Monde / Culture

États-Unis: le futur des films étrangers passera-t-il par le doublage ou les sous-titres?

Temps de lecture : 2 min

Les nord-américains sont allergiques aux longs-métrages en langue étrangère. Le triomphe de «Parasite» peut-il faire évoluer les mentalités?

Le réalisateur sud-coréen Bong Joon-Ho pose avec ses Oscars, le 9 février 2020. | Valérie Macon / AFP
Le réalisateur sud-coréen Bong Joon-Ho pose avec ses Oscars, le 9 février 2020. | Valérie Macon / AFP

«Quand vous aurez surmonté la barrière d’un centimètre que sont les sous-titres, vous allez découvrir tant de films extraordinaires». C’est de cette manière que Bong Joon-Ho a accueilli en janvier sa victoire pour le Golden Globe du meilleur film en langue étrangère, raillant le dédain américain pour les films étrangers.

Cette barrière, l’Académie des Oscars la franchira allègrement un mois plus tard, en décernant pour la première fois son prix ultime, celui du meilleur film, à Parasite. Une première pour un film tourné dans une autre langue que l’anglais (au grand désarroi de Donald Trump), et une victoire pour les cinéphiles et exploitants qui tentent depuis des années de familiariser le public avec ce format.

Car la réussite d’un film comme Parasite est une anomalie dans un pays encore largement hermétique aux sous-titres. Une anomalie qui a bénéficié d’une coûteuse campagne de marketing, ce qui n’est pas le cas de la plupart des films en langue étrangère qui échouent dans les salles américaines.

Renaissance du doublage

Les sous-titres ne sont pas les seuls à susciter un regain d’intérêt. Le doublage, plutôt associé outre-atlantique aux séries Z et obscurs films de genre, est en pleine renaissance. Notamment grâce à Netflix.

Mieux vaut-il conserver la performance des comédien·nes intacte en rajoutant des sous-titres, ou permettre de mieux se concentrer sur l’image en doublant les voix? Ce débat entre cinéphiles ne sera probablement jamais tranché, mais pour la plateforme aux plus de 160 millions d’abonné·es, le résultat est sans appel: les versions doublées sont plus populaires.

Depuis quelques années, en s'appuyant sur les millions de données collectées chez leurs abonné·es, Netflix augmente ses investissements dans le domaine de 25 à 35% par an. La plateforme pouvait en 2019 doubler en 31 langues, contre 24 deux ans auparavant.

«Avant, ce n’était que films pour enfants qui étaient doublés, maintenant c’est virtuellement tout. Le public le réclame», explique Fabio Nunes, qui supervise les doublages en portugais brésilien.

Aux États-Unis, Netflix a conclu un deal de trois ans avec SAG-AFTRA, un syndicat de comédien·nes d’Hollywood, afin de mettre en place une convention collective sur les conditions de travail des doubleurs et doubleuses. La plate-forme a aussi créé un poste de manageur créatif pour le doublage anglais. Signe qu’elle croit en l’avenir de cette pratique réputée has-been.

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