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Trump autorise l'exploitation minière et le forage dans les sites naturels de l'Utah

Temps de lecture : 2 min

Des groupes de protection de l'environnement et des nations tribales amérindiennes contestent la constitutionnalité de cette décision.

Vue du monument national de Grand Staircase-Escalante, dans l'Utah, aux États-Unis, le 10 mai 2017. | George Frey / Getty Images North America / AFP
Vue du monument national de Grand Staircase-Escalante, dans l'Utah, aux États-Unis, le 10 mai 2017. | George Frey / Getty Images North America / AFP

En dehors des mormons, l'Utah est réputé pour ses paysages: les sites de Grand Staircase-Escalante et de Bears Ears, au sud de l'État, classés monuments nationaux, étaient jusqu'à présent des zones protégées. Or en avril 2017, le président américain Donald Trump signait un ordre exécutif visant à réviser le statut des monuments nationaux de plus de 40.000 hectares classés au cours des vingt dernières années.

Ce jeudi, l'administration Trump a ouvert le Grand Staircase-Escalante et Bears Ears à l'exploitation minière et au forage.

Déclassement des zones protégées

Le premier a vu la taille de sa zone protégée être réduite de près de la moitié, quand le second a perdu 85%, ce qui constitue la plus grande élimination d'une surface protégée de l'histoire des États-Unis.

Ce plan très controversé avait fait l'objet de poursuites légales, déposées par des groupes de conservation, des paléontologues et des nations tribales amérindiennes, qui contestent la constitutionnalité de ces actions.

«C'est le comble de l'arrogance pour Trump de se précipiter vers des décisions définitives sur ce qui reste de Bears Ears et de Grand Staircase-Escalante pendant que nous combattons son éviscération illégale de ces monuments nationaux devant les tribunaux», a déclaré Randi Spivak, le directeur des terres publiques du Centre pour la diversité biologique.

«Trump sape les protections vitales de ces paysages spectaculaires. Nous n'aurons pas de repos tant que toutes ces terres publiques ne seront pas sauvegardées pour les générations futures», a-t-il ajouté.

C'est Bill Clinton qui avait désigné en 1996 la zone du Grand Staircase-Escalante, avec ses canyons, ses falaises, ses cascades, ses arches et ses fossiles de dinosaures, comme un monument national. En 2016, c'était au tour de Barack Obama de nommer Bears Ears, dont les terres sont considérées comme sacrées par les tribus autochtones.

Des recherches sur la crise climatique aux réserves de charbon

Pour Sarah Bauman, la directrice exécutive du Grand Staircase-Escalante Partners, le monument, en plus d'être un important foyer de recherches paléontologiques, est aussi essentiel au regard de la recherche sur la crise climatique: «En raison de son isolement physique et des zones à impact humain minimal, tout comme de son énorme diversité écologique, il offre à l'humanité de rares opportunités pour des études comparatives uniques sur le changement climatique.»

Depuis l'annonce faite par Donald Trump en 2017, les terres de ces monuments nationaux ont suscité peu d'intérêt du côté des sociétés énergétiques. Casey Hammond, le secrétaire adjoint pour la gestion des terres et des minéraux au département américain de l'Intérieur, a assuré que les zones soustraites resteraient sous contrôle fédéral, et seraient soumises à des réglementations environnementales.

Toutefois, une analyse économique produite par le gouvernement américain a estimé qu'une grande réserve de charbon, située dans les terres désormais non-protégées du Grand-Staircase, pourrait générer 208 millions de dollars (soit 190 millions d'euros) de revenus annuels, et 16,6 millions de dollars (15,2 millions d'euros) de redevances. À Bears Ears, c'est de l'uranium que l'on retrouve sur les terres supprimées.

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