Société / Tech & internet

Les Alcooliques Anonymes organisent des réunions sur Zoom

Temps de lecture : 2 min

Le confinement fait courir un risque d'isolement profond et de rechute dans l'alcool.

Pour contrer les effets de la solitude, les Alcooliques Anonymes organisent des réunions en visioconférence. | Michal Jarmoluk via Pixabay
Pour contrer les effets de la solitude, les Alcooliques Anonymes organisent des réunions en visioconférence. | Michal Jarmoluk via Pixabay

«Bonjour, je m'appelle..., je suis alcoolique.» Cette phrase, des millions de personnes dépendantes à l'alcool la prononcent plusieurs fois par semaine à travers le monde. Mais en période de confinement, impossible de prendre le risque de réunir les membres de l'organisation Alcooliques Anonymes (AA) autour du traditionnel cercle de chaises. Il a alors fallu improviser pour permettre aux adhérent·es de se réunir, car la solitude est l'ennemi absolu de la lutte contre une addiction, explique le psychologue Ulrike Schneider-Schmid à Vice.

Des ateliers via la plateforme de visioconférence Zoom ont été mis en place, afin de permettre un suivi pour les plus fragiles. Petra, membre des AA de Berlin, raconte: «On organise plusieurs réunions par jour pour que les membres puissent conserver leur routine le plus possible.» Pour la jeune femme, ces réunions sont parfois une question de vie ou de mort.

Durant les sessions Zoom de l'antenne de Berlin, une soixantaine de personnes se connectent pour partager leurs difficultés et leurs sentiments. Le coronavirus s'invite régulièrement dans les conversations et la question de l'isolement est omniprésente. L'ambiance est la même que d'habitude, mais le réconfort est moindre, regrette Petra. Effectivement en visioconférence, il est impossible de partager les accolades et embrassades traditionnelles de fin de séance.

Un risque de recrudescence des cas d'alcoolisme

Ulrike Schneider-Schmid connaît bien les effets relaxants de l'alcool et craint que le confinement n'ait un énième effet pervers sur la population. «Beaucoup de gens utilisent actuellement l'alcool comme un anxiolytique. Dans quelques semaines, je pense qu'on va assister à un renversement de la situation. Les cas de coronavirus vont baisser, mais les cas de maladies mentales vont augmenter», craint-il.

L'isolement et la solitude agissent comme des déclencheurs de comportements addictifs. Le spécialiste redoute une expansion de dépendances diverses chez une population qui n'y est normalement pas sujette. Shopping, jeux d'argent... ces biens et services accessibles en ligne et qui augmentent la dopamine dans le cerveau peuvent rapidement mener à l'addiction.

Les responsables des Alcooliques Anonymes de Berlin tirent tout de même un bilan positif de leur suivi via Zoom. Le nombre de participant·es a augmenté et leurs réunions rassemblent des personnes du monde entier. Lara, membre du collectif, l'assure: «Malgré le confinement, nous avons le sentiment de nous rapprocher.»

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