Égalités / Monde

Une élue américaine propose d'obliger les hommes à subir une vasectomie

Temps de lecture : 2 min

Avec son projet de loi, la Démocrate Rolanda Hollis entend dénoncer la législation interdisant l'avortement en Alabama.

Votée en mai 2019, la loi anti-avortement de l'Alabama est pour l'heure bloquée par la justice américaine. | Patrick Feller via Flickr CC
Votée en mai 2019, la loi anti-avortement de l'Alabama est pour l'heure bloquée par la justice américaine. | Patrick Feller via Flickr CC

Présenté jeudi 13 février à la Chambre des représentants de l'Alabama, le projet de loi de la Démocrate Rolanda Hollis a causé des remous dans cet État connu pour être l'un des plus religieux et conservateur du pays.

La représentante propose d'obliger tous les hommes du territoire à subir une vasectomie à l'âge de 50 ans ou à partir de leur troisième enfant biologique, selon le cas de figure qui se présente en premier. D'après la proposition HB-238, il reviendrait à ces mêmes hommes de supporter le coût de l'opération de stérilisation.

Dans un communiqué obtenu par le média américain ABC News, Rolanda Hollis explique que son projet de loi a un seul objectif: dénoncer la législation –temporairement bloquée– interdisant l'avortement en Alabama.

«Les hommes ne devraient pas légiférer sur ce que les femmes font de leur corps», a précisé la Démocrate, qui estime que quand une femme réfléchit à avorter, elle devrait se tourner vers son médecin plutôt que vers le législateur de son État pour obtenir des conseils –exactement comme un homme choisisant de subir une vasectomie.

Offensive juridique

Après l'arrivée de Donald Trump au pouvoir en 2016, les juges nommés par le président républicain ont donné du baume au cœur aux mouvements anti-avortement dans plusieurs États américains conservateurs, qui souhaitent revenir sur ce droit inscrit dans la loi depuis 1973.

C'est dans ce contexte que l'Alabama, dont 62% des citoyen·nes ont voté pour Trump lors de l'élection présidentielle, a adopté en mai 2019 le projet de loi le plus restrictif des États-Unis sur l'avortement.

Le texte assimile l'interruption volontaire de grossesse à un homicide et prévoit une peine de dix à quatre-vingt-dix-neuf ans de prison pour les médecins qui le pratiqueraient –sauf en cas d'urgence vitale pour la mère ou «d'anomalie létale» du fœtus. Aucune exception n'est prévue en cas de viol ou d'inceste.

La loi, qui devait entrer en vigueur en novembre 2019, a finalement été bloquée par la justice américaine. Pour autant, elle n'a pas été jetée aux oubliettes: son application est simplement suspendue, en attendant un examen de fond du dossier.

À l'instar de la représentante Rolanda Hollis, les militant·es pour le droit à l'avortement aux États-Unis se battent en permanence à travers le pays. Mais les fronts sont multiples: vingt-huit États américains ont introduit plus de 300 nouvelles règles limitant l'accès à l'avortement rien qu'entre janvier et mai 2019, selon l'Institut Guttmacher.

Cette offensive juridique a reçu l'approbation peu dissimulée de Donald Trump, qui a défilé le 24 janvier dernier avec les mouvements anti-avortement lors de la Marche pour la vie à Washington –une première pour un président en exercice.

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