Culture

On a classé les 22 films du studio Ghibli du moins bon au meilleur

Temps de lecture : 13 min

Les longs-métrages d'animation du célèbre studio japonais fondé par Hayao Miyazaki et Isao Takahata débarquent sur Netflix.

Notre première place se cache parmi ces trois affiches.
Notre première place se cache parmi ces trois affiches.

C'était l'une de ces petites nouvelles qui promettaient d'illuminer notre hiver: le 20 janvier 2020, Netflix annonçait l'arrivée des vingt-et-un films du studio Ghibli sur sa plateforme –à savoir que l'un d'entre eux, Le Tombeau des lucioles, était disponible depuis le 1er décembre 2019.

Pour mieux faire durer le plaisir, ces bijoux de l'animation japonaise n'ont pas été mis en ligne au même moment, mais en trois vagues: sept films le 1er février, sept autres le 1er mars et les derniers le 1er avril. L'occasion pour les néophytes et les fans de redécouvrir les grands chefs-d'œuvres de Hayao Miyazaki (Le Château ambulant, Princesse Mononoké…) ou de son compère Isao Takahata (Pompoko, Souvenirs goutte à goutte), et l'occasion pour nous de se lancer dans un classement des productions du studio Ghibli.

Nous avons décidé d'inclure Le Tombeau des lucioles, qui n'est pas une nouveauté sur Netflix mais fait bel et bien partie des œuvres de Ghibli. Quant à Nausicaä de la vallée du vent, sorti en 1984 et précédant donc la création du studio (1985), il est largement considéré comme l'une des pièces majeures de Miyazaki et de Ghibli; à l'instar de Netflix, qui a choisi de l'ajouter avec le reste des films, nous l'incluons dans ce classement.

22. «Je peux entendre l'océan», Tomomi Mochizuki (1993)

Je peux entendre l'océan, Ocean Waves en anglais, est en réalité un téléfilm –même si le film est disponible en salle lorsqu'il sort aux États-Unis. Il s'agit d'un projet mené par les membres du studio les moins expérimentés, avec un petit budget.

Le résultat final ne souffre que très peu de ce manque de moyens ou de compétences techniques mais n'arrive pas à la cheville des autres productions du studio. On se retrouve avec un drame sentimental très bavard, assez banal et peu audacieux. Heureusement, ça dure moins d'une heure et demie.

21. «Les Contes de Terremer», Gorō Miyazaki (2006)

Les Contes de Terremer avait tout pour être l'un des grands films du studio Ghibli. Première réalisation de Gorō Miyazaki, le film adapte librement la saga d'Ursula K. Le Guin du même nom.

À Terremer, le prince Arren tue son père et quitte son château, avant de se lancer dans une épique quête initiatique. Si l'histoire s'ouvre sur un parricide, le fils de Hayao Miyazaki peine à nous faire oublier le talent de son mentor.

Les Contes de Terremer ne fait que survoler le matériel qu'il comptait exploiter: influencé par les grandes œuvres de fantasy (Le Seigneur des anneaux, pour ne citer qu'elle), le long-métrage se perd dans des arcs subalternes et prête à ses protagonistes des ambitions tièdes et déjà vues. On note tout de même une direction artistique saisissante et quelques plans qui pourraient facilement rivaliser avec les films du haut de cette liste.

20. «Arrietty - Le Petit Monde des chapardeurs», Hiromasa Yonebayashi (2010)

Ici, Hiromasa Yonebayashi reprend un mythe déjà exploité plusieurs fois dans le monde de la littérature et du cinéma jeunesse: celui des petites personnes. Les chapardeurs vivent dans les murs de nos maisons et empruntent, le soir venu, des vivres: un cube de sucre par là, une poignée de sel par ici...

Si Arrietty - Le Petit Monde des chapardeurs s'amuse avec brio des proportions d'un monde minuscule, cet exploit visuel empiète sur la narration, quelque peu décevante.

