Eglise: pourquoi la France est épargnée par les scandales pédophiles
Le scandale a éclaté plus tôt qu'en Irlande ou en Allemagne et l'Eglise a adopté à temps un arsenal préventif et répressif. Mais elle peut être rattrapée à tout moment.
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Par comparaison avec l'énormité du scandale qui a éclaté dans des pays comme les Etats-Unis, l'Irlande, l'Allemagne ou l'Autriche, la France paraît — provisoirement? — épargnée par les affaires de pédophilie du clergé. Selon la conférence des évêques, on compte actuellement dans l'hexagone une dizaine de prêtres ou de religieux mis en examen pour des faits d'abus sexuels commis sur des mineurs.
C'est encore trop, mais on est loin des chiffres ahurissants enregistrés chez nos voisins. Selon un responsable de la Congrégation vaticane pour la doctrine de la foi, Mgr Charles Scicluna, qui vient de révéler cette statistique, un total de 3.000 accusations a été porté contre des prêtres dans le monde, de 2001 à 2010, pour de tels crimes commis au cours des cinquante dernières années.
Cette relative modestie des abus en France a de quoi étonner. Comme en Irlande ou en Allemagne, l'Eglise a contrôlé des pans entiers de l'éducation des jeunes Français. Si son influence décline, elle possède encore un nombre élevé d'établissements confessionnels, internats ou externats. Jusqu'aux années 1960-1970 — celles qui ont donné lieu aux centaines de délits sexuels révélés seulement aujourd'hui, ce sont des prêtres ou des religieux qui, en majorité, ont assuré l'enseignement dans ses établissements. L'Eglise a aussi une longue tradition de présence et d'action dans les mouvements de jeunesse: patronages, scoutisme, aumôneries, etc. Et pourtant les dénonciations sont moins massives en France qu'en Allemagne ou en Irlande. Faut-il mettre ce fait sur le compte d'une vertu plus grande du clergé français ou d'un moindre militantisme des associations de victimes? Ce serait trop réducteur.
Ouverture
Il faut y voir, d'abord, l'effet d'une «dé-cléricalisation» plus précoce des établissements catholiques. En moins grand nombre qu'autrefois, les prêtres et religieux français ont laissé la place à des catholiques laïcs pour enseigner et pour gérer leurs écoles, collèges et lycées. De même, à part le scoutisme qui reste influent, les mouvements de jeunesse catholiques ont périclité au cours des dernières décennies.
Cette «dé-cléricalisation» a été accélérée par les lois laïques qui régissent le secteur de l'éducation en particulier. Les établissements catholiques sous contrat avec l'Etat sont soumis à des obligations de caractère public. Ce ne sont plus ces espaces clos que connaît encore la toute puissante Eglise d'Irlande qui n'a de comptes à rendre à personne. Les internats en France fonctionnent de manière moins fermée.
Une certaine philosophie cléricale explique aujourd'hui l'extension des scandales liés aux abus sexuels dans un clergé qui s'est cru longtemps impuni. Elle donne l'illusion à l'Eglise qu'elle est au dessus de la justice, de la démocratie et de toute transparence. Cette philosophie a prévalu plus longtemps dans d'autres pays que la France où elle n'est plus possible, compte tenu du système de séparation entre l'Eglise et l'Etat. La laïcité à la française a permis moins d'entorse à la règle publique.
La deuxième raison de la relative faiblesse du nombre de scandales en France s'explique-t-elle par une approche probablement plus saine de la sexualité dans les pays latins? Il est éclairant de noter que ce sont des «pays du Nord» — Irlande, Pays-Bas, Allemagne — qui sont le plus touchés par les affaires de prêtres pédophiles, alors que l'Italie, l'Espagne ou la France défraient moins la chronique.
