Santé

Vous aussi, vous avez la peau sèche depuis le confinement?

Temps de lecture : 5 min

Chlore dans l'eau, sécheresse de l'air et augmentation du stress sont autant d'éléments contre lesquels il existe des méthodes naturelles pour retrouver un plus bel épiderme.

Veillez à ne pas avoir une température excédant les 21 degrès à la maison. | Coline Haslé via Unsplash
Veillez à ne pas avoir une température excédant les 21 degrès à la maison. | Coline Haslé via Unsplash

Ce matin, l'autrice de ces lignes a appliqué deux fois plus de crème sur son visage que d'ordinaire tant la peau de son front tiraillait de façon désagréable. Ce matin comme tous ceux de ces deux ou trois dernières semaines, à vrai dire. Ailleurs sur la toile, de nombreuses personnes se plaignent du même inconfort. «J'ai plus de peau mais des écailles»; «j'ai l'impression d'être un saucisson ultra sec… je suis obligée de me tartiner de gel d'aloe vera H24»; «mes pores sont visibles depuis la lune et je ressemble à une pizza pepperoni» ou encore «la peau du dos de mes mains ressemble à du parmesan»: au moins, le confinement n'a pas confisqué aux internautes le second degré et l'art de la métaphore.

Mais comment expliquer cet assèchement cutané généralisé? Picotements, squames, tiraillements de «peau de serpent»: que fait-on de différent pour voir l'équilibre de nos épidermes à ce point perturbé? La réponse se loge vraisemblablement dans un faisceau d'explications.

Davantage de lavages de mains

Spontanément, on pense aux lavages de mains répétitifs, à l'eau mais surtout au gel hydroalcoolique. C'est notamment l'usage à longueur de journée de cette solution aseptisante qui abîme autant les mains des personnels soignants. À ce propos, des collectes, auxquelles ont participé des marques de cosmétiques, ont permis de faire envoyer des stocks de crèmes grasses dans différents hôpitaux. Sauf que les confiné·es qui souffrent de sécheresse cutanée n'ont pas seulement les mains rugueuses et moins souples, mais souvent aussi le reste du corps. La cause pourrait donc se trouver du côté de la douche, ce moment de la journée où l'on se mouille intégralement. Une piste possible: le taux de chlore présent dans l'eau.

Des ajouts de chlore dans certains réseaux d'eau potable

La Société des eaux de l'Ouest parisien (SEOP) a par exemple fait le choix d'augmenter la chloration de son eau en réaction à la crise sanitaire du Covid-19. «Nous avons anticipé une diminution de la consommation avec l'arrêt de nombreuses entreprises. L'eau reste plus longtemps dans les canalisations des clients, le chlore permet de garantir sa qualité», a indiqué François Doussin, directeur général de la SEOP, dans les colonnes du Parisien. Et si l'eau potable n'est pas un vecteur du Covid-19 selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), des mesures à la discrétion des distributeurs d'eau ont pu être prises pour tuer le virus lors du lavage des mains.

«Le chlore est un désinfectant puissant autorisé dans le traitement de l'eau. Il est utilisé en fin de filière de traitement pour éliminer les éventuels micro-organismes pathogènes», nous explique Sylvie Thibert, ingénieure au Syndicat des Eaux d'Île-de-France (SEDIF). Elle précise: «Grâce à sa propriété de persister dans l'eau, il est également utilisé pour garantir la qualité de l'eau pendant son transport dans le réseau de distribution.»

«Les recommandations [relatives au taux de chlore dans l'eau] s'appliquent de manière habituelle, elles ne sont pas spécifiques à cette crise sanitaire.»

Alizée Feauvaux, membre du pôle communication de l'ARS Île-de-France.

Or, chaque réseau est différent. «Si les installations ont déjà une bonne couverture en chlore, il n'est pas utile d'augmenter les résiduels de chlore. Par contre, si des baisses de consommation sont suspectées, entraînant des durées de transport allongées dans le réseau, il peut être utile d'augmenter le taux de chlore car ce dernier tend à disparaître avec le temps», poursuit Sylvie Thibert. À l'arrivée, c'est donc à l'exploitant d'analyser le territoire qu'il dessert afin de prendre les décisions nécessaires pour «garantir la qualité microbiologique de l'eau au robinet des consommateurs».