19. «Souvenirs de Marnie», Hiromasa Yonebayashi (2014)

Il s'agit du dernier film en date des studios Ghibli, sorti en 2014. Souvenirs de Marnie est adapté d'un roman du même nom et suit une jeune adolescente en dépression lors de ses vacances à la campagne. Celle-ci va se lier d'amitié avec Marnie, une fille coincée dans une vieille et grande villa, dont on ne sait trop si elle existe vraiment ou non.

Le film est très beau et chargé d'émotions, mais son intrigue confuse et trop complexe fait de Souvenirs de Marnie une expérience bien moins enchanteresse que les autres récits initiatiques de Ghibli, comme Le Voyage de Chihiro.

18. «La Colline aux coquelicots», Gorō Miyazaki (2011)

Deuxième film de Gorō Miyazaki, le fils de Hayao, La Colline aux coquelicots revient sur le Japon à l'aube des Jeux olympiques de 1964. Une poignée d'étudiant·es s'unissent pour préserver un vieux bâtiment, qui doit être détruit pour créer de nouvelles infrastructures.

Bien qu'intéressant par son contexte historique, le film se perd dans un mélodrame adolescent facile aux enjeux narratifs faibles.

17. «Si tu tends l'oreille», Yoshifumi Kondō (1995)

Si tu tends l'oreille est le premier et seul film de Yoshifumi Kondō. Le réalisateur, que l'on pressentait pour succéder à Miyazaki, décède trois ans après sa sortie d'une rupture d'anévrisme.

Cette animation plutôt sympathique, sur la quête identitaire d'une jeune adolescente passionnée par la littérature, n'est pas l'œuvre la plus passionnante de Ghibli. Néanmoins, elle présente une héroïne complexe et tangible, et analyse avec précision les errances sentimentales et psychologiques de l'adolescence.

16. «Mes voisins les Yamada», Isao Takahata (1999)

Par sa forme comme par son fond, Mes voisins les Yamada est le long-métrage le plus distinct des studios Ghibli. Isao Takahata adapte les mangas éponymes de Hisaichi Ishii, publiés entre 1991 et 1993 dans le quotidien Asahi Shinbun.

Le film est un enchaînement de petites vignettes comiques sur une famille, au style volontairement bien plus simple que le reste des films Ghibli. Si la proposition peut surprendre à première vue, Mes voisins les Yamada dissèque avec précision et sincérité le quotidien d'un foyer, en alternant humour et poésie.

C'est une fresque touchante, pleine d'humanité, sur ce que cela signifie d'être une famille. On regrette seulement son format: une série animée aurait sans doute rendu le visionnage plus plaisant qu'un long film.

15. «Le Royaume des chats», Hiroyuki Morita (2002)

Première réalisation de Hiroyuki Morita au sein du studio, Le Royaume des chats est une aventure un peu bizarre sur le mariage arrangé entre un prince chat et une adolescente humaine.

Plein de bonnes intentions, l'œuvre est malheureusement un peu courte et donc jonchée de facilités scénaristiques. C'est tout de même l'un des films les plus accessibles et les plus tendres du catalogue Ghibli.

Difficile cependant de ne pas imaginer ce que Miyazaki ou Takahata auraient pu faire de ce riche univers –le fameux royaume des chats– sur deux heures.

14. «Souvenirs goutte à goutte», Isao Takahata (1991)

Loin d'être le plus accessible des Ghibli, Souvenirs goutte à goutte est un film plein d'émotions sur le passage à l'âge adulte, l'introspection et la nostalgie de l'enfance. Le long-métrage divague entre la vie de Taeko Okajima en 1982, alors qu'elle s'apprête à passer quelque temps à la campagne, et en 1966, l'année de ses 10 ans.

Le film de Takahata n'a rien de fantastique ou de merveilleux: c'est simplement un joli témoignage sur l'enfance –les premiers béguins, les caprices, les refus, les premières règles– et sur ce que l'on doit laisser derrière nous pour avancer. Il suffit de le regarder un soir où l'on se sent mélancolique pour se laisser emporter par cette proposition étonnante.

13. «Kiki la petite sorcière», Hayao Miyazaki (1989)

Kiki la petite sorcière est, plus encore que Mon voisin Totoro, le film pour enfants emblématique du studio Ghibli. Beaucoup moins chargé en allégories et messages subliminaux, il relate simplement l'émancipation de Kiki, une jeune sorcière de 13 ans.

