Sciences

Vivre en ville rend-il les animaux plus intelligents?

Temps de lecture : 2 min

Trouver de la nourriture dans un environnement fait de béton nécessite bien des capacités.

De nombreuses études se sont penchées sur l'aptitude des ratons laveurs à relever les défis de la vie citadine. | Johannes Eisele / AFP
De nombreuses études se sont penchées sur l'aptitude des ratons laveurs à relever les défis de la vie citadine. | Johannes Eisele / AFP

Voir certains animaux en ville n'a rien de surprenant. Que ce soit des rats dans le métro, des pigeons dans les rues ou encore des ratons laveurs près des poubelles, de nombreuses espèces sauvages se sont adaptées à la jungle urbaine et utilisent toutes sortes de ruses pour y survivre.

Plusieurs travaux de recherche, résumés dans un article de BBC Futur, montrent l'influence de l'environnement citadin sur leur comportement. Les scientifiques ont ainsi remarqué que les coyotes de Chicago ont appris à éviter le trafic routier en fonction de sa vitesse et de sa densité.

Plus représentatifs encore, des corbeaux japonais font tomber leurs noix au milieu des routes afin que les voitures les écrasent et leur ouvrent le précieux butin. Ils auraient même compris qu'il est plus avantageux d'effectuer ce stratagème près des feux de circulation, pour récupérer la noix ouverte quand le trafic est à l'arrêt.

La faculté des animaux des villes à résoudre des problèmes contraste parfois avec celle de leurs parents sauvages. L'un des exemples les plus criants est celui des ratons laveurs de Toronto, qui sont parvenus à déjouer un dispositif installé sur les couvercles des poubelles de la ville pour les empêcher d'y fourrer leur nez.

Avant sa généralisation, le mécanisme avait été testé sur des ratons laveurs sauvages et s'était révélé infranchissable. Leurs congénères évoluant en milieu urbain se sont montrés plus malins, et ont appris en un rien de temps comment tourner le verrou pour ouvrir la poubelle.

Audace et flexibilité

La plupart des spécialistes s'accordent à dire que les environnements en constante évolution, comme les villes, exigent et sélectionnent chez les animaux un large éventail de capacités cognitives, qui sont des traits caractéristiques de l'intelligence, explique The Atlantic.

Sarah Benson-Amram, écologiste comportementale à l'université du Wyoming, présente quelques-uns de ces attributs exacerbés chez les animaux citadins, qui leur permettent de relever les défis perpétuels de la vie urbaine: l'audace, la curiosité, la capacité d'innovation, la mémoire et surtout la flexibilité.

Emilie Snell-Rood, biologiste à l'université du Minnesota, a quant à elle démontré que certaines espèces de rongeurs et autres petits mammifères augmentent leurs capacités cérébrales lorsqu'ils vivent dans des environnements perturbés par l'être humain.

Pour la scientifique, l'évolution de la taille de leur crâne prouve que ces animaux utilisent leur intelligence pour survivre. Elle est persuadée que leurs capacités cognitives ont évolué à force de vivre dans un tel environnement, bien que ses travaux ne le prouvent pas encore.

Les espèces vivant en ville s'exposent cependant à une dépendance vis-à-vis des êtres humains. Avec le confinement, certaines ne trouvent plus de moyens de s'alimenter par elles-mêmes –à l'image des rats, qui se tournent vers le cannibalisme et l'infanticide pour compenser la fermeture des restaurants.

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