Tout se passe comme si les abus des années 1950-1970 avaient été cachés par une culture du secret alors propre aux pays du Nord qui, aujourd'hui, vole en éclats sous la pression des associations de victimes. Ces scandales remontent à des périodes où l'on parlait moins librement qu'aujourd'hui de la sexualité. «Des générations entières, explique un sociologue, qui ne trouvaient pas les mots pour exprimer la souffrance des victimes, sont capables aujourd'hui de la dire grâce à l'évolution de la société vers plus de liberté».
L'affaire Bissey-Pican
En France, il n'y a pourtant pas de quoi pavoiser. L'Eglise n'a pas été complètement épargnée par le scandale. On peut même dire qu'elle a été touchée plus tôt que ses voisines et que les mesures qu'elle a su prendre précocement expliquent aussi la relative discrétion d'aujourd'hui. La première affaire, fortement médiatisée, remonte à l'année 1996 quand avaient été révélés les agissements de l'abbé René Bissey, prêtre du diocèse de Bayeux, accusé d'un viol et de plusieurs agressions sexuelles sur des mineurs.
Elle avait connu un rebondissement spectaculaire avec la mise en examen de son supérieur hiérarchique, un évêque, Mgr Pierre Pican, pour «non-dénonciation de crimes et d'atteintes sexuelles». La preuve avait été apportée que cet évêque avait eu connaissance d'une partie des faits reprochés à l'abbé Bissey sans les signaler à la justice. Il en avait été informé par son propre collaborateur, un vicaire général, qui avait reçu les confidences de la mère d'une des jeunes victimes.
En octobre 2000, l'abbé Bissey a été condamné à dix-huit ans de réclusion criminelle par la cour d'Assises du Calvados. Le procès de son évêque s'est tenu quelques mois plus tard, en juin 2001, au tribunal correctionnel de Caen. L'homme d'Eglise a bâti sa défense sur l'«option de conscience» qui s'attache au secret professionnel reconnu aux ministres du culte (secret de la confession). Mais le jugement n'a pas retenu cet argument: Mgr Pican avait couvert d'autres faits concernant d'autres victimes que celle qui s'était confiée à son collaborateur. Il a donc été condamné à trois mois de prison avec sursis. Ce qui avait provoqué la colère de son avocat: «C'est la première fois qu'un évêque est condamné depuis la Révolution française!».
Du côté des victimes, on pensait au contraire que cette condamnation allait permettre une prise de conscience pour que l'Eglise ne couvre plus jamais ce type de délits et de crimes. L'évêque n'a d'ailleurs pas fait appel de sa condamnation. Il a également refusé de donner sa démission.
Arsenal de référence
Cette affaire Bissey-Pican a conduit les évêques de France à se munir, plus tôt que dans les pays voisins, d'un arsenal préventif et répressif visant les prêtres pédophiles. Dès le mois de novembre 2000, dans le cadre de l'assemblée plénière de Lourdes, ils ont adopté une déclaration qui leur sert encore aujourd'hui de référence: «Les prêtres qui se sont rendus coupables d'actes à caractère pédophile doivent répondre de ces actes devant la justice. Ils doivent réparer le mal qu'ils ont fait et porter le poids de la peine infligée par l'Eglise et par la société». Le rôle de l'évêque dans ces affaires impliquant des prêtres est lui aussi nettement défini: «Il ne peut ni ne veut rester passif, encore moins couvrir des actes délictueux».
Autrement dit, l'évêque ne peut plus garder le silence, ni se contenter de muter simplement un prêtre soupçonné ou convaincu de pédophilie. Il doit le dénoncer, «signaler» son cas à la justice, comme le prévoit la loi pour tout éducateur qui se livre à de tels méfaits.
L'Eglise de France a également publié en avril 2002 une sorte de feuille de route à l'usage de ses éducateurs et des familles, intitulé «Lutter contre la pédophilie», rédigé par des théologiens, des psychologues et des hommes de loi, pour les aider à détecter les comportements pédophiles. C'est un outil précieux car, dans ce type d'affaire, la structure psychique de la personnalité est en cause autant que l'identité sacerdotale.
