Santé / Monde

Dans les camps de réfugiés rohingyas, on redoute l'arrivée du Covid-19

Temps de lecture : 2 min

Avec près de 40.000 personnes par kilomètre carré, la propagation du virus serait un désastre.

Des enfants rohingyas dans le camp de réfugié·es de Kutupalong, au Bangladesh, en 2009. | Munir Uz Zaman / AFP
Des enfants rohingyas dans le camp de réfugié·es de Kutupalong, au Bangladesh, en 2009. | Munir Uz Zaman / AFP

Avec 88 personnes contaminées et 9 décès, le Bangladesh fait partie des pays encore relativement peu touchés par la pandémie de Covid-19. Dans le camp de réfugié·es rohingyas de Balukhali, le plus grand du pays, l'inquiétude est pourtant vive: si le coronavirus venait à toucher les campements, cernés depuis décembre 2019 par de hautes clôtures de barbelés, le bilan pourrait être désastreux.

1 million de réfugié·es

Au total, le Bangladesh compte plus d'un million de Rohingyas réfugié·es à la suite du génocide perpétré par le gouvernement du Myanmar contre cette minorité musulmane. Vivant dans des abris de fortune surpeuplés, pouvant accueillir jusqu'à une douzaine de personnes dans des cabanons de dix mètres carrés, les rescapé·es seraient particulièrement exposés au virus. Avec environ 40.000 personnes par kilomètre carré, les camps de Rohingyas représentent plus de 40 fois la densité de population moyenne du pays.

Aucun cas de contamination n'a encore été signalé, mais cela tient aussi au fait que les Nations unies n'ont pas les moyens de procéder à des tests de dépistage du Covid-19. En cas de doute, les malades sont néanmoins envoyé·es dans un hôpital gouvernemental.

La peur a commencé à monter lorsqu'une femme bangladaise âgée de 75 ans, résidant dans la ville de Cox's Bazar, à proximité du camp de Balukhali, a été testée positive au Covid-19. Une autre famille rohingya de quatre personnes, revenue d'Inde récemment, a quant à elle été mise en quarantaine dans un camp de transit de l'ONU.

Une distanciation sociale impossible

«Nous faisons de notre mieux pour protéger [les réfugié·es], mais si le virus se répand, ce sera un travail difficile pour nous tous», a déclaré Mohammad Shamsuddoza, de la Commission nationale pour le rapatriement et le secours des réfugiés au Bangladesh. «C'est surpeuplé, chaque famille compte plusieurs membres. Il est donc très difficile en pratique de les séparer», a-t-il ajouté.

Dans ces conditions, maintenir les principes de distanciation sociale et de gestes barrière dans les 34 camps de réfugié·es est un défi colossal. Le reste du pays, qui compte 164 millions d'habitant·es pour un territoire 4,3 fois plus petit que la France, est entré en confinement total le 25 mars, avec une échéance prévue pour le moment au 11 avril.

Dans les camps du district de Cox's Bazar, quelques centaines de lits ont été installés, et l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) prépare l'arrivée de 1.200 lits supplémentaires à l'extérieur des camps d'Ukhiya et de Teknaf. L'UNICEF et Save the Children International devraient de leur côté faire venir 1.700 lits.

Tandis que les personnes étrangères ont été interdites de visite dans les camps, sauf présence «absolument nécessaire», les réfugié·es et les ONG sur place organisent des distributions d'eau et de savon, ainsi que des campagnes d'information pour expliquer comment le virus se propage, et comment s'en protéger.

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