La France ne peut pas se permettre l'arrêt des réformes
Sans «choc de compétitivité», la croissance sera insuffisante pour réduire le chômage et les déficits.
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Nicolas Sarkozy a été élu, il y a trois ans, sur le thème des réformes. Après l'immobilisme du «roi fainéant» Chirac, il proposait un changement radical: «la rupture». Sitôt à l'Elysée, il engageait le fer sur tous les terrains: fiscalité, marché du travail, réformes de structure, nombre de fonctionnaires, universités, recherche, justice, institutions... . Pas un domaine n'a été abandonné.
Las, ces réformes, Nicolas Sarkozy les a manquées. Pour l'opinion de gauche, elles ont été d'emblée «favorables aux riches». Le bouclier fiscal qui limite à 50% de ses revenus l'impôt d'un ménage, est l'erreur fatale de départ. Le dîner du Fouquet's et le bouclier: Nicolas Sarkozy servait sur un plateau des arguments aux socialistes pour dire: «On veut bien des réformes mais pas celles-là!». A toutes les occasions, ce diable de bouclier a été très efficace pour démolir tous les plans d'économies proposés par le gouvernement et pardonner l'absence de projets alternatifs de la gauche.
Pour l'opinion de droite, le président a fait les réformes de façon brouillonne et insuffisante. Jean-Pierre Raffarin, lui si critiqué par François Fillon et par Nicolas Sarkozy au lendemain des régionales perdues de 2004, prend aujourd'hui plaisir à condamner sur son blog «l'agitation réformatrice qui génère une certaine anxiété». Le symbole est ici la taxe carbone, faite pour attirer le vote écologiste mais d'une justification économique bancale et si mal conçue qu'elle a été repoussée par le Conseil constitutionnel.
Que faire maintenant de ces réformes? La sévère défaite des régionales comporte un vote de rejet du président. Est-ce aussi un vote de rejet des réformes? Le dilemme est entier: s'il les poursuit, le président sera critiqué pour s'entêter et «n'avoir pas entendu le message des Français». S'il arrête, il se «chiraquise».
La lecture des sondages n'aide guère. Selon BVA pour Les Echos, 40% des Français seraient pour qu'il fasse «une pause», 28% pour qu'«il ne change pas le rythme» et 22% pour qu'«il accélère le rythme». Un léger avantage à la poursuite des réformes mais, le résultat (40% contre 50% pour) manque de clarté.
La solution «Chirac»
Que faire? Le problème de Nicolas Sarkozy est que la crise a considérablement renforcé le besoin de réformes. A cause de la dette, d'abord. Le déficit des finances publiques dépasse 8% du PIB (Produit intérieur brut), 110 milliards d'euros, il semble impossible de le ramener sous la barre des 3% en 2013, comme promis à Bruxelles. Et comment faire? Est-il possible de ne pas augmenter les impôts? A cause de la croissance, ensuite. La crise a fait perdre 0,5 point de croissance potentielle à la France (comme dans les autres pays européens, il est vrai). Comment les rattraper? Le scénario officiel d'un retour à 2,25% d'expansion en 2011 n'est acheté par aucun économiste. La consommation devrait fléchir avec les tensions sur le pouvoir d'achat. Les investissements manquent cruellement (le vrai sujet) et l'export n'a plus assez de souffle d'entraînement. Bref, on s'est installé dans une zone molle entre 1 et 1,5% de croissance pour longtemps. Seules des réformes très fortes pourraient «rompre» avec cette perspective.
Le premier scénario serait de considérer que beaucoup de réformes ont été faites depuis 3 ans et qu'elles vont porter leurs fruits. Il suffit d'ajouter à cette liste le dossier des retraites, sans heurter l'opinion craintive, sans trop se mettre à dos les syndicats tout ragaillardis par ces élections, et puis de se contenter d'une baisse normale des déficits, sur la lancée du cours précédent d'avant crise. Cette politique d'apaisement intérieur serait accompagnée d'une part d'un discours «protectionniste» de la France, de ses usines et des plus démunis, et, sur le front extérieur, d'une forte mobilisation de Nicolas Sarkozy (président du G20 à partir de novembre prochain). C'est le scénario Chirac: en clair, on ne change plus grand-chose avant 2012.
