Réchauffement: le subir, l'atténuer ou s'y adapter
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Quel est, selon vous, le prix qui vous touche le plus? Celui de vos courses alimentaires? De l'essence? Le taux d'intérêt de votre crédit immobilier? Le cours d'un euro? Tous ont leur importance. Le prix des matières premières, de l'énergie, les taux d'intérêt ou le taux de change déterminent notre qualité de vie et reflètent la répartition du pouvoir entre les nations, la présence ou l'absence des nouvelles technologies, le progrès de certains pays et le déclin d'autres.
Le prix des attitudes non écologiques
Mais il y a un prix dont on parle peu alors qu'il est crucial pour l'avenir de l'humanité: c'est celui des émissions de gaz qui réchauffent la Terre. Si on en parle peu, c'est parce qu'il est si faible que personne ne le ressent... pour l'instant. Il est dangereusement facile de faire abstraction du prix de la pollution terrestre - ou atmosphérique. C'est vrai que nous ne payons pas grand-chose quand la planète se réchauffe à chaque fois que nous allumons la lumière, nous nous déplaçons en voiture, consommons de la viande ou coupons un arbre. Si on nous imposait de débourser plus d'argent, nous le ferions moins. En tout cas, nous rechercherions sans doute des moyens moins coûteux et plus efficaces de répondre à nos besoins.
A l'heure actuelle, les conséquences du réchauffement planétaire sont visibles. En revanche, le prix énorme qu'elles supposeront à terme, nous le repoussons d'un coup de pied vers le futur. Ce comportement est suicidaire.
La communauté scientifique est formelle: le réchauffement est lié à l'activité humaine. Il s'accompagne de changements climatiques irréversibles. Et les tendances actuelles, si elles se poursuivent, mèneront à la catastrophe. Il y a bien des climato-sceptiques, mais ils représentent une minorité dont la crédibilité scientifique fait cruellement défaut et dont la visibilité médiatique disproportionnée a pour but ultime de servir des intérêts économiques et politiques. Dans une de mes chroniques récentes, je décris les débats indécents auxquels ces gens se livrent.
Certains effets sont irréversibles, d'autres peuvent être atténués
L'humanité n'a guère plus de trois façons de gérer le changement climatique: le subir, l'atténuer et s'y adapter. Parmi les effets des dérèglements du climat, beaucoup sont inévitables dans la mesure où ils sont liés à des activités qui ont déjà eu lieu. Pour certains des changements prévus, les moyens d'adaptation sont très limités. Le Bangladesh, en sus d'être le pays le plus densément peuplé et l'un des pays les plus pauvres au monde, est aussi un des plus vulnérables aux impacts du changement climatique; il subira des effets dévastateurs. D'autres pays commencent déjà à s'adapter et investissent dans des infrastructures, modifient leurs politiques agricoles, les normes de construction de leur plan de développement urbain, touristique et industriel. Dans certains cas, ils réajustent aussi leurs projets militaires.
L'essentiel est de limiter la crise qui approche. Bien que les dégâts soient en grande partie déjà faits et irréparables, on peut assurément limiter les dommages que nous continuons de provoquer quotidiennement. Il faut modifier la calamiteuse trajectoire sur laquelle nous nous sommes engagés; inciter les pays, les entreprises et les citoyens à émettre moins de gaz lesquels, en s'accumulant dans l'atmosphère, créent l'effet de serre. Presque toujours, parler de mesures incitatives revient à parler d'argent. De prix. En l'occurrence, il s'agit de faire payer plus cher les comportements générateurs de réchauffement.
Les solutions d'atténuation des effets du réchauffement
L'une des solutions pour atténuer les dégâts causés par les gaz polluants est que les pays s'accordent sur des quotas d'émissions globales de gaz à effet de serre et que l'on développe un marché où les entreprises qui dépassent leur seuil pourront échanger des «crédits» environnementaux avec celles dont les émissions sont inférieures. Ce serait une manière de récompenser les agents économiques au comportement écologique honorable. C'est le fameux système du Cap and Trade [plafonnement et échange].
Une autre solution consiste à soumettre le carbone, l'énergie ou le combustible à un impôt. Troisième option: créer un prix implicite qui résulte de la combinaison des motivations et pénalités dont se servent les gouvernements pour pousser les entreprises et les individus à adopter des comportements «durables». Hélas, ce sont des décisions impopulaires et politiquement explosives qui impliquent, en outre, que des gouvernements aux intérêts conflictuels se mettent d'accord. L'échec des négociations de la Conférence de Copenhague sur le climat ne fait que signaler la difficulté du dossier climatique.
Mais il existe d'autres signaux plus forts que l'échec de Copenhague; c'est la nature qui nous les envoie. Si nous ne nous décidons pas à supporter dès aujourd'hui le prix de la préservation de notre planète, la nature nous le fera payer. A ce moment-là, ce prix sera prohibitif.
