Société / Culture

Les ruines de Pompéi prouvent que les Romains pratiquaient déjà le recyclage

Temps de lecture : 2 min

Les détritus étaient tous collectés, triés et revendus.

La ville de Pompéi est l'une des premières à avoir mis en place un système de collecte et de tri des déchets, avant sa disparition à l'automne 79. | Filippo Monteforte / AFP
La ville de Pompéi est l'une des premières à avoir mis en place un système de collecte et de tri des déchets, avant sa disparition à l'automne 79. | Filippo Monteforte / AFP

Inventeurs des aqueducs et du béton, les Romains sont connus pour être d'excellents bâtisseurs et ingénieurs. Ils pourraient également être les inventeurs d'un système de recylage remarquablement ingénieux, selon le journal The Guardian.

Recouverte sous une épaisse couche de cendres, la ville de Pompéi s'est endormie en laissant intacte toute son architecture et son fonctionnement avant-gardiste. Des piles de déchets ont récemment été recueillis à ses abords par des archéologues. Ces dernièr·es sont parvenu·es à la conclusion que les vastes décharges à ciel ouvert servaient en réalité de centres de tri. «Les matériaux entreposés derrière les murs de la ville n'étaient pas juste des déchets. Ils étaient collectés, triés et revendus hors de la ville», explique la professeure Allison Emmerson, qui a pris part aux recherches menées sur le site.

Emmerson et ses collègues ont également découvert que la plupart des bâtiments de la ville enfouie ont été construits avec des matériaux de récupération, les mêmes que ceux qui ont été retrouvés aux abords de la cité. «Certains murs contiennent des fragments d'amphores brisées, des éclats de carrelage ainsi que du mortier et du plâtre. Ils étaient ensuite recouverts par une couche finale de plâtre permettant de cacher l'aspect étrange des fondations.»

La découverte de ces procédés de recyclage a été permise grâce à l'analyse minutieuse des sols. En effet, la texture des sols diffère selon l'endroit où les matériaux ont été entreposés à l'origine. L'équipe de recherche a donc pu déterminer si les amoncellements ont été créés sur place ou rassemblés de différents endroits, pour être ensuite collectés et réutilisés.

Un rapport différent avec les déchets

Durant des années, les archéologues étaient persuadé·es que les gravats trouvés provenaient du tremblement de terre ayant détruit la ville. «Mais derrière les murs, il y avait encore des habitations, et mettre une décharge à proximité de quartiers habités n'aurait pas eu de sens. C'est ce qui m'a mis la puce à l'oreille», se souvient Allison Emmerson.

Selon la chercheuse, la gestion actuelle des déchets est trop centrée sur la nécessité de s'en débarrasser. «Les habitants de Pompéi géraient leurs ordures quand tout ce qui nous importe aujourd'hui est de s'en débarasser», remarque-t-elle.

Emmerson envisage la méthode romaine comme une piste pouvant permettre aux pays occidentaux d'améliorer leur gestion des ordures.

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