La solution «Schröder»
L'autre scénario serait celui du deuxième mandat de Gerhard Schröder, le chancelier de l'Agenda 2000. Lui est ses alliés verts (dont Joschka Fischer, l'ami de Daniel Cohn-Bendit...) ont coupé clair dans l'Etat providence et dans les salaires réels pour mener, sans fléchir, «une politique de l'offre» très musclée. Faut-il que la France emprunte à son tour cette voie? Avons-nous besoin, comme le dit Jacques Attali d'«un choc de compétitivité»? La réponse est nettement oui. Notre commerce extérieur comme le manque de projets d'investissements privés prouvent que la France a besoin d'une «rupture» de sa trajectoire économique. Il suffit de noter que la France dispose proportionnellement de 3 fois moins de robots que l'Allemagne dans ses usines, y compris les PMI. Il faut considérablement rehausser la productivité donc la rentabilité et l'investissement.
La réduction du périmètre de l'Etat (englobant les institutions régionales et locales) serait un des moyens d'y parvenir (moins de prélèvements serait autant d'argent laissé dans la sphère privée). Mais à la condition de ne pas couper (là aussi) dans les investissements publics. C'est dire l'effort gigantesque qu'il est nécessaire d'engager au plus vite dans les dépenses de fonctionnement de l'Etat, ce qui passe par une remise à plat de la fiscalité et des financements de la protection sociale. Il faut dire clairement les choses: en Allemagne, la compétitivité perdue lors de la réunification a été retrouvée par les réformes Schröder mais au prix d'un filet de protection sociale nettement moins maillé. Voilà le difficile choix à faire.
Mettre la France sur la voie allemande au moment où Christine Lagarde critique la politique d'outre-Rhin? Imiter ceux qu'on vilipende? Ce n'est paradoxal qu'en apparence. L'Allemagne a fait ses choix, elle gagne des parts de marchés sur ses voisins dont la France (y compris en agriculture!). Pour les années qui viennent de deux choses l'une. Ou bien Berlin corrige le tir et infléchit sa politique vers une stratégie de la demande «à la française», et ouvre des débouchés plus larges à nos industriels exportateurs, auquel cas la rigueur française pourra être assouplie à due proportion. Ou bien Berlin refuse et la France, sous peine de perdre toujours et encore de sa croissance au profit de sa voisine, devra mener une politique de l'offre «à la Schröder».
Demande ou offre, apaisement ou détermination, en clair: la ligne Henri Guaino ou celle de François Fillon? Jusqu'ici Nicolas Sarkozy a toujours repoussé cette alternative avec agacement, il voulait tout conduire à la fois. Il agissait beaucoup mais, quant à la ligne directrice, il avait conservé le «ni l'un-ni l'autre», le ni-ni cher à François Mitterrand. Il doit comprendre aujourd'hui que c'est justement ce que les Français lui reprochent.
Eric Le Boucher
À LIRE ÉGALEMENT: Les réformes ratées de Nicolas Sarkozy et Pourquoi la méthode Sarkozy ne fonctionne plus.
Photo: Manifestation d'étudiants à Marseille Jean-Paul Pelissier / Reuters
Mis à jour le 23/03/2010 à 9h33













































Mr LE BOUCHER a parfaitement raison.
Mais pour simplifier, ne faut-il pas suivre, tout simplement, l'ensemble des propositions de la commission ATTALI, dont il fait d'ailleurs partie.
Cette commission doit d'ailleurs proposer de nouvelles réformes pour la sortie de crise.
Cordialement,
Thomas
Bonne idée! J'avais lu avec beaucoup d'intérêt les "300 propositions pour changer la France" de la commission Attali. Ou en est-on de ces propositions ? Quelles sont celles qui ont été adoptées et quel est l'avancement sur ces dernières ?
