Culture

À qui seraient attribués les Oscars et les César si le déconfinement durait jusqu'en 2021?

Temps de lecture : 3 min

Même Bad Boys For Life risquerait d'être nommé.

Elisabeth Moss, future reine des Oscars grâce à Invisible Man? | capture d'écran via Youtube
Elisabeth Moss, future reine des Oscars grâce à Invisible Man? | capture d'écran via Youtube

Pardon de plomber l'ambiance, mais imaginez un peu que les salles de cinéma ne rouvrent pas en 2020. Le site Vulture s'est posé la question: quels seraient alors les films éligibles pour les prochains Oscars, et qui aurait toutes les chances de tirer son épingle du jeu?

La question n'est pas totalement sérieuse, puisque l'Académie des Oscars a d'ores et déjà annoncé qu'elle comptait modifier temporairement son règlement. Jusqu'ici, un film ne pouvait concourir que s'il avait été diffusé pendant au moins sept jours dans les salles américaines. Mais avec la prolifération de films dont la sortie a été annulée afin de procéder à une sortie VOD ou SVOD, il semble normal que les conditions de participation soient modifiées pour la prochaine édition.

Aux États-Unis, les mois de janvier et février sont traditionnellement dédiés à la sortie de films un peu ratés, voire carrément catastrophiques, ou en tout cas peu attendus. Puisque les films susceptibles d'être nommés aux Oscars ont tout intérêt à sortir bien plus tard dans l'année afin de bien rester en tête des votants et votantes, la logique veut que les studios profitent au contraire du début de l'année civile pour se débarrasser de leurs productions les plus encombrantes. Vulture illustre cette logique par un chiffre: l'an dernier, seul un des trente-huit longs-métrages nommés aux Oscars 2020 était sorti durant cette période (il s'agissait de Dragons 3).

S'il fallait attribuer des statuettes aux films sortis avant le confinement, il serait probable que Bad Boys For Life ou Birds of Prey (ou la fantabuleuse histoire de Harley Quinn) figurent parmi les films nommés (si vous les avez vus, vous savez à quel point ce serait consternant). Mais pour Vulture, qui souligne que ce début d'année fut plutôt moins mauvais que la moyenne, le favori pourrait bien être Invisible Man, qui met aux prises Elisabeth Moss et un homme invisible des plus belliqueux.

Parmi les autres prétendants aux statuettes principales, on signale également une énième adaptation de Jane Austen (Emma), une comédie dramatique avec Ben Affleck en coach de basket alcoolique (The Way Back), et une romance menée par un somptueux duo composé d'Issa Rae et Lakeith Stanfield (The Photograph).

Le dernier film de la grande Kelly Reichardt, First Cow, aurait également ses chances, même s'il ne ressemble pas tout à fait à un film à Oscars. Et parce que l'événement Parasite pourrait avoir lancé la désaméricanisation durable de la cérémonie (on peut rêver), le Brésilien Bacurau et le Britannique Sorry we missed you auraient également leurs chances.

Vulture imagine également que Harrison Ford pourrait être nommé à l'Oscar du meilleur acteur pour L'Appel de la forêt, et que Jim Carrey serait un concurrent sérieux pour l'Oscar du second rôle... en raison d'une prestation déjantée dans Sonic, le film. Dans ce dernier figure également James Marsden, qui n'a en revanche aucune chance d'être nommé à partir du moment où d'autres acteurs existent sur la planète. Pour les nominations complètes, rendez-vous sur Vulture.

Et les César?

Du côté de la France, s'il fallait se contenter des films sortis jusqu'au 11 mars, le meilleur documentaire se nommerait certainement La Cravate, de Mathias Théry & Étienne Chaillou. Max Boublil figurerait pour la première fois parmi les prétendants au César du meilleur acteur, pour son rôle de presque-Max-Boublil dans Play, sorti le 1er janvier. Ausi drôle que touchante dans le même film, Alice Isaaz mériterait également de figurer parmi les nommées.

Un vrai bonhomme, Qu'un sang impur..., Deux et Mes jours de gloire, quatre premiers longs-métrages, figureraient au moins dans cette catégorie, mais il est également très probable qu'ils ne se content pas de cette unique nomination.

Face à eux, deux gros morceaux avec Lambert Wilson figureraient sans doute parmi les plus cités: d'un côté Les Traducteurs, thriller dont les résultats ont déçu (moins de 300.000 entrées), et de l'autre De Gaulle, biopic pompier qui a réuni près de 600.000 personnes dans les salles en deux semaines, avant de baisser le rideau pour cause de Covid-19. Une double nomination pour Lambert Wilson dans la catégorie meilleur acteur semblerait quasiment inévitable.

Mais le grand vainqueur de la cérémonie se nommerait #Jesuislà, signé Éric Lartigau, qui mériterait de gagner le César du meilleur film et de permettre à Alain Chabat, trois fois nommé mais jamais gagnant, d'empocher enfin le César du meilleur acteur. Cela permettrait au film de booster sa carrière VOD et de rattraper sa triste carrière en salles. Du côté des actrices, on propose Juliette Binoche, impériale dans La Bonne épouse, sorti juste avant le début du confinement. Laurent Lucas (Un vrai bonhomme) et Léa Drucker (Deux) feraient de merveilleux César du second rôle. Mais on préfèrerait tout de même que les cinémas finissent par rouvrir leurs portes.

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