Santé / Monde

Le navire-hôpital de 1.000 lits qui devait sauver New-York ne compte que 20 patients

Temps de lecture : 2 min

Les hôpitaux sont débordés, et ne peuvent pas compter sur le navire pour traiter les malades atteint·es par le coronavirus.

Le USNS Comfort arrivant à New York, le 30 mars 2020, pour soulager les hôpitaux de la ville. | Bryan R. Smith / AFP
Le USNS Comfort arrivant à New York, le 30 mars 2020, pour soulager les hôpitaux de la ville. | Bryan R. Smith / AFP

Ce lundi, alors que la US Navy déployait son imposant navire-hôpital, le USNS Comfort, dans le port de New York, les espérances étaient élevées. Avec 1.000 lits disponibles à son bord, il y avait de quoi soulager un peu les hôpitaux face à la crise du coronavirus.

Le constat de fin de semaine est cependant bien terne: s'il y a 1.200 personnes sur le pont, ce sont les membres de l'équipage, pour la plupart désœuvrés. Des patient·es, on n'en compte que 20. Ce vendredi pourtant, l'État de New York enregistrait son bilan quotidien le plus meurtrier, avec 562 décès liés au Covid-19. Sur la côte ouest du pays, un second navire-hôpital, le USNS Mercy, amarré à Los Angeles, a reçu au total 15 patient·es.

Un protocole très contraignant

Ces chiffres, dérisoires face à l'ampleur de la crise, ont de quoi faire enrager les personnels hospitaliers. Le Comfort aurait dû prendre en charge des patient·es souffrant de maladies autres que le Covid-19 et, selon les mots du président Donald Trump, jouer un «rôle critique» dans la gestion de la situation new-yorkaise. En réalité, le navire-hôpital se trouve pris dans un embrouillamini bureaucratique qui l'a forcé à refuser de nombreux malades.

Alors que les personnes infectées par le coronavirus sont défendues de monter à bord, la Navy a également dressé une liste de 49 autres conditions médicales interdites.

«Si je dois être franc, c'est une blague», s'est emporté Michael Dowling, le directeur du plus grand système hospitalier de New York, le Northwell Health. «Tout le monde peut dire: “Merci d'avoir aménagé ces endroits merveilleux et d'avoir ouvert ces salles caverneuses”. Mais nous sommes en crise ici, nous sommes au milieu d'un champ de bataille.»

La lenteur du processus d'admission est aussi incriminée: avant d'emmener des patient·es sur le navire, les ambulances doivent d'abord les faire passer par un hôpital de la ville, afin de réaliser une longue évaluation médicale et un test de dépistage du coronavirus. D'après la porte-parole de la Navy, cette situation devrait bientôt changer et l'équipage du Comfort pourrait lui-même procéder à des tests.

Les patient·es positif au Covid-19 refusé·es

Alors que les habitant·es de New York sont confiné·es, les accidents nécessitant une visite aux urgences ont considérablement diminué, et le nombre de patient·es atteint·es de maladies autres que le Covid-19 à hospitaliser est relativement faible; à tel point que si l'on exclut les malades touché·es par le coronavirus, il n'y a finalement pas grand monde à envoyer sur le navire.

D'après Michael Dowling, il est inutile de diviser ainsi les malades, compte tenu de la propagation galopante du virus: «si vous ne nous aidez pas à soigner les personnes pour qui nous avons besoin d'aide, quel est le but?», demande-t-il. Dans la seule ville de New York, on comptait ce jeudi presque 50.000 personnes contaminées par le coronavirus.

Déjà par le passé, le navire-hôpital de l'armée avait eu du mal à remplir des missions civiles. Adapté aux soins militaires et aux situations guerrières, il l'est beaucoup moins pour un cas de pandémie. En 2017, alors qu'il avait été déployé à Porto Rico pour aider les hôpitaux après le désastre provoqué par l'ouragan Maria, il n'avait pu prendre en charge qu'une poignée de patient·es par jour.

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