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Dans une Afrique confinée, les braconniers tuent plus de rhinocéros

Temps de lecture : 2 min

La présence de touristes les dissuade habituellement de se rendre dans des zones où vivent ces spécimens.

Dans le parc national Kruger en Afrique du Sud, où l’on observe ici la carcasse d'un rhinocéros blanc abattue en 2018 par des braconniers, les touristes sont normalement nombreux. | Wikus de Wet / AFP
Dans le parc national Kruger en Afrique du Sud, où l’on observe ici la carcasse d'un rhinocéros blanc abattue en 2018 par des braconniers, les touristes sont normalement nombreux. | Wikus de Wet / AFP

Les rhinocéros pourraient bien être une victime collatérale de la pandémie du Covid-19, notamment en Afrique du Sud et au Botwsana, où des incidents anormaux ont été observés.

Près d'un incident par jour dû au braconnage de rhinocéros a été recensé par l'organisation Rhino 911, qui s'occupe de transporter en urgence les mammifères en détresse grâce à des hélicoptères en Afrique du Sud. Selon le New York Times, la baisse du nombre de touristes dans certaines régions du pays, à cause de la pandémie, laisse le champ libre aux braconniers, qui en profitent pour s'aventurer dans des zones habituellement très fréquentées.

Ces incidents se sont produits dans des régions normalement sûres pour la faune sauvage, rapporte le média américain. Ainsi, depuis le 23 mars –date du début du confinement du pays– neuf rhinocéros ont été braconnés dans la province du nord-ouest d'Afrique du Sud. Au Botswana, la Rhino Conservation Botswana en a recensé six. Mais le bilan pourrait être bien plus lourd selon les organisations, qui craignent de ne pas avoir découvert encore toutes les victimes.

Une économie s'effondre

Avec le coronavirus, c'est toute l'économie liée à la conservation de la faune sauvage qui est menacée. Cette dernière est extrêmement dépendante du tourisme, qui a été mis à l'arrêt à la suite des mesures de confinement visant à empêcher la propagation du virus.

Une baisse des recettes générées par le tourisme pourrait favoriser l'augmentation du braconnage, explique National Geographic. Faute de fonds suffisants, une partie des activités antibraconnage pourraient en effet être revues à la baisse en Afrique du Sud. Car si certaines réserves gouvernementales ont un budget de fonctionnement qui ne dépend pas seulement du tourisme, la plupart des réserves privées financent quant à elles leurs opérations antibraconnage grâce à ce secteur.

Le rhinocéros reste à ce jour une espèce très prisée des braconniers, notamment pour sa corne, qui se monnaie jusqu'à 55.000 euros le kilo. En 2019, l'Afrique du Sud a réussi à réduire de 23% le nombre de ses rhinocéros tués, mais un confinement prolongé pourrait enrayer cette bonne dynamique. Au Botswana, le nombre de ces mammifères s'est considérablement réduit. Il n'y aurait plus que 400 ou 500 rhinocéros noirs et blancs et, si rien n'est fait, leur population pourrait disparaître d'ici à 2021.

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