Eric Le Boucher n'est qu'un pur idéologue libéral qui parle la langue de bois du sarkozysme. Un morceau de choix de celle-ci consiste à parler abstraitement "des réformes", ce qui dispense d'interroger leur pertinence, leur efficacité et leur portée. Tous ceux qui ont le toupet d'y trouver à redire sont ipso facto implicitement réduits au statut de "conservateurs". Il y a une forme de terrorisme intellectuel dans ce langage et une évidente paresse intellectuelle, qui est la marque de fabrique d'Eric Le Boucher.
Première indigence : il est incapable de diagnostiquer les insuffisances de la politique de Sakozy. Il se limite à la question du bouclier fiscal, mais il y a une autre erreur beaucoup plus grave, qui a été la défiscalisation des heures supplémentaires, directement à l'origine de l'envolée du chômage, et cela bien avant l'éclatement de la crise mondiale.
Mais il faut aussi dire un mot de la médiocrité de ses "analyses". Il est incapable de saisir la signification de la crise mondiale et l'interprète comme une confirmation de ses partis pris: il faudrait pour y faire face encore plus de recul des services publics et de démantellement de l'Etat social alors que la poussée de chômage et la baisse de la croissance créent à l'évidence une demande de secours et de protection adressée aux pouvoirs publics, ce qui rend complètement inadaptées les politiques auxquelles il continue de s'accrocher.
L'impopularité de Sarkozy et sa défaite prévisible aux prochaines élections s'expliquent pour une large part par un bilan économique et social très médiocre et aussi par l'impopularité de mesures allant dans le sens voulu par Le Boucher: réduction des prestations de santé, privatisation de la poste, fermeture des TPI, baisses des allocations de chômage, avec bientôt une baisse possible des retraites. Autant de mesures qui sont perçues comme une source d'insécurité économique et d'abandon par la population. Il faut beaucoup d'aveuglement pour ne pas comprendre que la crise mondiale rend l'opinion encore plus hostile à ce type de politique. Pourquoi a-t-il fallu attendre une grande crise pour instaurer aux Etats-Unis une couverture médicale universelle ? Justement parce que la crise aggrave la situation de millions d'Américains, et qu'elle rend plus acceptable pour l'opinion le principe d'une relance par le déficit. Mais c'est trop compliqué pour le cerveau d'E. Le Boucher.
Dernier signe de cécité intellectuelle : M. Le Boucher ne saisit pas que le modèle allemand est entré dans une crise et que la politique de G. Schröder, à l'origine de l'effondrement de son parti aux dernières élections, n'est plus aujourd'hui praticable de toute façon. L'Allemagne va connaître une chute de croissance, un recul de ses exportations et une hausse du chômage. Pour M Le Boucher, faisons semblant de rien.
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Bigre, me voilà un paresseux et un terroriste intellectuel..
Jean-Paul, devrait lire Slate plus souvent, je ne ménage pas mes critiques contre Nicolas Sarkozy.
Mais revenons au fond: il faut plus de protection sociale. Mais qui n'en voudrait pas plus ? Surtout en temps de crise.
Le hic est que ce "plus" a un coût et que le déficit dépasse 8% du PIB. Qui paiera? Les riches et les entreprises comme le pense sûrement Jean-Paul?
Mais voilà le deuxième hic. Les impôts et charges sont déjà parmi les plus lourdes d'Europe: 49,3% du PIB contre 43;7% en Allemagne.
Et troisième hic, l'Allemagne a lancé une course à la compétitivité par la baisse de ses coûts.
Face à l'Asie, notre voisin a estimé qu'il n'avait pas d'autre choix. Un consensus s'est établi là dessus avec les syndicats: mieux vaut l'emploi que les salaires.
Pouvons nous ignorer la guerre économique ainsi déclarée et "faire semblant de rien". Ou ne faut-il pas dire la très dure vérité?
ELB
Qui paiera? Les riches et les entreprises comme le pense sûrement Jean-Paul?
