Société

Face au visionnage de films pornos en plein vol, United Airlines réplique

Temps de lecture : 2 min

La compagnie aérienne américaine est également confrontée à des cas de harcèlement sexuel dans ses avions.

Le nombre de personnes visionnant de la pornographie pendant les vols aurait grimpé en flèche. | Daniel Slim / AFP
Le nombre de personnes visionnant de la pornographie pendant les vols aurait grimpé en flèche. | Daniel Slim / AFP

Après avoir été interpellée par une organisation à but non lucratif pour ne pas prendre assez au sérieux les problèmes de visionnage de films porno et de harcèlement sexuel à bord de ses avions, la compagnie aérienne américaine United Airlines a décidé de réagir.

En 2019, le National Center on Sexual Exploitation (NCOSE) avait en effet placé United Airlines dans sa «dirty dozen liste», qui répertorie des sociétés américaines facilitant, par leurs actions ou leur non action, l'exploitation sexuelle.

Formation

Deux problèmes ont été pointés du doigt chez cette compagnie aérienne, qui est l'une des plus importantes au monde: d'un côté, le nombre de passagèr·es visionnant de la pornographie hardcore sur leur appareil personnel pendant les vols aurait «grimpé en flèche» ces dernières années, rapporte l'organisation à but non lucratif citée par CBN News; de l'autre, le personnel de la compagnie semble être mal préparé à gérer ce genre de comportement.

«Les équipages de United Airlines ont apparemment reçu une formation inefficace en raison d'échecs constants dans la lutte contre les actes de harcèlement sexuel, le discours ou l'utilisation de pornographie», écrit NCOSE sur son site.

En 2018, CNN avait également recueilli le témoignage d'une hôtesse de l'air de cette même compagnie qui affirmait n'avoir «jamais pris part à une conversation ou une formation sur la manière de gérer le harcèlement sexuel» en vingt-deux ans de carrière.

En réaction à ces allégations, la compagnie a annoncé dans un communiqué avoir lancé en janvier 2020 une nouvelle formation pour tous ses agents de bord, afin de leur apprendre à faire face à tout type de cas de harcèlement sexuel, notamment sur les différentes façons d'appréhender les passagers qui visionnent des contenus pornographiques. Après l'adoption de cette mesure, NCOSE a sorti United Airlines de sa «dirty dozen list».

Augmentation des harcèlements sexuels en avion

Cette nouvelle formation arrive également dans un contexte tendu pour la compagnie américaine. En ce début d'année, elle a versé 321.000 dollars (295.000 euros) d'arriérés de salaire et de dommages-intérêts compensatoires à une de ses hôtesses de l'air, victime de harcèlement sexuel.

Il a été reproché à la compagnie de ne pas avoir protégé cette femme d'un des pilotes, qui avait publié des photos et des vidéos d'elle nue sur internet. L'hôtesse de l'air avait à plusieurs reprises informé sa hiérarchie de ces agissements.

Les cas d'agressions sexuelles à bord des vols de compagnies aériennes commerciales serait également un fléau en plein essor, selon CNN. Le média américain rapporte que le FBI a constaté une augmentation des agressions sexuelles en vol de 66% entre l'exercice 2014 et 2017. Ces délits se produisent en majeure partie lors de vols de nuit de plus de trois heures.

On est désormais loin du temps où Michael O'Leary, le patron de Ryanair, avait imaginé proposer un service de streaming porno pendant les vols.

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