«Tolérance zéro»
Il n'est pas facile de réunir les éléments suffisants et sûrs permettant de savoir si un éducateur, prêtre ou non, a effectivement commis des actes de caractère répréhensible. Mais cette difficulté ne doit pas être un prétexte pour céder à la culture du secret, de la dénégation, du repli sur les reflexes d'autodéfense institutionnels.
Eclaboussée par l'affaire Bissey-Pican, la hiérarchie catholique en France n'ignore pas qu'elle peut encore être rattrapée, à tout moment, par d'autres dénonciations de délinquance ou crimes sexuels commis par ses prêtres. Mais elle a conscience d'avoir pris à temps des mesures de transparence, de «tolérance zéro» et de collaboration avec la justice civile. Elle souffre du discrédit qui frappe aujourd'hui toute l'Eglise devant le caractère massif des révélations aux Etats-Unis, en Irlande, en Allemagne, en Autriche. «C'est une vraie souffrance, dit un évêque interrogé par Slate.fr, de savoir que des enfants sont démolis par des prêtres que l'on appelle «Pères». Mais il faut accepter de payer pour les fautes commises par notre corporation».
Aussi comprend-on mieux le double objectif fixé par les responsables catholiques en France: d'une part, prendre en compte en priorité les victimes, c'est-à-dire les écouter et les aider à se reconstruire; d'autre part, presser le coupable de se dénoncer et la victime à porter plainte. Signe des temps: on a vu un évêque accompagner l'un de ses prêtres dans le bureau du procureur!
Henri Tincq
A lire sur le même sujet et du même auteur: La tolérance zéro selon Benoît XVI, Le pape peut-il se faire mettre à la porte? et la Curée sur les prêtres catholiques
Photo: procession à Lourdes, en septembre 2008, lors de la visite papale. REUTERS/Jean-PhilippeArles
Mis à jour le 19/03/2010 à 15h27













































Que ce soit par un prêtre ou par qui que ce soit, un cas de pédophilie est inadmissible ! Nous sommes d'accord.
Ce qui me gêne plus, c'est l'importance que l'on donne à ces cas de pédophilie commis par des prêtres, on voudrait nous faire croire qu'ils sont légions, des cas à la pelle , presque !
J'aimerais être sûr que vos lecteurs lisent entièrement l'article de La Croix que vous mettez en lien à propos des statistiques de Scicluna:
- Saisie de 3000 cas entre 2001 et 2010 pour des faits s'étalant sur 50 ans
- 3000 cas sur un ensemble de 400 000 religieux tout effectifs confondus, sur 50 ans
- soit moins de 1 % (si mon estimation est juste) de brebis galeuses, en 50 ans
- soit donc - de 4000 cas de prêtres ayant commis des actes scandaleux en 50 ans... Me trompe-je ?
Il s'agit donc de relativiser tout de même le problème , non ? La tentation ne serait-elle pas trop grande de tirer sur l'Eglise de France ou d'ailleurs dès que possible ?
cordialement,
Vous touchez là, mon cher Corto, à la différence entre un fait et une statistique.
Je pense qu'il est tout à fait normal que le public s'alarme quand, tout à coup, sont révélés des comportements criminels qui jusque là ont été cachés, et aucune statistique ne sera en mesure de calmer une indignation bien naturelle.
En revanche il est d'autres questions qu'on pourrait se poser.
Pourquoi ce besoin compulsif de s'attaquer sans cesse à l'Eglise catholique ?
Pourquoi ne parler d'elle qu'en négatif et ne jamais s'intéresser à ce qu'elle apporte de positif au monde ?
Pourquoi ce silence assourdissant sur les profanations d'églises (184 en 2009 sur 95% du territoire français, 24 lieux profanés depuis le 1er janvier) alors que tous les médias montent au créneau, à juste titre pour une mosquée ou une synagogue profanées ?
