Santé / Économie

Ce syndrome qui nous pousse à acheter du papier toilette en plein coronavirus

Temps de lecture : 2 min

Les supermarchés se vident et les WC se remplissent: personne ne veut tomber en rade en cas de pandémie.

Les images sur les réseaux sociaux de supermarchés qui se vident contribuent au phénomène. |  Philip Fong / AFP
Les images sur les réseaux sociaux de supermarchés qui se vident contribuent au phénomène. |  Philip Fong / AFP

Alors que l'épidémie de Covid-19 bat son plein, certains produits du quotidien disparaissent progressivement des étagères des magasins, comme le papier toilette.

Pour anticiper d'éventuelles perturbations de l'approvisionnement dues au coronavirus, certain·es sont prêt·es à tout pour posséder un de ces précieux rouleaux. En février dernier, deux hommes ont par exemple été arêtés après avoir braqué un livreur à Hong Kong, afin de lui dérober des centaines de rouleaux de PQ. Rassurez-vous, le butin a été retrouvé depuis.

Alors qu'en France, le même phénomène a été observé pour le riz, les pâtes, l'huile et les produits d'hygiène –dont le papier toilette et les couches pour bébés– la tendance a pris une ampleur inédite en Australie. Sur l'île, qui compte 42 cas confirmés d'infection et un décès, le papier toilette est devenu une denrée prisée, à tel point que Woolworths, numéro un des supermarchés dans le pays, a décidé de limiter l'achat à quatre rouleaux par personne.

Syndrome de FOMO

Sur Twitter, de nombreuses personnes s'étonnent de cet engouement soudain pour un produit qui, contrairement aux masques faciaux et aux désinfectants également très demandés, ne permet pas de se protéger du virus. Bon, en même temps, on peut comprendre. Épidémie ou non, se retrouver coincé dans les toilettes avec une seule feuille à disposition, c'est plutôt angoissant.

Ces achats frénétiques seraient en fait dus à une sorte d'anxiété sociale, explique la BBC. Nous avons là ce que la professeure Nitika Garg de l'université de Nouvelle-Galles du Sud appelle le syndrome de FOMO, l'acronyme de fear of missing out ou «la peur de rater quelque chose». «Les gens pensent que si cette personne en achète [du papier toilette] ou si mon voisin en achète, il doit y avoir une raison et je dois le faire aussi», a-t-elle expliqué.

Ce syndrome, qui nous pousse à suivre le comportement des autres, est notamment alimenté par les multiples images de supermarchés vides ou de cadis remplis de papier toilette sur les réseaux sociaux.

En Australie par exemple, les #toiletpapergate et #toiletpapercrisis ont été parmi les tendances de la journée, remarque le média britannique. Les précieux rouleaux se vendraient également à prix d'or sur le web australien, jusqu'à atteindre parfois la centaine de dollars.

«La femme derrière moi à l'Aldi, vous pouvez vérifier.»

Cette spéculation sur des produits fortement demandés n'est par ailleurs pas propre à l'Australie, ni au papier toilette d'ailleurs. Sur Amazon, l'article numéro 1 des ventes est une boîte de dix masques de protection vendus 99 euros, contre 24,95 euros il y a seulement deux mois, soit une augmentation de 296%. La peur des un·es fait le bonheur des autres.

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