Visuellement, il ne s'agit pas du plus beau film, mais Kiki la petite sorcière baigne dans une atmosphère douce et bienveillante. Les enjeux narratifs assez faibles, cependant, rendent la dernière partie un brin laborieuse pour les adultes.

12. «Le Conte de la princesse Kaguya», Isao Takahata (2013)

À la manière de Mes voisins les Yamada, réalisé quelques années plus tôt, Isao Takahata décide ici de rompre avec l'animation propre à Ghibli pour un dessin plus épuré et poétique.

Un format qui colle plutôt bien au doux Conte de la princesse Kaguya, superbe mise en images d'une légende folklorique japonaise. La fin risque de vous arracher une larme, bien que le film (2h15) aurait gagné à être plus court.

11. «Pompoko», Isao Takahata (1994)

On n'a pas trouvé plus étrange que Pompoko, sorte de documentaire de fiction animé sur les ratons laveurs de la haute vallée de la Tama, près de Tokyo. En réalité, ce sont des tanuki qui, comme les kitsune, ont une place importante dans la mythologie japonaise.

Dans le film, ces animaux décident d'unir leurs forces pour empêcher la destruction des bois qu'ils occupent. Pour ce faire, ils apprennent à nouveau à se transformer en objets ou en êtres humains, afin d'apeurer les ouvriers sur le chantier. Là encore, on touche à la fibre écolo des studios Ghibli, dont les maîtres-penseurs ont toujours prôné le retour à la nature ou à la campagne.

Ce que l'on n'avait pas prévu, par contre, c'est de voir autant d'organes génitaux se transformer en tapis ou en parachute au fil du long-métrage –étrange et pop, comme un Wes Anderson. On se demande d'ailleurs si Pompoko ne lui a pas inspiré Fantastic Mr. Fox, puisque le réalisateur américain a souvent mentionné l'influence du studio sur son travail.

La scène de la parade, où les tanuki descendent en ville, est l'une des séquences les plus phénoménales des films de ce classement. Seul bémol, le format quasi documentaire, bien que frais et inédit pour Ghibli, limite l'empathie et la caractérisation des protagonistes.

10. «Le Château dans le ciel», Hayao Miyazaki (1986)

Première véritable production du studio Ghibli, Le Château dans le ciel n'est sorti en France qu'en 2003, soit dix-sept ans après sa sortie au Japon, notamment grâce au succès de Chihiro et de Princesse Mononoké.

Une jeune fille se fait poursuivre par des pirates du ciel et un mystérieux clan: tous veulent mettre la main sur la «pierre volante» qu'elle garde autour de son cou. Selon la légende, ce pendentif guiderait qui le souhaite vers Laputa, une île flottant dans le ciel.

Le Château dans le ciel est l'une des créations les plus ambitieuses de Miyazaki, où baignent ses nombreuses obsessions –la cohabitation entre la nature et l'être humain, le danger de la technologie entre de mauvaises mains, l'exploration aérienne.

Contrairement au reste de ses réalisations, ce film un peu long souffre de personnages peu développés et d'une esthétique un peu datée. Il n'en reste pas moins l'une des grandes œuvres du studio, magique et rêveuse.

9. «Le vent se lève», Hayao Miyazaki (2013)

«Le vent se lève, il faut tenter de vivre.» Le dernier film de Hayao Miyazaki (à ce jour, puisqu'il est du genre à changer d'avis tous les ans) est aussi son plus intime. Oubliez les grandes épopées magiques: Le vent se lève, qui tire son titre d'un vers de Paul Valéry, est un biopic librement inspiré de la vie de Jirō Horikoshi, ingénieur japonais en aéronautique durant la Seconde Guerre mondiale.

Ce thème permet à Hayao Miyazaki d'assouvir complètement sa passion pour l'aviation –qui infuse déjà la majeure partie de ses films– tout en dressant une peinture nuancée du Japon en temps de guerre. Le long-métrage est privé de l'émerveillement qui accompagne la plupart des Miyazaki, mais il puise sa force dans son humanité.