Très cordialement
... encore que peut-être pas sur ce sujet ?
Il faut arrêter avec la récurrence de la théorie fumeuse de la ligne Maginot, les nuages radioactifs de Tchernobyl et maintenant la pédophilie au sein du clergé qui s'arrêterait à nos frontières !
Le changement opportun de règles officielles de l'Eglise de France n'a pas effacé ce qui s'est passé il y a plusieurs décennies et continue encore, dans une mesure que l'on espère nettement moindre (mais l'on ne pourra sans doute jamais empêcher complètement ces comportements déviants, dans quelque institution humaine que ce soit).
La différence avec les Etats-Unis et l'Irlande, c'est que nous n'avons pas d'associations qui soient capables d'aider et d'épauler les victimes dans le processus douloureux et déchirant de révélation de ce qu'elle ont vécu, moins encore dans les procédures judiciaires où elles sont confrontées à des tirs de barrage et d'influences diverses, d'autant plus difficile à vivre qu'elles sont "par nature" dans une position où leur agresseur est plus crédible qu'elles...
Ceux qui s'y investissent sporadiquément se laissent parfois emporter par un combat qui n'est pas le leur (perdant ainsi en crédibilité) ou s'épuisent tant la tâche est immense et faute de soutien suffisant, les croyants et les athés étant également incrédules face à de tels agissants que l'on voudrait croire impossibles, tandis que même d'autres victimes ou ceux qui sont convaincus tendent à conseiller plutôt de tourner la page et de s'investir dans un avenir à reconstruire.
Mais la question est comment construire quand on a été miné à la base de la vie (il n'est pas de vie épanouie sans confiance et comment faire confiance dans ces cas là ?) et pourquoi refuse-t-on encore en France , collectivement, d'ouvrir les yeux et d'accepter que l'on n'est pas d'une race supérieure qui a su éviter les désordres et désastres personnels que connaissent nos voisins et frères humains ?
Quand accepterons nous de voir la réalité en face et d'ouvrir les yeux, pour cesser de protéger ceux qui n'ont pas droit à l'impunité, en tout cas pas pour l'éternité ?
Car le mensonge et la manipulation s'enkystent et perpétuent de lourds tribus, qu'il faudra porter au crépuscule d'une vie et qui se transmettent de génération en génération. Or, notre responsabilité à tous est de contribuer à permettre que ça s'arrête. Continuer de fermer les yeux et défendre l'indéfendable, c'est entretenir la toute-puissance des auteurs enfermés dans leur perversion. Aidons-les plutôt à en sortir en les acculant à faire la lumière et dévoiler la vérité, les victimes n'en demanderont pas plus...
Cdt,
On s'étonne devant la réaction du publique confronté par la triste histoire des prêtres pédophiles.
Mais ne serait-on pas choqué autant par l'histoire d'un juge accusé de larcin? Ou d'un professeur accusé de pédophilie? Ou d'un haut cadre militaire accusé de trafique d'armes? Naturellement oui. Ça serait choquant est inacceptable.
Car non seulement ils auraient commis un crime. Ils auraient en outre abusé la position privilégié que la société leur aurait confiée.
Un prêtre se voit chargé, entre autres, de l'instruction des jeunes. Au delà de ce rôle sociétaire il prétend en outre, par conviction on espère, être chargé d'une mission de dieu.
C'est pourquoi même un seul cas de pédophilie chez les prêtres est particulièrement choquant. Un prêtre pédophile aurait invoqué toute l'autorité de son dieu auprès des jeunes pour commettre ses crimes.
Henri Tincq, que se révèle grand apologiste de l'église catholique, prétend que la France laïque maitrise le problème mieux que les '«pays du Nord» — Irlande (!), Pays-Bas, Allemagne'.
Peut-être. C'est déjà ça.