J'ignore ce que pense Jean Paul mais Mr Leboucher ne mettez pas les "riches" et les entreprises sur un même plan SVP. Les riches ont de quoi payer c'est même ce qui fait d'eux des riches, ce qui n'a rien à voire avec le monde de l'entreprise !
Il me semble que le pourcentage d'impôts et charges par rapport au PIB n'est pas une donnée pertinente tant qu'on ne sait pas comment l'argent ainsi collecté est reversé (ou pas) et à qui... Si un état prélevait 100% d'impôts et reversait le tout sous une forme quelconque cela ne changerait rien à la compétitivité... Sachant qu'il est mathématiquement impossible à l'allemagne d'augmenter suffisamment sa productivité industrielle pour compenser le différentiel abyssal de coût de main d'oeuvre avec l'inde ou la chine leur seule possibilité pour augmenter la compétitivité serait de se lancer dans des produits innovants que les autres ne savent pas fabriquer (donc la recherche) et c'est mal barré puisque toute la high-tech est déjà en Asie, ou dans des produits ou services à forte valeur ajoutée (donc pas industriels) autrement dit à mon avis il faudrait qu'ils changent complètement leur modèle actuel tant vanté...
N'oublions pas également que les produits industriels allemands ont beaucoup profité du marché intérieur européen et que les fabricants automobiles allemands étaient bien contents de vendre leurs voitures en France ou même en Grèce d'ailleurs (au Bangladesh ils en vendent moins je pense...)
Disons à tout le moins M. Le Boucher que vous êtes (assez fortement) myope car vous analysez les choses uniquement à travers le prisme de la théorie (j'ai envie d'écrire : du catéchisme) par ailleurs très prisée de toute l'élite politico-financière..
À l'évidence, certes, la France doit régler la question du financement des retraites (et cela requiert des décisions désagréables pour certains). Il est clair aussi que la France a un système de santé exagérément coûteux eu égard au service rendu, et que la fonction publique recèle de gros gisements de gains de productivité.
Régler ces questions relève d'une saine gestion et ne justifie pas les cris d'orfraie des syndicats de médecins ou de fonctionnaires. Au surplus, dans ce vieux pays clientéliste et corporatiste, il est clair que N. Sarkozy n'y changera rien, ou alors seulement à la marge, à deux ans d'une élection présidentielle et au lendemain d'une cuisante défaite électorale, vu qu'il n'a rien fait d'autre que de la gesticulation depuis son élection (pourtant claire et nette). La plus ou moins seule chose de substantielle fut la loi TEPA, et elle est intégralement (je veux dire : pas seulement le bouclier fiscal) imbécile.
Indéniablement aussi, la France (ses entreprises) a un impérieux besoin d'investir bien plus en R&D (encore faudrait-il distribuer un peu moins aux actionnaires...), pour gagner en compétitivité. Espérons que ce ne soit pas qu'un vœu pieux.
Mais ce que vous proposez va au-delà : il s'agit de relancer une bonne tournée de désinflation compétitive, dont on n'est pourtant toujours pas sortis depuis 25 ans, avec les résultats que l'on sait (quoique le tournant de la rigueur fût nécessaire en 83), en taillant dans les salaires et les prestations sociales.
On peut vous accorder qu'à système économique européen et mondial inchangé (et on peut certes craindre qu'il ne change pas) cela est inévitable. Mais il faut bien garder en tête que ce faisant, on se lance dans une course au désastre collectif. Tant qu'on n'aura pas à l'échelon international régulé la sphère financière, réglé les déséquilibres monétaires et organisé le libre-échange (vaste programme !... Dont on ne prend pas le chemin, tant s'en faut), on n'aura pas d'autre choix que de faire de la désinflation compétitive : mais cela n'évitera pas l'implosion du système, bien au contraire.
Mais voilà le deuxième hic. Les impôts et charges sont déjà parmi les plus lourdes d'Europe: 49,3% du PIB contre 43;7% en Allemagne.
Et troisième hic, l'Allemagne a lancé une course à la compétitivité par la baisse de ses coûts.
