Sports

À l'origine, les tapis de course étaient des instruments de torture

Temps de lecture : 2 min

Des prisons à nos salons, les engins ont fait du chemin.

Les tapis de course représentent aujourd'hui une industrie de 1,4 milliards de dollars en Amérique du Nord. | Ryan De Hamer via Unsplash
Les tapis de course représentent aujourd'hui une industrie de 1,4 milliards de dollars en Amérique du Nord. | Ryan De Hamer via Unsplash

Si pour vous, courir des heures sur un tapis de course s'apparente à de la torture, vous avez tout à fait raison: c'est en fait l'utilisation première de ces machines.

L'histoire tumultueuse du tapis de course a été quelque peu occultée, sûrement parce que ses origines ne sont pas très vendeuses. Il est né en 1818, alors que l'Angleterre décide de durcir son système carcéral pour lutter contre le nombre important de pauvres commettant des petits délits spécifiquement dans le but d'obtenir gratuitement de la nourriture et un abri en prison.

Avec la machine inventée par l'ingénieur William Cubitt, les prisonnièr·es montent des escaliers attachés à une roue géante pendant près de dix heures par jour. L'objectif: torturer les détenu·es britanniques d'une manière «tout juste inférieure à la peine de mort», précise l'historien Vybarr Cregan-Reid au National Geographic.

L'outil se popularise rapidement et est même installé dans la prison de New York quatre ans après sa conception. Au XIXe siècle, l'engin se transforme en tapis de course, conçu pour fournir en même temps de l'énergie aux moulins à grains et aux pompes à eau. Plus de la moitié des prisons de Grande-Bretagne possèdent alors ces tapis de torture, note Quartz.

Le travail harassant a souvent raison des détenu·es: on comptabilise près d'un mort par semaine sur les tapis de la prison anglaise de Durham. C'est d'ailleurs pourquoi ces machines sont abandonnées à fin du XIXe siècle aux États-Unis, puis en 1902 en Angleterre.

Supplice à domicile

Tombé dans l'oubli pendant des décennies, le tapis de course voit son image redorée dans les années 1980, notamment auprès des classes moyennes, avec l'avènement de l'aérobic et du jogging.

Les machines ont depuis bien évolué, à tel point qu'elles représentent aujourd'hui une industrie de 1,4 milliard de dollars [1,27 milliard d'euros] en Amérique du Nord.

En France aussi cette machine s'est démocratisée. Les salles de sport en sont remplies et il s'en vendrait environ 70.000 chaque année dans l'Hexagone, rapporte la marque spécialisée Sprintbok.


Autrefois considéré comme un supplice, on paie désormais 300 à 2.000 euros pour avoir un tapis de course chez soi –même si pour certain·es, son usage reste tout de même très pénible.

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