Mais il glisse sur le phénomène déjà évoqué sur Slate.fr qu'il s'agit d'un problème que l'église catholique rencontre bien plus souvent que les églises protestantes du nord ou ailleurs. Pourtant ces églises-là jouent aussi souvent que l'église catholique un rôle qui place leurs représentants en contact avec les jeunes.
La bêtise du célibat, que seule l'église catholique impose sur ses représentants, est sûrement à l'origine de ce triste constat.
Les statistiques le montrent.
Sous entendriez vous que si l'Eglise catholique donnait aux prêtres la possibilité de se marrier, il n'y aurait plus de cas de pédophilie en son sein ? Je suppose que non. Dans le cas contraire, ce serait de votre part une grosse bêtise !
cordialement,
Vous avez raison. Je ne suppose pas que la non-imposition du célibat aux prêtres catholiques résoudrait en totalité le problème de pédophilie parmi eux.
Je constate seulement qu'il est plus fréquent chez eux que chez leurs confrères ailleurs.
Vous pouvez vous rassurer. Je suis moins bête que je n'en ai l'air parfois!
Les pédophiles que l’église de France abritaient étaient protégés par le corps social.
En France on préfère protéger les institutions contre les individus. De la même manière, l’armée a du mal à s’exprimer sur la torture, les essais nucléaires à ciel ouvert etc La France a du mal à s’interroger sur son histoire, son passé colonial… La société est plus importante que l’ individu , la vérité et même la justice. Dans l’éditorial, l’auteur s’interroge sur le caractère plus sain de la sexualité dans les pays latins. Elle aurait protégé, l’église mais la réalité est à l’opposé. c’est le peu de poids de la responsabilité individuelle et de l’ éthique individuelle face à l’identité sociale qui protège l’individu de ses propres responsabilités. En l’occurrence ici c’est l’ appartenance à l’ église. Je vous invite à relire « l’ éthique protestante et l’esprit du capitalisme » de Max Weber. Dans le monde anglo-saxon la responsabilité individuelle ne peut se cacher derrière l’institution. Une institution ne saurait être mise en cause par les agissements de l’un de ses membres d’où le scandale quand une institution protègent des prédateurs pédophiles ou autres. La religion catholique dans son « universalité » côtoie les 2 modes de pensée et se trouve au prise à ces deux logiques contradictoires. Malheureusement pour elle, l’esprit de liberté et de responsabilité individuelle l’emporte aujourd’hui d’où son adaptation et cette volonté de « transparence ». En France les derniers épisodes médiatiques montrent la confusion qui règne au niveau de la sexualité, qui pour le coup ne sont « probablement » pas sains du tout. On amalgame de façon totalement incohérente homosexualité et pédophilie pour condamner les premiers et pardonner au second sous l’erreur de jeunesse ? Un viol ? Mais qui n’a pas péché ? Le droitdelhommisme en France s’affranchit du droit des enfants et ceci la main sur le cœur. Les médias saluent les héros d’outreau (avec raison) en disant « plus jamais ça » alors qu’au même moment les disparus de l’Yonne n’ont amené qu’une compassion du bout des lèvres. Elles ont le tort d’avoir disparues et le tort de mettre en évidence un mépris total de leur sort par le corps social et les institutions. Il n’y a rien à voir. A côté des héros d’Outreau il y aurait la place pour les 8 à 10 disparues de l’Yonne, du gendarme Jambert (Une victime héroïque oubliée de tous) et pour l’association qui a luttée pour faire éclater ce scandale. J’aimerai entendre aussi sur ce sujet « Plus jamais ça » mais nous sommes dans le même déni social au nom de l’ordre public, alors que celui-ci a besoin de justice. La famille est bien sûr elle aussi soumise à la question. L’inceste poison toujours présent au sein de cette institution est loin d’être combattu avec l’énergie nécessaire. Là encore la protection de la cellule familiale passe avant la protection des enfants, nous avons encore du retard sur les pays anglo-saxons.
