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Dans les camps de déplacés d'Idleb, des bébés meurent de froid

Temps de lecture : 2 min

En à peine trois mois, près de 500.000 enfants ont dû fuir les combats au nord-ouest de la Syrie.

À cette période de l'année dans la région, les températures plongent parfois sous la barre des -10°C la nuit. | Aaref Watad / AFP
À cette période de l'année dans la région, les températures plongent parfois sous la barre des -10°C la nuit. | Aaref Watad / AFP

Au nord-ouest de la Syrie, un véritable drame humain est en train de se dérouler. Coincés au milieu des bombardements des forces syriennes et de son allié russe, les civils des banlieues d'Idleb et d'Alep, les derniers bastions rebelles luttant contre le régime de Bachar el-Assad, tentent de fuir.

Depuis décembre 2019 et la recrudescence des offensives militaires syriennes, plus de 900.000 personnes ont été déplacées dans cette région, selon le dernier bilan du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA).

Bloqués au nord par la Turquie, qui a fermé sa frontière aux réfugié·es, les civils croupissent dans des camps insalubres, exposés au froid glacial qui frappe la région.

On compterait 500.000 enfants et un grand nombre de femmes dans cette situation. À elles deux, ces catégories représentent près de 80% des personnes récemment déplacées.

Camps surpeuplés ou champs enneigés

À cette période de l'année dans la région, les températures plongent parfois sous la barre des -10°C la nuit, précisément au moment où les civils circulent pour éviter les bombardements. Mais une fois loin des feux, ils ne savent pas où loger et n'ont guère d'autre choix que de s'entasser dans des camps surpeuplés ou de dormir dehors.

D'après l'OCHA, près de 82.000 personnes déplacées dorment actuellement en plein air, sous les arbres ou dans les champs couverts de neige.

Il y a quelques jours, un bébé de cinq mois a été retrouvé mort de froid dans le camp de Kalbeet, près de la frontière syro-turque. Ils seraient plusieurs à mourir dans ces conditions, indique le chef des affaires humanitaires et des secours d'urgence de l'ONU.

Dans les camps de fortune de la région, les familles utilisent tous les moyens à leur disposition pour se réchauffer –quitte à mettre parfois leur vie en danger.

Dans la province d'Idleb, l'une d'entre elles a par exemple déplacé un chauffage au gaz à l'intérieur de sa tente pour endiguer le froid, raconte le média Al Jazeera. Le lendemain matin, les parents ont trouvé leur fille de 12 ans et leur petite-fille de 3 ans mortes, intoxiquées au monoxyde de carbone.

Le pire reste-t-il à venir?

Dans les semaines ou les mois à venir, la situation pourrait être bien pire, avertit le think tank International Crisis Group dans le Figaro, qui rappelle que la région compte toujours près de 3,5 millions d'habitant·es.

Seul 25% du territoire de la zone a été repris par l'armée syrienne, principalement les petites villes en périphérie. La partie la plus densément peuplée de la région, notamment sa capitale Idleb, est toujours aux mains des rebelles. Une offensive syrienne avec l'appui de l'aviation russe dans cette zone pourrait être catastrophique pour la population qui y réside.

Les milliers de civils qui risquent d'être déplacés lors de ces combats viendraient s'ajouter à la longue liste des plus de treize millions de Syrien·nes qui ont été contraint·es de prendre la route depuis le début du conflit en 2011. Si beaucoup ont fui dans les pays voisins, comme la Turquie ou le Liban, plus de six millions de personnes ont été déplacées à l'intérieur même de la Syrie.

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