Société

Arrêtons de nous inquiéter de notre productivité pendant le confinement

Temps de lecture : 2 min

Un article pour celles et ceux qui n'ont toujours coché aucune case de leur to-do list.

Non, vous ne ferez rien de votre confinement, et c'est très bien ainsi. | Kinga Cichewicz via Unsplash
Non, vous ne ferez rien de votre confinement, et c'est très bien ainsi. | Kinga Cichewicz via Unsplash

Elles étaient pourtant fournies et créatives, ces fameuses listes destinées à nous occuper pendant ces semaines à la maison: faire du sport, du yoga, cuisiner de nouvelles recettes, dessiner, faire des apéros vidéo, écrire des poèmes, changer la disposition de l'appartement, faire son pain, etc. Résultat, malgré toute la bonne volonté du monde, bon nombre de personnes qui s'étaient fixées de tels objectifs n'ont tout bonnement rien accompli.

La réalité rattrape les âmes oisives, et ce n'est pas un confinement de quelques semaines qui y changera quelque chose. Même internet, les médias, les réseaux sociaux et votre pote énervant sur Instagram (qui a toujours le temps de tout faire) ne pourra vous pousser à l'action. Non, vous ne ferez rien de votre confinement, et c'est très bien ainsi.

Pas besoin de ça en temps de crise

Comment expliquer ce manque de productivité et ces heures passées sur le canapé? Pour Chris Bailey, écrivain et consultant en productivité, il est d'autant plus dur d'être efficace et prêt·e à faire quelque chose que dehors, une crise sanitaire se joue.

«Il est assez difficile d'être productif dans de bonnes conditions, et encore moins lorsque nous traversons une crise mondiale, explique-t-il au New York Times. L'idée que nous avons beaucoup de temps disponible aujourd'hui est fantastique, mais c'est l'opposé d'un luxe. Nous sommes chez nous parce que nous devons être chez nous, et nous avons beaucoup moins d'attention à cause de ce que nous traversons.»

Il est aisé de culpabiliser de ne rien faire, quand on voit pulluler sur les réseaux sociaux les photos et vidéos de gens qui s'activent au quotidien, même dans des 20 m². Pourtant, se sentir coupbale serait totalement contre-productif: cela ne ferait qu'ajouter du stress à l'angoisse que suscite la crise que nous connaissons.

Ce désir d'optimiser chaque seconde de notre vie serait particulièrement observable chez les millennials, indique Anne Helen Petersen, autrice du livre Can't Even: How Millennials Became the Burnout Generation.

Habitué·es à réaliser deux tâches à la fois et à rentabiliser leur temps libre, les millennials ont des impulsions d'optimisation dont il est difficile de se défaire. En d'autres termes, ces jeunes gens sont incapables de rester sans rien faire.

Ne rien faire, c'est déjà beaucoup

Réussir son confinement est un objectif fantasmé qui apparaît de plus en plus sur les réseaux sociaux. Rester à l'intérieur et répondre à ses besoins de base est pourtant amplement suffisant –c'est d'ailleurs la seule chose que l'on vous demande de faire.

Mais pourquoi faudrait-il absolument faire quelque chose pour réussir son confinement?, s'interroge Géraldine Mosna-Savoye dans «Le Journal de la philo». Ne rien faire, c'est déjà beaucoup, et c'est surtout assez!

Le vide du confinement finit par se combler de petits riens, ajoute la journaliste de France Culture –des petits riens dont l'urgence du quotidien nous avait privé·es et dont on a tant besoin. Et si cela passe par des heures affalé·e sur le canapé, qu'il en soit ainsi.

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