimiste pour chacune des étapes.»

Mais qu'est-ce qu'un vaccin, concrètement? On croit souvent que les vaccins sont des traitements pour les maladies, mais ça n'est pas tout à fait le cas. Ils sont délivrés à des personnes n'étant pas malades, dans le but de les empêcher d'être contaminées. Un vaccin délivré à une population déjà infectée n'aurait donc aucune utilité. Développer un vaccin prend du temps car il faut à tout prix éviter de déclencher des effets secondaires négatifs au sein de la population.

Les phases clés de la mise au point d'un vaccin

1e étape. La première des étapes est de déterminer quel vaccin doit être mis au point, car il en existe plusieurs types. Certains contiennent des versions très affaiblies du virus, qui permettent de déclencher une réponse immunitaire. D'autres contiennent de l'acide ribonucléique (ARN) et de l'ADN synthétisés, qui permettent à l'organisme de produire des protéines renforçant les cellules afin que l'on ne contracte pas le virus. Une fois le type de vaccin sélectionné, les tests sont mis en place. À partir de ce stade, le temps est compté. On réalise des essais dans des boîtes de pétri, puis sur des animaux. Une fois ces tests passés, les essais humains peuvent débuter.

2e étape. Les scientifiques testent le vaccin à une échelle modeste et sur des sujets humains. On observe les effets secondaires, on recherche le dosage idéal et la fréquence des rappels, si besoin est. Lors de cette étape, les scientifiques estiment l'efficacité et la sécurité du remède, avant de passer à la phase suivante.

3e étape. Les tests sont élargis à une population plus grande. C'est lors de cette étape que les effets secondaires de court terme sont décelés. Une fois les tests achevés, le vaccin doit être approuvé par la «Food and Drug Administration», pour le cas des États-Unis et l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, en France. S'il est validé, le vaccin est envoyé en production massive, et cela demande un certain temps.

4e étape. Le vaccin est commercialisé. Dans le même temps, des essais sont toujours en cours afin de vérifier la fiabilité de celui-ci.

Certain·es scientifiques estiment que l'arrivée d'un vaccin pourrait être plus rapide que les délais prévus. Kelvin Lee, professeur d'ingénierie chimique et biomoléculaire, explique: «Il existe de nouvelles technologies développées par certaines entreprises qui sont déjà préparées à répondre à une pandémie. Le temps de découverte et de développement des procédés est donc raccourci.»

Des traitements sont également testés

Prévenir la maladie permet de contrôler l'épidémie, mais pouvoir soigner les malades est également primordial. Des traitements sont donc à l'étude actuellement. Parmi eux, le remdesivir, qui en est à la phase 3 des tests cliniques. Les données sur le traitement sont cependant trop peu nombreuses pour qu'une distribution soit pour l'instant lancée, affirme le Dr Cutrell.

La très fameuse hydroxychloroquine du professeur Raoult est également à l'étude, mais le corps médical craint des effets secondaires sur le système cardiaque.

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