Face à l'Asie, notre voisin a estimé qu'il n'avait pas d'autre choix. Un consensus s'est établi là dessus avec les syndicats: mieux vaut l'emploi que les salaires.
Les salaires les plus bas en Allemagne sont à 5 euros de l'heure. Mais 5 euros de l'heure, c'est encore trop bien payé pour concurrencer la Chine. En plus la Chine joue sur les salaires et sur la monnaie.
Le modèle allemand joue sur la concurrence intra-européenne. Le nouveau modèle économique c'est quoi ? Des salaires en France à 4 euros de l'heure pour concurrencer l'Allemagne?
P.S. A Shanghai on peut manger très correctement pour 1 euro, alors qu'en Allemagne avec 5 euros de l'heure on n'est même pas dans la survie.
Cet article me fait revenir quelques temps en arrière, je me croirais revenu dans les années 80-90 et cette satanée productivité... Sa fait 30 ans qu'on est en crise, vous croyez pas que le problème est autre? Et il y a cette idée assez connue qui veut que la crise soit la situation normale et que l'exception soit la pleine croissance. Depuis que je suis nés, je suis un enfant de la crise alors la crise vous pouvez toujours en parler, sa n'a plus aucun sens à mes yeux.
L'auteur de cet article me semble loin de la réalité, encore avec ces doux rêves de libéralisme. Et sa fait plus de 30 ans qu'on est en continuel réforme, au fait sa veut dire quoi de nos jours les réformes? On devrait réformer ce mot, tellement il ne veut plus rien dire.
Et les retraites, les réformes sont tellement compliqués qu'elles rendent le système d'avant facile à comprendre. Ha non j'oubliais réformer les retraites permettrait de créer des fonds pour augmenter l'investissement selon certains... dans leurs rêves.
Et j'ai un seul argument pour arrêter les réformes, engager des juristes pour faire les réformes, c'est tellement fait à la va vite qu'elle passe en grande partie à la poubelle. Ces réformes bougent, font bouger c'est vrai, mais ni dans le sens du changement, ni dans le sens du bon sens.
"Le déficit des finances publiques dépasse 8% du PIB (Produit intérieur brut), 110 milliards d'euros, il semble impossible de le ramener sous la barre des 3% en 2013, comme promis à Bruxelles. "
Le déficit de 8% est issu en grande partie du "plan de relance", dont les mesures sont conçues pour s'imputer uniquement sur l'année 2010.
Sans ce plan de relance, le déficit 2010 se situerait entre 3% et 4%, soit dans la moyenne des pays comparables.
Autre point à ne pas négliger : l'impact de la crise et la diminution des recettes fiscales, notamment l'IS, sur 2010 et les années suivantes (via les systèmes de carry-back). On ne peut pas parler de maîtrise de la dépense publique sans faire le point sur les variations de recettes du budget.
Dire qu’il y a «un léger avantage à la poursuite des réformes mais, le résultat (40% contre 50% pour) manque de clarté. »
je dirais qu'il manque surtout 10% dans ce sondage…ce qui confirme qu’il manque de clarté !
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« Que faire? Le problème de Nicolas Sarkozy est que la crise a considérablement renforcé le besoin de réformes. »
La question demeure, tant sur la nature des réformes que sur leurs sens aujourd’hui. Ce qui était valable il y a trois ans ne l’est plus en l’état, tout du moins dans le contexte actuel… La crise a modifié la donne et les réformes prévues antérieurement doivent être adaptées/modifiées/suspendues au contexte actuel, celui de 2010 et pas celui de 2007 !
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« Avons nous, besoin comme le dit Jacques Attali d'«un choc de compétitivité»? La réponse est nettement oui. » […] Il faut considérablement rehausser la productivité donc la rentabilité et l'investissement.
On sait que pour qu’il y ait production il faut qu’il y ait commande. On sait aussi que l’innovation, peut créer la demande et déclencher la commande. Ces deux paramètres réunis permettent ensuite de développer la productivité, la rentabilité et l’investissement. Alors sauf à n’attendre que d’hypothétiques commandes de l’étranger.
