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Qui dirigera la Corée du Nord si Kim Jong-un meurt?

Temps de lecture : 2 min

Selon plusieurs sources, le chef suprême nord-coréen aurait subi une opération cardiaque.

Il y a de fortes chances qu'un·e Kim se retrouve à nouveau au pouvoir. | Manan Vatsyayana / Pool / AFP  
Il y a de fortes chances qu'un·e Kim se retrouve à nouveau au pouvoir. | Manan Vatsyayana / Pool / AFP  

Depuis qu'un site web basé à Séoul, le Daily NK, a annoncé que Kim Jong-un avait subi une opération pour des problèmes cardio-vasculaires, les spéculations sur son état de santé vont bon train.

La chaîne CNN a même assuré qu'un haut fonctionnaire américain lui avait confié que le leader nord-coréen «pourrait être en danger grave après une intervention chirurgicale» et que Washington surveillait l'évolution de la situation.

Si la Corée du Sud a déclaré ne pas pouvoir confirmer ces informations, un indice laisse à penser qu'il se passe bel et bien quelque chose chez son voisin. Le 15 avril, Kim Jong-un n'a pas assisté à la commémoration du 108e anniversaire de la naissance Kim Il-sung, son grand-père et fondateur de la Corée du Nord –un événement pourtant crucial dans le pays.

Bien que la disparition du chef d'État de 36 ans reste à ce jour une pure hypothèse, l'enjeu de sa succession interpelle.

Succession épineuse

À la mort de Kim Jong-il en 2011, la question ne s'était pas posée: son fils Kim Jong-un prendrait les rênes du pays. Aujourd'hui, il semble compliqué de se prononcer sur le nom du futur leader.

Le système politique de la Corée du Nord est dynastique, aussi les chances sont-elles grandes qu'un·e membre de la famille Kim se retrouve à nouveau à la tête du pays. Bien que cela ne soit pas officiellement confirmé, Kim Jong-un aurait deux filles et un fils, vraisemblablement âgé d'une dizaine d'années; celui-ci ne serait donc pas encore prêt à succéder à son père.

Le demi-frère du chef d'État ayant été assassiné, il reste Kim Jong-chol, son autre frère aîné. Sauf que ce dernier n'aurait aucun intérêt pour la politique de son pays, ce qui l'éloigne d'une potentielle succession.

L'actuel leader nord-coréen a également un oncle diplomate, Kim Pyong-iI, mais il serait resté trop longtemps en dehors du cercle du pouvoir pour prétendre à une telle promotion, note le site Quartz.

Le numéro 2 du Parti du travail Choe Ryong-hae pourrait lui aussi aspirer à plus de responsabilités, tant son influence est large. Seulement, il est difficile d'imaginer une lignée autre que celle des Kim au pouvoir.

Une seule personne semble remplir tous les critères (ou presque): la petite sœur de Kim-Jong-un, Kim Yo-jong. Personnage médiatique, elle a pris une place plus importante au sein du régime ces dernières années, notamment en accompagnant son frère lors de réunions avec les chefs d'État de la planète.

Un élément ne jouera toutefois pas en sa faveur: son sexe. Selon Antoine Bondaz, chargé de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) et spécialiste de la région, la culture machiste du régime nord-coréen risque d'être un obstacle de poids. «C'est un système et une société très paternalistes: l'arrivée au pouvoir d'une femme est un scénario pas impossible mais peu probable», indique-t-il à Paris Match. À moins, peut-être, qu'elle ne devienne régente en attendant que le fils de Kim-Jong-un soit en âge de gouverner.

Ce n'est pas la première fois que des rumeurs sur la mort du dirigeant nord-coréen font irruption dans les médias. En 2014, Kim Jong-un avait disparu pendant six semaines, avant de réapparaître boitillant, une canne à la main.

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