Sciences / Monde

Les excréments des hippopotames de Pablo Escobar ravagent l'écosystème

Temps de lecture : 2 min

Les lacs du nord de la Colombie, proches de l'ancien zoo du trafiquant de drogue, sont bouleversés par la prolifération de ces mammifères.

Il y aurait désormais entre 65 et 80 hippopotames au nord de la Colombie. | Joaquin Sarmiento / AFP
Il y aurait désormais entre 65 et 80 hippopotames au nord de la Colombie. | Joaquin Sarmiento / AFP

À sa mort en 1993, Pablo Escobar, le célèbre baron de la drogue colombien, a laissé derrière lui des cartels armés jusqu'aux dents, un marché de cocaïne soigneusement organisé et quatre hippopotames. Si les deux premiers héritages sont à l'origine de nombreux décès dans le pays sud-américain, les imposants mammifères sont également des fauteurs de troubles.

Alors qu'il régnait en maître sur le puissant cartel de Medellín à la fin des années 1970, Escobar s'est offert une luxueuse demeure de 3.000 hectares, la Hacienda Nápoles, qui comportait son propre zoo privé. Passionné d'animaux exotiques, il en importa plus de 2.000, dont des lions, des girafes, des zèbres et des hippopotames.

Une fois le bandit hors d'état de nuire, les hippopotames se sont retrouvés seuls au beau milieu du domaine, tandis que les autres espèces ont été transportées ailleurs. Et ces gros mammifères s'y sont visiblement plu. Peut-être trop.

Originaires d'Afrique, les quatre hippopotames –un mâle et trois femelles– se sont parfaitement adaptés au climat humide du nord de la Colombie et leur population a rapidement augmenté. Alors qu'ils étaient seulement 16 en 2007, ils seraient aujourd'hui entre 65 et 80 à se promener aux alentours de la villa, d'après Forbes.

D'importants dégâts

Ces quelques hippopotames ont apparemment un point commun avec le trafiquant: là où ils passent, ils causent des dégâts. Pesant 1,5 tonne en moyenne, ces animaux passent leur temps à manger –jusqu'à 70 ou 80 kilos par tête–, à se reposer dans l'eau et, assez régulièrement, à faire leurs besoins.

Problème: leurs excréments ont un impact important sur l'écosystème, selon une étude de l'Université de Californie à San Diego. Pour en arriver à cette conclusion, l'équipe de recherche a comparé la qualité de l'eau, les niveaux d'oxygène et les populations microbiennes des lacs de la région avec et sans hippopotames.

Les lacs où les mammifères ont pris leurs aises sont complètement chamboulés par la présence d'importantes quantités d'excréments. Ces derniers agissent comme un engrais pour les bactéries et les algues dans les lacs, dont la prolifération draine tout l'oxygène de l'eau et empêche la lumière du soleil d'atteindre des couches plus profondes, explique Forbes. Une grande part des organismes des lacs se retrouve ainsi menacée.

Si pour l'instant, l'écosystème semble le seul touché, les habitant·es des zones proches des lieux de vies des hippopotames ont de quoi s'inquiéter. Ces mammifères –qui tuent chaque année près de 500 personnes– se révèlent beaucoup plus meurtriers que les lions, les loups et les requins.

On reste tout de même loin des 46.612 morts violentes dues à la guerre des narcos entre 1983 et 1994, selon la mairie de Medellín, le fief de Don Pablo pendant son âge d'or.

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