Monde

Le général Petraeus s'en prend à la politique israélienne

Slate.fr, mis à jour le 22.03.2010 à 16 h 14

Au moment même où les relations entre Israël et les Etats-Unis se tendent, le Général américain David Petraeus, célèbre pour avoir orchestré la reprise du contrôle de la situation militaire en Irak, vient de critiquer publiquement la politique israélienne et la poursuite de la colonisation. Ce n'est pas fréquent pour un général de faire des déclarations publiques sur la politique d'un pays étranger et allié des Etats-Unis et encore moins quand ce haut-gradé dirige le CENTCOM, l'Etat-major central qui chapeaute notamment les opérations américaines en Afghanistan, au Pakistan et en Irak.

Selon le général Petraeus, la colère du monde Arabe nourrie par la situation en Cisjordanie et dans la bande de Gaza a un effet négatif sur les actions américaines dans toute la région. «La colère arabe à propos de la situation en Palestine limite la pofondeur et la solidité des partenariats entre les Etats-Unis et les gouvernements et les populations de la région» a déclaré le Général Petraeus devant la Commission des armées du Sénat le 17 mars. En janvier déjà, David Petraeus avait souligné que l'obstination israélienne portait atteinte à la crédibilité américaine au Moyen-Orient.

Ces propos ont provoqué une levée de boucliers aux Etats-Unis des organisations proches d'Israël. L'ADL, la Ligue Anti-Diffamation, une organisation juive américaine, a qualifié les déclarations de Petraeus de «dangeureuses et contre-productives». Pour l'ADL, «le Général Petraeus fait l'erreur de relier les défis de l'armée et des forces de la coalitions dans la région avec un règlement du conflit israëlo-palestinien (...) mais aussi de dénoncer l'apparente bienveillance des Etats-Unis à l'égard d'Israël».

De son côté, le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou a accepté l'idée d'une rencontre à Washington avec Barack Obama mardi 23 mars. L'objet de la visite est de tenter de réduire les divergences entre les deux hommes après ce qui a été qualifié d'humiliation infligée au vice-président Joe Biden lors d'une visite le 10 mars à Jérusalem.

En attendant cette visite officielle, Benyamin Netanyahou doit prononcer un discours ce lundi 22 mars à Washington devant les membres du principal lobby juif, l'AIPAC. Un lobby qui soutien fermement sa politique.

[Lire l'article sur Haaretz]

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Photo: Un garde frontières israélien lance du gaz lacrymogène sur des palestiniens qui jettent des pierres à Jérusalem Darren Whiteside / Reuters

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