Société

Le confinement nous pousse à boire, et cela augmente nos risques d'infection

Temps de lecture : 2 min

Une surconsommation d'alcool affaiblirait notre système immunitaire et le rendrait plus vulnérable aux virus.

Santé publique France recommande de se limiter à dix verres par semaine, et pas plus de deux verres par jour (et pas tous les jours). | Jeff Siepman via Unsplash
Santé publique France recommande de se limiter à dix verres par semaine, et pas plus de deux verres par jour (et pas tous les jours). | Jeff Siepman via Unsplash

Lundi ou jeudi? Mercredi ou samedi? Il n'y a plus de jour, ni même d'heure, pour se donner une bonne raison de boire un petit verre pendant le confinement. Que ce soit pour tromper l'ennui ou pour réduire son angoisse, il semblerait que la consommation d'alcool soit devenue une alternative répandue dans l'Hexagone pour faire face à l'obligation de rester chez soi. Sauf que cette habitude pourrait vous être fortement dommageable en période de pandémie.

La surconsomation d'alcool pourrait en effet affaiblir votre système immunitaire, vous exposer à un plus grand risque d'infection et aggraver la maladie rapporte l'édition américaine du HuffPost. Plusieurs études ont montré que les boissons alcoolisées endommagent les poumons, l'intestin et notre protection immunologique contre les infections, ce qui laisse davantage le champ libre aux virus.

Plus sensibles aux infections

«Il existe des preuves que la consommation chronique d'alcool rend les gens plus sensibles aux infections virales respiratoires», explique au média américain Kathy Jung, directrice de la division du métabolisme et des effets sur la santé de la NIAAA –l'Institut national sur l'abus d'alcool et l'alcoolisme aux États-Unis. «La consommation excessive d'alcool augmente le risque [d'infection], elle endommage beaucoup le système immunitaire», ajoute-t-elle.

Une autre étude menée par l'école de médecine du Massachusetts de Worcester arrive aux mêmes conclusions au cours d'un test mené sur les monocytes, les cellules qui interviennent dans la défense de l'organisme. Les scientifiques ont observé que les cellules «alcoolisées» ont une capacité plus faible à lutter contre les virus ajoute New Scientist.

Entendons-nous bien, ce n'est pas un seul verre de vin qui va poser problème. Pour Jean Ruelle, virologue et chercheur à l'université de Louvain-la-Neuve, «c'est seulement une consommation d'alcool en grande quantité qui peut se révéler problématique». Si les études précédentes ne précisent pas la notion de surconsommation, Santé publique France recommande de se limiter à dix verres par semaine, et pas plus de deux verres par jour (et pas tous les jours).

Quoi qu'il en soit, que ce soit un petit coup de rouge en plus ou une bouteille de vodka en rab, la pandémie a une répercussion mondiale sur la consommation d'alcool. Aux États-Unis, les ventes en magasins de boissons alcoolisées ont bondi de 22% selon le Wall Street Journal ; en Inde, la fermeture des débits de boissons pousse nombre d'Indien·nes en manque au suicide; tandis qu'en Afrique du Sud, la récente interdiction d'achat d'alcool et de tabac pendant le confinement a engendré des actes de vandalisme.

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