Monde

Des sites sacrés amérindiens détruits à l'explosif pour construire le mur de Trump

Temps de lecture : 2 min

À coup de dynamite, le président des États-Unis passe outre les protections spéciales qui protègent la réserve de l'Organ Pipe Cactus National Monument dans l’Arizona.

L'ancienne frontière de la réserve naturelle n'était pas en béton. Photo prise le 16 février 2017. | Jim Watson / AFP
L'ancienne frontière de la réserve naturelle n'était pas en béton. Photo prise le 16 février 2017. | Jim Watson / AFP

Située au sud de l'Arizona, dans une zone limitrophe avec le Mexique, l'Organ Pipe cactus national monument est une réserve naturelle reconnue par l'Unesco, qui abrite des espèces rares, une biosphère unique et des sites sacrés pour les tribus amérindiennes de la région.

Cette semaine, les équipes de construction du mur de Trump ont commencé à dynamiter plusieurs de ces sites, dont des lieux de sépulture de la tribu Tohono O'odham.

Destruction de terres sacrées

Autorisées par le ministère de la Défense, ces explosions servent à préparer le terrain pour ériger le mur frontalier avec le Mexique, qui traversera sur près de 70 kilomètres le parc national. «Le dynamitage contrôlé est ciblé et continuera par intermittence le reste du mois», a déclaré un porte-parole des douanes et de la protection des frontières des États-Unis au Washington Post.

La partie en cours de nettoyage à l'intérieur du parc d'Organ Pipe, appelée Monument Hill, est un lieu sacré pour le peuple O'odham, les Amérindien·nes présent·es sur ces terres bien avant l'arrivée des conquistadors.

«L'endroit où ils dynamitaient l'autre jour sur Monument Hill est le lieu de repos des guerriers apaches qui avaient été impliqués dans la bataille avec les O'odham. Et puis, le peuple O'odham, d'une manière respectueuse, a déposé [les corps] à Monument Hill», a déclaré dans une vidéo le membre du Congrès Raúl Grijalva, président du comité de la Chambre des ressources naturelles, dont le district contient la réserve.

Avant le début des travaux, une équipe d'archéologues avait découvert sur ces lieux des fragments d'os et des artefacts vieux de 10.000 ans, rapporte CBS News.

Le national park service, chargé de gérer les parcs et monuments nationaux, avait également signalé dans une note interne que plusieurs sites historiques étaient menacés par le projet de construction. L'agence indiquait alors que le mur détruirait jusqu'à vingt-deux sites archéologiques à l'intérieur d'Organ Pipe.

Contournement des protections spéciales

Pour la construction en Arizona, Trump bénéficie d'une abondance de terres publiques où il lui est possible d'ériger son mur –contrairement au Texas, autre État traversé par le mur, où les travaux prennent du retard en raison de la présence de nombreux terrains privés.

Le Monument Hill jouxte des terres privées, mais il est situé sur des terres publiques, ce qui le rend vulnérable aux projets de construction.

Bien que la réserve de biosphère et les sites amérindiens bénéficient de protections spéciales, l'administration Trump contourne le problème grâce au REAL ID acte de 2005, qui permet au gouvernement fédéral de passer outre certaines lois dans l'intérêt de la sécurité nationale.

Selon Raúl Grijalva, seize des vingt-et-unes dernières utilisations de cette dérogation depuis 2005 ont été effectuées au cours des deux dernières années et demie, sous l'administration Trump donc.

C'est loin d'être la première fois que l'actuel président des États-Unis fait fi des préoccupations environnementales et tribales afin de réaliser sa promesse de campagne de 2016 ou pour autoriser de nouvelles exploitations.

Dernier exemple en date, le 6 février Trump a autorisé l'exploitation minière et le forage dans des sites naturels de Grand Staircase-Escalante et de Bears Ears, au sud de l'Utah.

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