En quoi des réformes d’avant crise vont-elles permettre aux français de relancer la machine économique ?
Comme le précise Attali dans LE MONDE - 20.03.10 – Article « Il faut réfléchir à la pertinence du bouclier fiscal » : « Mais ils (les français) en font tous les jours, des efforts ! Et la rigueur, pour bien des gens, est déjà là. Le médiateur évalue à plus de dix millions le nombre de Français pour qui les fins de mois se jouent à 50 euros près. C'est considérable. »
Dans ces conditions, c’est la croissance qui va au tas ! Même les heures supplémentaires deviennent virtuelles quand il n’y a que trop peu de commandes ?
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« Il doit comprendre aujourd'hui que c'est justement ce que les Français lui reprochent. »
Là, vous êtes fort ! Vous seul, comprenez ce que veulent les Français ! Il faut dire que d’autres.., pardon, que tous les autres analystes de renom sont en grande partie dans l’incertitude quand à l’expression des reproches (multiples) qui lui sont fait.
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A force d’écouter mais de rien n’entendre, de regarder mais de ne rien voir, la rupture finira elle, par être totale.
Franchement M. le Boucher, vous croyez que Sarkozy a un an d'une entrée en campagne va se lancer dans une politique à la Schroder ? Hier il nous expliquait qu'il avait fait exactement ce qu'il fallait et maintenant il va nous expliquer qu'il faut encore tout revoir autrement ? Comme le disait hier soir Cohn Bendit, Sarkozy "ne comprend pas ce qu'il fait", il veut simplement être élu ou réélu et faire plaisir à ceux qui l'entourent. Le long terme ne l'intéresse pas, il ne sait faire que des coups: mettre tous les moyens de l'état sur un tout petit sujet : libérer des infirmières, donner de l'argent aux paysans, enterrer un policier avec tous les honneurs... Même s'il savait faire, il n'a plus le temps d'agir. Nous allons donc tous ensemble regarder encore et encore grandir les déficits jusqu'à ce que nous nous débarrassions de lui.
Si l'Allemagne continue sa strategie d'une politique de l'offre, alors oui la France n'aura que 2 options: adopter une politique de l'offre ou ne plus utiliser la meme monnaie que l'Allemagne (devaluer), dans les 2 cas une baisse du pouvoir d'achat et de la demande, mais amelioration de la competitivite et donc effet positif sur l'utilisation des forces de travail des Francais
Maintenant, si on regarde la situation financiere de l'etat Francais, il est clair que les deficits doivent etre reduits ainsi que la dette.
Ce qu'on oublie souvent de dire, c'est qu'un debiteur est redevable a un crediteur et l'histoire recente d'inegalites croissantes et de baisses d'impots dans le Monde occidental a mene a un endettement toujours croissant des menages, des entreprises et des gouvernements dont l'exces tue la croissance (les menages consomment moins, les entreprises investissent moins, les gouvernements coupent les depenses et le monde s'appauvrit puisque les resources ne sont plus utilisees pendant que les "riches" gonflent des bulles qui eclatent).
Les "reformes" a mener ne sont pas evidentes:
Retarder l'age de la retraite en Allemagne est sense puisque les Allemands ne font plus d'enfants et vont manquer de main d'oeuvre.
En France, c'est idiot puisqu'il y a un large exces de resources de travail et que garder les seniors quelques annees de plus retardera l'entree des plus jeunes sur le marche de l'emploi (jeter les vieux sans retraite n'est guere mieux...). De plus, la natalite des Francais permettra de financer les retraites a long terme...si on arrive au plein emploi (ce qu'il faut esperer...)
La natalite est un "investissement" dans l'avenir mais il comporte un cout et les dividendes viendront plus tard...dans la mesure ou ces "nouvelles resources" seront utilisees.
L'ideal serait d'utiliser nos resources et de maximiser leurs efficacite grace a une relance de l'investissement... le probleme est comment? Il s'agit sans doute d'un grand nombre de mesures dont la ligne directrice doit etre d'aligner l'interet general avec les differents interets particuliers.