8. «Mon voisin Totoro», Hayao Miyazaki (1988)

Rien ne se passe réellement dans Mon voisin Totoro: deux sœurs et leur père déménagent à la campagne pour se rapprocher de la mère, hospitalisée. Près de leur nouvelle maison, les fillettes découvrent Totoro, l'esprit magique de la forêt voisine.

L'intrigue s'arrête là, si ce n'est une vague fugue de la cadette à la fin, et pourtant, Mon voisin Totoro est l'un des films les plus aimés du studio Ghibli. Sans doute car sous son apparence puérile se cache un témoignage émouvant et nostalgique sur les peurs et les traumatismes de l'enfance.

Il s'agit d'un film universel, avec lequel tout le monde peut trouver une résonance particulière, tellement culte que le studio a fait de sa créature son emblème. Tous les films du studio Ghibli ont une âme, celui-ci n'est que ça.

7. «Porco Rosso», Hayao Miyazaki (1992)

Chaque grand cinéaste en a un. Porco Rosso, sorti en 1992 au Japon, est le film sous-estimé de Hayao Miyazaki. Il est loin d'être aussi grandiloquent que certaines de ses fables, ou aussi symbolique que d'autres, mais ce vaudeville aérien a tout d'un succès.

En apparence léger, Porco Rosso raconte les aventures d'un cochon, pilote d'avion réputé, dans l'Italie de l'entre-deux-guerres, permettant à Miyazaki d'étaler tout son amour –et son savoir!– de l'aviation. En réalité, le logn-métrage dénonce à la fois les horreurs de la guerre passée, notamment à l'aide d'une scène onirique merveilleuse, et la montée du fascisme en Italie et ailleurs.

6. «Nausicaä de la vallée du vent», Hayao Miyazaki (1984)

Si vous voulez comprendre les valeurs du studio Ghibli, et plus particulièrement celles qui animent Hayao Miyazaki, il faut regarder Nausicaä de la vallée du vent.

Sorti un an avant la création officielle de Ghibli, c'est une ode à la nature qui, de la même manière que Princesse Mononoké le fera des années plus tard, prône pour une cohabitation entre la faune, la flore et notre civilisation, le tout avec une héroïne indépendante et intrépide –une recette magique que les studios tenteront de recréer bien des fois.

Si ce n'était pour le léger coup de vieux qu'a pris ce film, Nausicaä de la vallée du vent pourrait presque grimper à la tête de ce classement.

5. «Le Tombeau des lucioles», Isao Takahata (1988)

Quelqu'un de votre entourage vous a sans doute prévenu·e: Le Tombeau des lucioles est l'un des films les plus tristes qui soit. C'est à peu près tout ce qu'il faut savoir avant de se lancer: vous allez pleurer.

Le chef-d'œuvre d'Isao Takahata est l'une des créations les plus singulières du studio Ghibli. On y suit l'histoire tragique d'une sœur et d'un frère, livrés à eux-mêmes durant l'été 1945, alors que le Japon subit les bombardements des forces américaines. Un film sur la perte de l'innocence, les plaies ouvertes et le deuil, en plus d'être une grande œuvre historique et poétique.

4. «Ponyo sur la falaise», Hayao Miyazaki (2008)

On ne sait pas vraiment à quoi c'est dû –sa sublime animation en 2D, ses personnages attachants ou sa douce histoire d'amour entre un enfant de 5 ans et un poisson–, mais Ponyo sur la falaise est l'une des plus belles réussites du studio Ghibli.

Ponyo est un poisson magique, qui lorsqu'elle fugue de chez son père (un sorcier sordide) rencontre un petit garçon nommé Sôsuké. Débute alors une romance qui défie les lois de la nature et risque d'anéantir l'humanité –rien que ça.

Malgré cet enjeu sinistre, Ponyo sur la falaise reste une petite pépite d'animation pour les enfants, ou pour les adultes qui auraient besoin d'un brin de douceur dans leur vie.

