Sports / Monde

Un joueur de foot irlandais condamné à une amende par son club pour une référence à l’IRA

Temps de lecture : 2 min

James McClean, milieu de terrain de Stoke City, a posté une photo de lui donnant une «leçon d’histoire» à ses enfants, avec une cagoule, faisant directement référence à l’IRA.

Le milieu irlandais James McClean (en vert) devant deux défenseurs du Danemark, durant un match des éliminatoires de l'Euro 2020, le 18 novembre 2019. Lorraine O'Sullivan / AFP
Le milieu irlandais James McClean (en vert) devant deux défenseurs du Danemark, durant un match des éliminatoires de l'Euro 2020, le 18 novembre 2019. Lorraine O'Sullivan / AFP

«Un post inapproprié sur les réseaux sociaux». Le club de football anglais de Stoke City s’est ainsi justifié pour condamner James McClean, son milieu de terrain de 30 ans, à une amende de deux semaines de salaire. Sur ce post Instagram, on le voit assis sur une malle devant son fils et sa fille (qui mange une pomme). Le trentenaire a une cagoule sur la tête et a complété son post d’un titre : «Leçon de l’école aujourd’hui : Histoire» avec deux émojis pleurant de rire. Une référence assez évidente à l’IRA et aux «Troubles», le conflit nord-irlandais qui a causé la mort de 3.500 personnes, raconte The Independent.

«Je n’ai jamais voulu offenser quiconque, mais je me rends compte maintenant que je l’ai fait et je m’en excuse sans réserve. J’ai parlé au club et je supprimerai mon compte Instagram», a déclaré James McClean. Avant cela, la polémique l’avait amené à supprimer son post et une pétition en ligne a même été lancée, demandant à Stoke City de limoger le milieu de terrain pour ses actions. Le club semble toutefois considérer l’affaire comme close.

Ce n’est pas la première fois que McClean suscite la polémique. Le joueur, international irlandais, a toujours refusé de porter un coquelicot lors du jour du Souvenir – le 11 novembre anglais. À cette période, tous les joueurs, arbitres et entraîneurs portent un coquelicot pour se souvenir de la guerre. McClean, qui est né à Derry, une ville-frontière entre l’Irlande et l’Irlande du Nord, n’a jamais affiché le fameux coquelicot en raison du massacre du «Bloody Sunday», au cours duquel 13 Irlandais non armés ont été tués par balle à Derry en 1972.

Pour ses positions, le joueur a souvent été insulté sur les terrains anglais pendant qu’il jouait. Il a aussi reçu de nombreux messages menaçants sur les réseaux sociaux pour le non-port du coquelicot. Cette saison, le club de Barnsley a même été condamné à une amende de 20.000£ après que ses fans ont été accusés de violences sectaires envers McClean pour l’avoir insulté à ce sujet. Un responsable du club adverse a même lâché qu’il «devrait être habitué». Preuve que, plus de 20 ans après, cette période trouble du Royaume-Uni continue de hanter tous les terrains.

Newsletters

Le football à huis clos? Merci bien mais ce sera sans moi

Le football à huis clos? Merci bien mais ce sera sans moi

[BLOG You Will Never Hate Alone] Regarder un match de foot sans public a autant d'attrait que de suivre la retransmission d'une messe funéraire.

Le catch féminin, ou l'histoire d'une prise de pouvoir

Le catch féminin, ou l'histoire d'une prise de pouvoir

Il aura fallu attendre plus d'un siècle pour que les catcheuses s'imposent sur le ring, et le chemin est encore long pour que la discipline soit réellement inclusive.

La distanciation physique fera-t-elle du roller le sport des années 2020?

La distanciation physique fera-t-elle du roller le sport des années 2020?

La discipline est en train d'opérer un come-back incontestable, qui a sans doute démarré avant même l'irruption du Covid-19.

Newsletters