Monde

Une anti-Greta Thunberg soutenue par un organisme proche de Trump

Temps de lecture : 2 min

Le Heartland Institute met en avant Naomi Seibt, une jeune fille de 19 ans qui remet en question le changement climatique.

Le Heartland Institute se présente comme étant à la fois un think tank et un action tank conservateur américain. | Capture d'écran via YouTube
Le Heartland Institute se présente comme étant à la fois un think tank et un action tank conservateur américain. | Capture d'écran via YouTube

Éloquente et âgée de seulement 19 ans, Naomi Seibt s'est fait connaître sur YouTube, où ses vidéos dénonçant «l'alarmisme climatique» ont été visionnées par des milliers de personnes –plus de 150.000 vues en deux mois pour l'une des dernières en date.

Repérée par le think thank Heartland Institute –qui fait campagne contre le consensus scientifique sur le dérèglement climatique– la jeune Allemande est devenue la figure juvénile anti-Greta Thunberg de cet organisme basé aux États-Unis et proche du cercle de conseillèr·es de Trump, rapporte le Washington Post.

«Greta Thunberg a pris le monde d'assaut avec ses prévisions climatiques apocalyptiques. Naomi Seibt, une étoile montante, plaide pour un discours scientifique approprié sur le changement climatique. Qui vous semble être la plus raisonnable?» peut-on lire dans la légende d'une des vidéos du Heartland Institute.

«Les émissions de CO2 d'origine humaine ont-elles autant d'impact sur le climat? Je pense que c'est ridicule de croire ça», a déclaré la jeune militante citée par le Washington Post, qui lui accorde tout un article. Naomi Seibt appelle à la dédramatisation face au changement climatique et estime que la conscience climatique –fer de lance de Greta Thunberg– n'est rien d'autre qu'une «idéologie manifestement anti-humaine».

Bien que selon le média américain, Naomi Seibt refuse l'étiquette «anti-Greta» car cela suggèrerait qu'elle est elle-même «une marionnette endoctrinée», force est de constater que dans ses vidéos, elle n'hésite pas à reprendre les codes de communication de la Suédoise en détournant ses célèbres phrases.

Elle transforme par exemple le «Je veux que vous paniquiez» que Greta Thunberg avait lancé au Forum économique mondial de Davos il y a un an, en «Je ne veux pas que tu paniques. Je veux que tu penses» dans une de ses vidéos.

Soutenu par un proche de Trump

Le Heartland Institut, financé en grande partie par des dons anonymes, peut également compter sur le soutien de ses membres influent·es, comme le physicien William Happer –l'un des principaux directeurs du Conseil de sécurité nationale des États-Unis entre septembre 2018 et 2019.

William Happer, proche conseiller du président Trump sur le climat et ouvertement climatosceptique, a par exemple déclaré en 2014 que «la diabolisation du dioxyde de carbone est comme la diabolisation des pauvres Juifs sous Hitler», résume un article de Slate.fr publié en mai 2019.

Au cours de son mandat pour l'administration Trump, William Happer a notamment demandé de l'aide au Heartland Institute pour promouvoir ses idées et faire tomber le concept d'urgence climatique, selon un échange de mails recueillis par le Guardian.

Bien que désormais soutenue par un organisme influent aux États-Unis, la jeune Naomi Seibt est encore loin de supplanter Greta Thunberg qui, en à peine deux ans, est devenue l'égérie de la lutte contre le changement climatique à travers le globe.

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