Culture

La musique classique comme une échappatoire au confinement

Temps de lecture : 2 min

[BLOG You Will Never Hate Alone] C'est l'antidote suprême à nos ennuis quand nos vies confinées ne riment plus à rien.

Demain n'existe plus. | Larisa Birta via Unsplash
Demain n'existe plus. | Larisa Birta via Unsplash

Parfois, il n'est pas gai de se retrouver confiné chez soi. On étouffe. Tout nous dégoûte, et dans cet écœurement qui nous saisit tout entier, on sent monter en soi comme des envies d'ailleurs, un besoin d'abandonner cet état d'enfermement plus ou moins volontaire pour retrouver la fraîcheur des grands espaces. Partir au loin, sentir le souffle du vent courir sur la peau, renouer avec l'allant de nos vies d'antan.

Quoi de mieux que la musique classique pour étancher pareille soif? De la simple écoute d'une symphonie naît dans le cerveau des visions si puissantes qu'aucune drogue ne saurait rivaliser avec elle. L'esprit largue les amarres, les pensées se font rêveries, les rêveries dessinent des paysages intérieurs où palpitent les émerveillements des émotions libérées de toute attache. Plus rien ne nous relie au monde, la vie devient vertige, et si l'on ferme les yeux, on croit apercevoir tout au loin comme des promesses d'un paradis enchanteur.

Encore plus que la lecture qui demande un effort de la pensée, la musique respire l'insouciance même de l'enfance quand tout semblait si simple, si facile, si lumineux avec ces jours dont on épuisait la sève dans toute la naïveté de notre innocence magnifiée.

La musique vous prend comme vous êtes et vous amène au sommet de montagnes inconnues où tournoient diablotins, anges, séraphins, la féerie d'un monde nouveau qui respire l'ivresse de la liberté, la vie dans toute sa démesure, dans toute sa folie, le chant même de l'humanité révélée à elle-même.

Osez la musique classique. D'expérience, je sais combien elle peut intimider et rebuter. On nous l'a présentée avec tellement de grandiloquence comme une sorte de plaisir réservé à une élite maîtresse de ses goûts qu'elle nous apparaît toute boursouflée, une sorte de grande dame prétentieuse qui nous contemple du haut de sa splendeur inaccessible et, sans prendre de gants, nous renvoie à nos chères études.

Rien de plus faux, la musique classique est la simplicité incarnée, la vie résumée à sa plus simple expression quand on en oublie le superflu pour se concentrer sur l'essentiel: l'amour et ses sortilèges, la mort et ses sanglots, la nature dans toute son infinie diversité, le récit de la terre originelle quand cieux et mer se confondaient.

Ces jours-ci, nos vies confinées sont bien souvent amères, pleines d'une angoisse sourde qui nous laisse démunis face à l'avenir et son incertitude. On a perdu le mode d'emploi de nos existences et on reste là, désemparé, sans envie si ce n'est celle d'aller se coucher. La musique classique balaie toutes ses tristes humeurs. Elle est comme le vent qui chasse les nuages et laisse apparaître un ciel dont l'azur continue à éblouir jusque dans les profondeurs de la nuit. C'est l'antidote suprême à l'ennui, le remède à la mélancolie, la porte d'entrée vers les royaumes enchantés de l'espérance.

Demain n'existe plus. Pas plus que les attestations de sortie, les différentes sortes de masques, la fiabilité des tests de détection, tout ce fatras qui nous empoisonne l'existence depuis plus d'un mois maintenant, nous laissant exsangues de tout désir. Plus que jamais, nous avons besoin de réenchanter nos vies et je ne connais pas de meilleur moyen que la musique classique pour se charger d'une pareille mission.

Laissez-vous tenter. Jetez-vous à l'eau. Écoutez n'importe quoi, une sonate de Schubert, un concerto de Brahms, une symphonie de Mahler, un opéra de Mozart. Ils vous attendent.

Ne le répétez pas mais avec eux, le déconfinement, ça a déjà commencé.

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