Santé

Comment s'assurer de l'efficacité de votre pilule

Temps de lecture : 3 min

La fiabilité de ce moyen de contraception dépend essentiellement de son type et de votre comportement. Dans tous les cas, elle n'atteindra jamais 100%.

La probabilité d'éviter une grossesse en prenant la pilule se situe quelque part entre 93% et 99,5%. | Reproductive Health Supplies Coalition via Unsplash
La probabilité d'éviter une grossesse en prenant la pilule se situe quelque part entre 93% et 99,5%. | Reproductive Health Supplies Coalition via Unsplash

Un tiers des femmes ayant recours à la contraception ont recours à la pilule –en France, près de la moitié des femmes l'utilisent. Il en existe deux sortes: la pilule combinée œstroprogestative (ou mini-dosée), qui contient un œstrogène de synthèse et un progestatif de synthèse, et la pilule progestative (ou micro-dosée), qui contient uniquement un progestatif de synthèse.

Les efficacités respectives des deux sortes de pilules sont généralement considérées comme similaires: elles seraient de 93% dans le cadre d'une utilisation typique (une prise ponctuellement manquée) et de 99,5% dans le cadre d'une utilisation parfaite.

Pourtant, la plupart des preuves d'efficacité résultent de travaux menés sur la pilule combinée. Que signifient ces chiffres et comment ont-ils été obtenus?

Utilisation parfaite ou typique

Les protocoles visant à évaluer l'efficacité de la pilule consistaient à demander à des femmes de prendre leur pilule à la même heure chaque jour. Elles étaient considérées comme étant toutes aussi fertiles et «à risque» de grossesse.

Une utilisation parfaite correspondait aux femmes ayant respecté les règles édictées sans jamais se trouver à court de pilules ni manquer une prise quotidienne, et sans avoir pris de médicament risquant de diminuer l'efficacité du contraceptif.

Dans ces strictes conditions, les deux types de pilules s'avèrent efficaces à environ 99,5%. Autrement dit, sur une période de douze mois, 5 femmes sur 1.000 risquaient de tomber enceintes malgré la prise de l'une ou l'autre des sortes de pilules.

Seulement, ces conditions ne sont pas représentatives de la vie quotidienne de la plupart des utilisatrices. Il est donc plus réaliste de considérer l'efficacité de chaque pilule dans le cadre d'une utilisation typique. Leur efficacité est alors de 93%, ce qui signifie que 7 utilisatrices sur 100 tombent enceintes sur une période de douze mois.

Ce taux de 93% reflète les aléas de la vie quotidienne: la pilule peut être oubliée, on peut venir à en manquer avant d'avoir pu obtenir une nouvelle ordonnance, une maladie peut entraîner des vomissements ou des diarrhées provoquant le rejet du contraceptif… L'efficacité de la pilule peut aussi être diminuée par la prise d'autres médicaments –dont certaines préparations sans ordonnance à base de végétaux.

En réalité, la probabilité d'éviter une grossesse en prenant la pilule se situe donc quelque part entre 93% et 99,5%. Cette efficacité peut s'améliorer avec le temps, à mesure que les utilisatrices s'habituent à prendre quotidiennement la pilule.

Elle peut aussi être augmentée en conjuguant la prise de la pilule avec l'utilisation du préservatif (qui présente en outre l'avantage de prévenir les infections sexuellement transmissibles) et en utilisant des moyens de contraception d'urgence si la pilule a été oubliée.

Question de timing

Le mode d'action de la pilule combinée repose principalement sur l'arrêt de l'ovulation. Bien qu'il soit important de la prendre chaque jour à la même heure, cette pilule continuera à être efficace même si elle est prise avec vingt-quatre heures de retard, car l'ovulation sera malgré tout empêchée.

Moins souvent prescrite, la pilule progestative agit quant à elle principalement en épaississant la glaire du col de l'utérus, afin d'empêcher les spermatozoïdes de remonter dans l'utérus et dans les trompes de Fallope et d'éviter ainsi la fécondation de l'ovule.

Cet effet disparaît au bout d'environ vingt-sept heures, ce qui signifie que la fenêtre de prise quotidienne est étroite: elle n'est que de trois heures. Pour cette raison, l'efficacité de la pilule progestative risque généralement d'être plus proche des 93% que des 99,5%.

Les adolescentes et les jeunes femmes d'une vingtaine d'années sont susceptibles d'avoir un taux d'échec plus élevé que les utilisatrices plus âgées. Ceci peut s'expliquer par une plus grande fertilité, ou par une plus grande difficulté à se souvenir de prendre la pilule chaque jour et à entreprendre les démarches pour faire renouveler leurs ordonnances.

C'est la raison pour laquelle la pilule progestative est rarement prescrite aux jeunes femmes appartenant à ce groupe d'âge. On leur recommande généralement des méthodes plus efficaces, telles qu'un dispositif contraceptif implantable ou une pilule combinée.

Avantage de la simplicité

En règle générale, moins les utilisateurs ou utilisatrices d'un contraceptif ont de choses à faire pour s'assurer de son efficacité, plus cette dernière est élevée.

Les contraceptifs réversibles à longue durée d'action sont de ce fait les méthodes de contraception les plus efficaces, et ce partout dans le monde, car une fois mis en place, leur efficience ne dépend plus du comportement de l'utilisatrice.

Ces dispositifs comprennent les implants contraceptifs, qui peuvent durer jusqu'à trois ans, et les dispositifs hormonaux ou intra-utérins en cuivre, qui durent respectivement jusqu'à cinq et dix ans.

Ils sont efficaces à 99,5%–99,95% car une fois insérés, l'utilisatrice n'a pas besoin de se rappeler de faire quoi que ce soit. Cette simplicité peut en faire une alternative attrayante à la pilule pour les femmes souhaitant une méthode fiable.

Effets secondaires, risques associés, coût, avantages supplémentaires… La décision d'opter pour l'un ou l'autre des dispositifs contraceptifs dépend de divers facteurs qui vont au-delà de la seule efficacité. Mais comprendre ce que signifie cette dernière et la façon dont elle est calculée constitue une étape importante pour faire un choix éclairé.

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l'article original.

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