Le tout en respectant bien sûr les consignes émises par les agences régionales de santé (ARS), ces établissements publics administratifs de l'État français chargés de la mise en œuvre de la politique de santé des régions. Or, en cette période de Covid-19, les ARS n'ont pas changé leurs instructions générales, qui continuent à suivre les recommandations de l'OMS, c'est-à-dire une concentration résiduelle en chlore en sortie d'usine d'au moins 0,5 mg/L. «Ces recommandations s'appliquent de manière habituelle, elles ne sont pas spécifiques à cette crise sanitaire», nous confirme Alizée Feauvaux, du pôle communication de l'ARS Île-de-France.

Un air assez sec

L'eau n'est pas le seul facteur d'assèchement de la peau. Un air plus sec peut également fragiliser la peau… mais aussi irriter les yeux et enflammer les muqueuses –ce dernier effet augmente le risque de contracter des infections respiratoires (ce qui explique pourquoi les virus de la grippe se propagent davantage l'hiver, lorsque le taux d'humidité est faible et que l'air est sec).

En fait, plus l'air est humide, plus la peau sera capable de rester hydratée en conservant la chaleur dans la couche cornée. Inversement, plus l'air est sec, plus il retire de l'humidité à notre peau, qui s'assèche pendant que nos lèvres se gercent. C'est la raison pour laquelle lorsqu'il fait froid et sec, certaines personnes souffrent d'une peau squameuse et qui tiraille; un phénomène que l'on appelle «démangeaison de l'hiver».

Chez nous, les appareils de chauffage peuvent aussi conduire à un air sec, responsable de dessèchement de la peau, d'irritation des sinus et de la gorge ou encore d'une démangeaison au niveau des yeux. Idéalement, le taux d'humidité de l'air devrait se situer entre 40 à 60%, selon des études scientifiques. Pour équilibrer l'air de la maison, certains foyers ont recours à un humidificateur d'air.

Le stress n'arrange rien

Eau et air sont des éléments qui ont un contact direct avec notre épiderme. Et si la source de nos désagréments cutanés se situait également à l'intérieur de nous? Le stress est connu pour endommager la fonction barrière de la peau. Lorsque notre bien-être émotionnel et mental est altéré, la peau se régénère moins bien et se fragilise.

Pour le comprendre, il faut s'imaginer que la peau n'est pas simplement une enveloppe protectrice: elle permet également de respirer et de ressentir les choses. «Il y a entre le cerveau et la peau un “internet tissulaire”: quand le cerveau ne va pas bien, cela crée une cascade moléculaire depuis l'hypothalamus. Des hormones de stress se répandent dans tout le corps, et notamment jusque dans la peau où sont libérées des molécules qui viennent la fragiliser», explique Gérard Redziniak, chercheur et docteur en biologie moléculaire. En ce sens, le stress affaiblit les cellules de défense de notre organisme. Nous devenons alors plus sensibles aux agressions extérieures, et cela à travers cette première barrière qu'est la peau.

Quelques solutions naturelles

Si vous avez le sentiment que l'eau de votre robinet vous assèche la peau, réduisez votre rythme de douche et privilégiez une toilette localisée. Dans tous les cas, hydratez-vous généreusement tous les jours puisque une peau reste plus longtemps souple lorsqu'elle a une couche protectrice de gras à sa surface (le gras retarde l'évaporation de l'eau). Sur le visage, n'hésitez pas à appliquer un coton d'eau florale afin de vous débarrasser des résidus de calcaire ou de chlore qui irritent la peau.

Pour humidifier l'air de votre habitat, pensez à aérer régulièrement votre intérieur (trois fois par jour, ce n'est pas trop). Le matin, après avoir utilisé la salle de bain (et donc, augmenté la vapeur d'eau dans cette pièce), laissez-en la porte ouverte afin que l'humidité se propage ailleurs chez vous.

La bonne vieille technique de la bassine d'eau dans un coin du salon vous permettra également de lutter contre un air intérieur trop sec.

Veillez à ne pas avoir une température excédant les 21 degrès à la maison (baisser le chauffage, c'est aussi augmenter l'humidité d'une pièce). Enfin, la bonne vieille technique de la bassine d'eau dans un coin du salon vous permettra également de lutter contre un air intérieur trop sec.

Contre le stress, aérez-vous l'esprit en vous tenant éloignés des nouvelles trop anxiogènes, faites un peu d'exercice et tentez la respiration abdominale, ces exercices qui réduisent la tension et vous relaxent.

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