Moisés Naím
LIRE EGALEMENT SUR LE MEME SUJET: Climat: arrêtez de parler, taxez!, La taxe carbone victime de la démagogie fiscale et Le problème de la science du climat.
Image de Une: Déforestation au Sulawesi Yusuf Ahmad / Reuters
Mis à jour le 28/03/2010 à 15h53










































Vous écrivez une vérité mais d'une façon qui me semble déviée. ""Si nous ne nous décidons pas à supporter dès aujourd'hui le prix de la préservation de notre planète, la nature nous le fera payer. A ce moment-là, ce prix sera prohibitif."".
En effet, nous avons des conservatoires Botaniques dont un dans le nord de la France avec un génie doublé d'un puits de science qui a été à sa direction jusque dans les années 2000. Je pense avoir retenu de son enseignement que la Nature ne fait rien payer du tout. La Nature a 'son' intelligence et sa nature avec ses lois comme nous l'indique la phytosociologie. Les lois sont logiques et au moindre cout de dépense. Tout semble être en équilibre. Quand elle ne peut plus nourrir de dinosaures, et bien ils disparaissent. C'est gratuit et limpide.Je trouve qu'elle possède , Elle, une très grande intelligence qui obéit simplement à une Loi de Cause à effet .
Pourquoi effrayer les lecteurs ? s'ils veulent un but, ils l'auront mais la Nature continuera. Elle continuera avec ou sans eux. Les 35 heures et les deux mois de congés payés par les autres les empêchent de travailler et d'étudier les Lois de la Nature et ils veulent profiter comme ils disent souvent et bien ils vont profiter de réactions de la Nature.
La terre tourne mais elle est dans un système qui tourne qui lui même est dans un système qui tourne.....on a cherché et trouvé la Vie partout et tout y est Harmonieusement en équilibre ....quelle surprise!....alors, il faudrait plutôt demander que chacun trouve 'sa' place dans la Nature plutôt que d'envoyer des menaces, je trouve.
Cet article est typiquement rédigé dans le sens de la bien pensance climatique et tient pour acquises et démontrées les affirmations du GIEC.
On cherche à décribiliser ceux qui les contestent en mettant en cause leur crédibilité scientifiques.
Sans vouloir (et sans pouvoir) argumenter scientifiquement point par point, je voudrais tout de même rappeler d'abord quelques faits de bon sens.
Depuis la dernière grande glaciation, le niveau des mers à tout de même monté de quelque 120m (ex. l'entrée de la grotte Cosquer) en 20000 ans, ce qui fait tout de même une moyenne de 6cm par an en linéaire. Où était l'influence de l'homme là dedans?
Lors de "l'optimum climatique", les glaciers des Alpes étaient beaucoup plus haut qu'actuellement. Lorsque les vikings s'installèrent au Groënland à la fin du 10è siècles, ils purent créer des fermes d'élevage.
Après un "petit âge glaciaire", d'environ 1400 au 19è siècle, il y eut tout de même de très fortes canicules au début du 18è, qui tuèrent des centaines de milliers de personnes en France.
Les mammouths disparurent il y a quelques 20000 ans à la suite d'un réchauffement de quelque 2° qui les priva de leur nourriture habituelle.
Dans sons rapport, le GIEC évoqua la fonte des glaciers de l'Himalaya d'ici 2035, rectifié ensuite à 2135, car c'était vraiment trop gros, sur la base d'un simple article non scientifique paru dans un journal indien sous la plume d'un journaliste en mal de sensationnel!
La base des affirmations du GIEC est un supposé "consensus". Mais après la théorie de Wegener énoncée en 1912 sur la dérive des continents, l'ensemble de la communauté scientifique contesta la tectonique des plaques jusque vers 1970, mais heureusement les hérétiques tinrent bon, car ce sont eux qui font avancer la science!
Enfin, dans son rapport, le GIEC n'a pas pris en compte l'effet de serre du à la vapeur d'eau dans l'atmosphère, facteur bien plus déterminant que le CO, car "trop mal connu et trop difficile à modéliser".
On a déconsidéré les scientifiques (notamment danois) qui établissaient une probabilité de lien entre l'activité des éruptions solaires et le taux de CO au prétexte que leur "protocole n'était pas bon"!
Il se trouve que la température moyenne (pour autant qu'on parvienne à la définir rigoureusement) a baissé de quelque 0,6° depuis 10 ans, en même temps que, depuis 11 ans, le soleil est particulièrement calme et sans éruptions.
On nous sort de magnifiques courbes de températures, mais si on traite séparément notre continent avec une légère baisse de température moyenne sur10 ans et l'Amérique du nord, les courbes de cette dernière sont en forme de W!!!