Henri Tincq n'a pas connaissance des abus sexuels et des scandales qui ont secoué des établissements scolaires marseillais dans les annees 80 et 90. Principalement à Lacordaire.
La statistique de 1% est à la fois suffisamment grave mais elle est largement sous-estimé par le fait qu'on estime à moins de 5% les actes de pédophilies dénoncés. Ce qui importe c'est la réaction de l'église aujourd'hui qui me paraît efficace contrairement au reste de la société beaucoup plus favorable à l'omerta. L'église ne saurait-être une victime expiatoire. L'inceste, les mariages arrangés (je n'ai pas écrit consommé) dés l'âge de 9 ans, les enfants Roms en vente à la vue de tous aux abords des gares. Voilà les fléaux à combattre non pas au bout du monde mais chez nous. Et la dissolution de l'église ne résoudrait pas ces problèmes. L'église souffre de son organisation centralisée et de l'infaillibilité du pape difficile à défendre . L'église devra s'adapter sous peine de s'enferrer dans ses contradictions au profit de religions plus souples, plus pragmatiques mais plus sectaires.
"qu'on estime à moins de 5% les actes de pédophilies dénoncés. " Qui sont ce " on " et d'ou sortez vous ce " moins de 5% " ?
Pour le reste, je ne peux qu'approuver votre commentaire.
Bien cordialement,
J'ai fait ce commentaire de mémoire. J'ai donc parcouru le Net et je suis en dessous de la vérité!
Exemple:
http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/chiffres-scientifiques-sur-les-50780
Autre exemple parmi des dizaines d'articles : sondage AIVI.org
Parcourez le Net vous verrez qu'on est bien en dessous de 5% d'actes pédophiles déclarés.
Le Canada a fait des études plus poussées etc etc
Cordialement.
...mais c'est pire encore. Ce n'est pas tellement que les institutions veulent se protéger mais plutôt qu'elles pensent que ce faire est mieux pour nous.
C'était mieux pour nous que la vérité sur Tchernobyl ne soit pas avoué aux Français. C'était mieux pour nous, selon Sartre, que la vérité sur le Goulag ne soit pas révélé aux ouvriers de Billancourt, C'était mieux pour nous que la vérité sur la colonialisme, les guerres en Indo-chine et en Algérie ne soit pas avérée, Et ainsi de suite.
La scandale de la pédophilie chez des prêtres catholiques a été étouffée parce que c'était mieux pour nous, pour la religion, pour le christ ainsi.
Si le 21e siècle va se distinguer un jour du 20e (il mets du temps à le faire) ça sera parce que finalement on aurait compris que l'homme éduqué et libre n'a pas besoin qu'on pense pour lui.
Les institutions n'ont pas compris cela - et ne veulent pas le comprendre non plus. Que feraient-elles de leur temps sinon?
je suis effaré de certains commentaires.
Après tout, 1% de pédophiles: on ne va pas remettre en cause une sainte institution (et pas inquisition) comme la grande église catholique.
Et 1% de pédophiles dans une population, celà signifie seulement que, puisqu'en France il y a environ 18 millions d'hommes entre 20 & 65 ans, celà fait 180.000 pédophiles actifs.
Dans ma PME où il y a environ 200 personnes, j'ai donc 1 pédophile actif, que je vais devoir dénoncer dès demain.
On peut en conclure que certains ont mal interprété l'Evangile de Marc 10 13-16 : Laissez venir à moi les petits enfants ...
Plus sérieusement, on voit de part le monde que tous les groupes religieux (y compris l'église catholique) qui sont en perte de vitesse ont tendance à camper sur des positions de plus en plus conservatrices pour garder leur noyau dur; Et celà passe bien sur par une dénonciation de la sexualité, qui comme on le sait bien est le mal de toutes les sociétés.
Tant mieux pour cette fois, car le pape juge très sévérement les débordements des églises du Nord Europe.
Cordialement,
thomas