Société

Les éoliennes, un cauchemar à ciel ouvert

Temps de lecture : 2 min

[BLOG You Will Never Hate Alone] Avec leurs têtes de moulins enfarinés qui décourageraient plus d'un Don Quichotte, elles sont laides et repoussantes à en avoir des boutons de fièvre.

On dirait des cotons-tiges dégingandés. | Olive Titus via Flickr
On dirait des cotons-tiges dégingandés. | Olive Titus via Flickr

Quiconque s'est jamais retrouvé nez à nez avec une éolienne plantée là devant lui comme un tourniquet géant ne peut rien savoir de l'effroi qu'elle peut susciter. Un jour, je roulais sur une route de campagne vallonnée en un quelconque coin de France ou d'Amérique. Le temps était à l'orage, le ciel si bas qu'il semblait s'enfoncer dans la terre; au loin, dans la profondeur de la vallée, de longues traînées de pluie griffaient le ciel de leurs sinistres balafres.

C'était la fin de journée, en été.

Le vent s'était levé. Les feuilles tourbillonnaient dans le ciel tourmenté et lugubre. Perdus dans l'immensité des champs alentour, les épouvantails s'agitaient dans tous les sens comme si un démon les possédait. La route était toute en lacets, accidentée et pentue, avec des tournants brusques qui rendaient la conduite périlleuse. Au volant de ma voiture de location, les yeux rivés sur le bitume, je m'appliquais à garder ma trajectoire, concentré comme un jockey au moment de franchir un obstacle, quand soudain, au détour d'un énième virage, figées dans la lourdeur de la terre, immenses et massives, d'une hauteur démesurée, un champ d'éoliennes, les pales toutes vibrionnantes, surgit devant moi dans toute sa blancheur spectrale.

Je manquai de sortir de la route.

C'était une de ces visions d'horreur qui apparaissent parfois dans nos rêves les plus agités et nous font bondir, livides, hors de nos lits. Plantées là comme des vigies démoniaques et rendues totalement hors de contrôle après je ne sais quel accès de rage, comme prises de convulsions, elles ressemblaient à des furies déchaînées qui cherchaient par tous les moyens à s'arracher à la pesanteur terrestre tandis que le grondement des pales produisait un son saccadé et répétitif, un martèlement qui marquait le passage du vent, comme les aiguilles d'une horloge géante dont chaque secousse nous rapprocherait un peu plus de la venue de l'apocalypse.

Je n'en menais pas large; je crois même que je tremblais.

C'était comme si j'étais prisonnier d'un troupeau de créatures hallucinées qui auraient décidé d'en finir avec moi voire même avec le genre humain tout entier, armée de fantassins dédiés au culte d'un dieu particulièrement sanguinaire, une vision d'enfer comme doivent en éprouver des consommateurs de LSD quand, dans le reflux de leur plaisir consommé, ils en viennent à se méfier de leur chat transformé sous leurs yeux en un guépard sanguinaire.

Depuis, quand j'aperçois au loin un de ces rassemblements d'éoliennes qui s'élèvent comme des cotons-tiges dégingandés dans l'infini du ciel, sorte de vieillards séniles aux mains tremblantes, je prends bien soin de les éviter et je prie le dieu d'Israël de me laisser la vie sauve. D'elles, je ne veux rien savoir et je me fous de savoir si elles contribuent à l'amélioration de l'environnement, ce dont je doute. Avec leurs têtes de moulins enfarinés qui décourageraient plus d'un Don Quichotte de s'attaquer à leur mât imprenable, elles sont laides et repoussantes à en avoir des boutons de fièvre.

Elles n'ont pas leur place à la surface de la terre ou alors en des endroits si reculés que personne ne les remarquerait. Au fin fond des océans. Six pieds sous terre. À l'est d'Eden. Loin, très loin de toute activité humaine. Si l'une d'entre elles s'avisait d'élire domicile pas loin de mes fenêtres, je passerais mes journées à l'insulter avant de déménager dans les profondeurs souveraines d'une cave, là où elle ne risquerait pas de venir m'infliger sa rebutante et hautaine présence.

Et si demain elles venaient à coloniser la terre entière, en signe de protestation, je m'en irais me suspendre à l'une de leurs pales, et au premier vent levé, je disparaîtrais à tout jamais dans l'azur du ciel là où personne n'aura jamais idée de bâtir pareilles colonnes de marbre...

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