Santé / Sciences

Une étude donne son feu vert pour utiliser l'urine comme engrais

Temps de lecture : 2 min

Des scientifiques de l'Université du Michigan estiment que ce liquide ne favorise pas l'émergence de micro-organismes résistants aux antibiotiques dans les plantations.

Utiliser les quelque 500 litres d'urine que produit chaque année un être humain pourrait avoir de multiples avantages. | Amy Reed via Unsplash
Utiliser les quelque 500 litres d'urine que produit chaque année un être humain pourrait avoir de multiples avantages. | Amy Reed via Unsplash

Utiliser de l'urine comme engrais? L'idée n'est pas loufoque et est déjà connue de bon nombre d'agriculteurs et agricultrices et d'écologistes. Pourtant, des scientifiques craignaient que cette pratique n'accentue un phénomène redouté: la résistance aux antibiotiques.

L'azote, le phosphore et le potassium présents dans l'urine en font un excellent engrais. Mais un doute subsistait quant à la présence dans ce liquide de gènes résistants aux antibiotiques, notamment en cas d'infections des voies urinaires. Une fois dans la nature, ces bactéries auraient pu finir par provoquer d'autres infections résistantes aux antibiotiques chez l'être humain.

Après avoir collecté et analysé plus de 100 litres d'urine de donneurs à travers le Vermont, aux États-Unis, une équipe de recherche de l'Université du Michigan a stocké le liquide entre douze et seize mois pour que de l'ammoniaque s'y crée. Elle a ensuite introduit dans la substance des gènes résistants à deux antibiotiques, la tétracycline et l'ampicilline, pour voir si leur ADN serait absorbé par la bactérie commune à chaque sol –l'Acinetobacter baylyi–, qui acquerrait au passage cette propriété.

Les résultats de l'étude, publiés dans la revue Environnement Science and Technology, montrent que quand l'urine est stockée pendant un certain temps, elle ne peut transmettre et propager une résistance aux antibiotiques. L'urine peut donc être utilisée sans crainte comme engrais, à condition qu'elle soit vieillie.

Réduire la consommation d'eau

Utiliser les quelque 500 litres d'urine que produit chaque année un être humain pourrait avoir de multiples avantages.

Notre urine serait bien plus saine que l'urine des animaux d'élevage utilisée couramment dans les engrais organiques. Cette dernière serait 100 à 10.000 fois plus chargée en antibiotiques que la nôtre.

De plus, selon les scientifiques à l'origine de cette étude, environ 330 tonnes d'azote et 20 tonnes de phosphore par jour pourraient être récupérées si 10% de la population américaine collectait son urine. Les réserves mondiales de phosphore sont quasi épuisées et non renouvelables, et les déchets corporels pourraient être à l'avenir l'une des dernières sources naturelles où l'on pourrait s'en procurer.

Enfin, l'utilisation d'urine dans les cultures permet de diminuer les importations de pétrole pour fabriquer les engrais de synthèse et réduire la consommation d'eau potable.

Environ 30% de notre consommation d'eau potable part dans les toilettes. Récupérer l'urine pourrait aider à éviter ce gaspillage.

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