Le village côtier en proie à une tempête est l'une des plus belles scènes jamais produite par le studio, et la faune marine comme les personnages magiques semblent tout droit sortis d'un rêve dont on espère ne jamais se réveiller. De quoi faire de l'ombre à La Petite Sirène.

3. «Le Voyage de Chihiro», Hayao Miyazaki (2001)

Chihiro, 10 ans, est en route pour une nouvelle vie: ses parents ont décidé de déménager et cherchent le chemin le plus rapide pour accéder à leur maison. Un léger détour par le royaume des esprits, et voilà le couple transformé en porcs par la sorcière Yubaba. La fillette est obligée de travailler pour elle dans ses bains publics pour tenter de retrouver ses parents.

L'œuvre de Miyazaki pourrait presque être scindée en deux: d'un côté des contes épiques comme Princesse Mononoké ou Nausicaä, et de l'autre des œuvres destinées à un public plus jeune. Le Voyage de Chihiro tombe dans cette seconde catégorie.

Avant de s'atteler à la réalisation du film, Hayao Miyazaki passe le plus clair de ses vacances d'été dans un chalet avec sa famille et ses amis, où cinq filles sont présentes. Bien qu'à l'époque, il ait déjà réalisé des longs-métrages pour les enfants (Mon voisin Totoro puis Kiki la petite sorcière), le dessinateur regrette de n'en avoir pas créé un spécifiquement pour les pré-adolescentes.

Le Voyage de Chihiro n'en est pas moins une œuvre riche, à l'imaginaire dense et envoûtant. C'est peut-être, après Le Château ambulant, l'un des longs-métrages les plus magiques du studio, et pour une grande partie des enfants nés dans les années 1990 la porte d'entrée sur le monde de Ghibli.

2. «Le Château ambulant», Hayao Miyazaki (2004)

Libre adaptation du roman de Diana Wynne Jones Le Château de Hurle, Le Château Ambulant raconte la malédiction d'une jeune fille nommée Sophie, soudainement transformée en vieille dame par la sorcière des Landes. Elle s'en va trouver le sorcier Hauru et devient sa femme de ménage, dans l'espoir de briser un jour le sort dont elle est victime.

Du château dont il est question dans le titre, aux nombreux sorts et autres transformations, on peut dire qu'il s'agit sans doute du plus fantastique des films Ghibli.

Miyazaki, comme à son habitude, excelle dans le mélange des genres, infusant une touche de magie dans un monde pourtant proche du nôtre. Une sublime aventure, une grande histoire d'amour, mais aussi un film hanté par les ravages de la guerre et les traumatismes du Japon.

1. «Princesse Mononoké», Hayao Miyazaki (1997)

La première place du classement des films Ghibli est éminemment subjective. Pour les personnes qui les ont découverts tôt, elle pourrait être attribuée à Mon Voisin Totoro. D'autres préféreront sacrer le Voyage de Chihiro, qui rencontra à sa sortie un succès inédit pour un film japonais: 274 millions de dollars de recettes mondiales, un Oscar du meilleur film d'animation et l'Ours d'or du meilleur film.

Mais il y a quelque chose dans Princesse Mononoké qui n'a jamais été égalé par les autres chefs-d'œuvre de Ghibli et Miyazaki. Tous les thèmes si chers au dessinateur y sont présents: la dichotomie entre humanité et animalité, entre le monde civilisé et la nature; la crise environnementale; l'avidité des êtres humains… C'est grâce à son histoire sans limite et sa mythologie incroyable que Princesse Mononoké parvient à nous couper le souffle.

Le film se déroule durant l'ère Muromachi (au XVe siècle) et retrace l'histoire d'Ashitaka, prince de la tribu des Emishi, qui se retrouve maudit après avoir combattu un démon. Il doit alors quitter son village afin de comprendre la cause de la colère de la nature et rencontrer les esprits de la forêt.

Même si elle est loin d'être l'œuvre la plus intime –et intimiste– de Miyazaki, Princesse Mononoké est un conte hybride, une épopée merveilleuse et un grand film de guerre. Comme toujours chez le réalisateur, il n'y a ni gentil, ni méchant: simplement deux partis qui gagnerait à coopérer mais n'y parviennent pas.

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