Heureusement, ceux qui contestent la toute puissance du GIEC (qui arrange bien du monde!) ont accès aux médias depuis relativement peu de temps et on ne peut qu'espérer voir discuter ces affirmations à la suite desquelles se sont engouffrés les politiques!!!
Dans ce contexte, il est évident que le climat continuera à changer dans un sens ou dans l'autre (soit dit en passant, dans les années 70, le "consensus" était à la grande crainte d'une nouvelle glaciation!!!) et l'homme s'adaptera comme il l'a toujours fait. Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas faire attention à ce que nous faisons et envoyer dans la nature pollution et CO.
Il est certainement plus urgent et important de chercher une solution à la dizaine de millions de personnes qui meurent chaque année (dont près de 2 millions d'enfants) faute d'accès à l'eau potable.
Encore un article qui prétend traiter un problème en invectivant le partisans de l’autre bord.
Par nature plutôt « réchauffiste » (comme le veut la terminologie actuelle) j’ai progressivement viré au « sceptique » devant l’incroyable arrogance des tenants de la vérité établie et, surtout, devant l’absence totale de réponse aux objections soulevées sur le modèle admis officiellement.
De formation scientifique, je pense avoir les bases pour comprendre ces problèmes, à condition qu’on veuille bien les expliquer.
Aujourd’hui, le débat, comme dans cet article, se résume à des échanges de noms d’oiseaux entre les deux parties : celui qui n’est pas dans mon camp n’a rien compris à rien, ou il est vendu à des intérêts mercantiles. Foutaises que cela. En fait les discussions ne volent pas haut car les interlocuteurs n’ont souvent pas d’arguments autres que leur conviction. Comprendre un phénomène est un préalable à la définition des actions à entreprendre (du moins, c’est ce que veut la démarche scientifique). Le débat actuel ne contribue pas à comprendre, mais n’est qu’une justification de positions préétablies.
Les vrais scientifiques ont d’ailleurs largement déserté ce débat (comme celui des OGM) car il n’est plus scientifique depuis longtemps. Il est légitime de vouloir protéger notre espace de vie. Il est nécessaire de limiter notre consommation d’énergie, d’isoler mieux nos bâtiments, de limiter nos rejets dans le milieu naturel. C’est une question de bonne gestion des ressources naturelles. Il est vrai qu’il est difficile de changer les façons de vivre en invoquant la gestion des ressources naturelles. Mieux vaut évoquer la peur des catastrophes et jouer sur les réflexes conditionnés plutôt que sur le raisonnement. Mais à vouloir donner de mauvaises raisons, on s’expose à ce qui se passe aujourd’hui : le phénomène de base étant mise en doute, les mesures concrètes qu’il faut prendre sont mises en doute aussi.
Un journal s’honorerait aujourd’hui à faire une comparaison technique entre les points de vue des deux camps. Chercher ce sur quoi ils sont d’accord, ce qui les sépare. On s’apercevrait vite que les différences sont ténues et tiennent beaucoup à des positions idéologiques plus que scientifiques. Et cela pourrait contribuer à clarifier le débat.
Est-ce que Slate va relever le gant ? Chiche…
On dirait réellement un article de la Pravda. Non, Monsieur Naim, la communauté scientifique n'est pas formelle. Elle est très loin de l'être, et il est assez terrifiant de voir aussi peu de recul et de capacité de remise en question chez des gens qui occupent une telle position dans le circuit de l'information, et chez qui le doute permanent et la déontologie devraient être des évidences relevant du réflexe.
L'article est menaçant, catastrophiste, dogmatique au possible. Une véritable parodie du discours vert velléitaire. Les gens qui défendent ce type de position encouragent activement les résolutions telles que celle que l'ONU est en train de mettre en place. Celle qui est appelée à créer une Organisation Mondiale de l'Environnement, par exemple, destinée à ponctionner 45 000 milliards d'euros aux pays dits développés pour financer leurs programmes de réduction des émissions de CO², et dont le lancement est prévu pour 2012 à Rio pour la suite de Copenhague. En d'autres termes, asphyxier l'économie planétaire pour y substituer une forme de planisme destiné à contrôler et réguler la production sur l'ensemble de la planète, sous l'approbation béate d'une population européenne boboïsée et matraquée par les discours apocalyptiques comme celui-ci. Je n'invente rien. Et si Slate en parlait, un peu, des projets du lobby du réchauffement climatique? Il n'y a pourtant rien de secret, aucun complot, tout cela se fait au grand jour et l'information est facilement vérifiable.
Mais tous ces bobos qui se flattent d'être éco-responsables pour oublier qu'ils dépriment dans leurs grandes villes polluées vont sérieusement déchanter lorsqu'ils se rendront compte de l'impact réel de l'écologisme politique, jamais autant en vogue que depuis qu'il a ouvertement épousé les partis de gauche, sur leur portefeuille.