Santé / Sciences

Les interdictions de voyage sont-elles efficaces contre la propagation du coronavirus?

Temps de lecture : 2 min

Ni oui, ni non, les recherches sur le sujet sont trop lacunaires pour en tirer la moindre conclusion.

Certains voudraient voir les avions cloués au sol, mais cela ne sert pas forcément à grand-chose. | skeeze via Pixabay
Certains voudraient voir les avions cloués au sol, mais cela ne sert pas forcément à grand-chose. | skeeze via Pixabay

Au secours! Une épidémie! Restez chez vous! Fermez les frontières! Clouez les avions au sol! Comme d'autres maladies émergentes avant lui, le coronavirus Covid-19 n'a pas son pareil pour nous stimuler des envies d'isolement et de restrictions de mouvements.

Mais sait-on au moins si des mesures aussi extrêmes que les interdictions de vol en provenance de zones infectées, comme le préconisait le 23 février Marine Le Pen sur RTL, ont un quelconque intérêt?

Nicole A. Errett, Lauren M. Sauer et Lainie Rutkow, chercheuses aux universités de Washington et de Johns Hopkins, ont décortiqué la littérature scientifique sur le sujet et répondent... qu'on n'en sait à peu près rien.

Des lacunes à combler avant la prochaine épidémie

Premier constat de leur étude: les données sur l'efficacité des interdictions de voyager sont bien trop rares pour pouvoir en tirer une quelconque conclusion solide. Le second, c'est que si ce genre de mesures drastiques peut retarder de quelques jours ou semaines l'arrivée d'une maladie infectieuse dans un pays, à long terme, rien ne sert de se leurrer. Comme le nuage de Tchernobyl, les pathogènes trouvent toujours un moyen de traverser les frontières.

En l'espèce, les scientifiques ont passé au peigne fin des milliers d'articles pour isoler ceux qui traitaient directement de l'interdiction de voyage comme moyen d'endiguer la propagation géographique du virus Ebola, du SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère), du MERS (syndrome respiratoire du Moyen-Orient) et du virus Zika. Par contre, elles ne se sont pas fatiguées à dénicher des données sur les virus grippaux (influenza), car ces interdictions ont dans ce cas bel et bien prouvé leur inefficacité.

En fin de compte, les chercheuses se sont retrouvées avec six pauvres études, qui plus est toutes fondées sur des modèles ou des simulations, et non sur des données réelles récoltées lors d'interdictions effectives. En d'autres termes, peut-être pas rien, mais pas loin.

Là où Errett, Sauer et Rutkow sont optimistes, c'est qu'elles espèrent que leur étude contribuera à combler ces lacunes, avec des questions de recherche, des partenariats et des protocoles d'étude établis avant la prochaine épidémie. Histoire que des données empiriques puissent être collectées et analysées le plus vite possible.

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