Monde / Culture

Aux États-Unis, la musique est un fort marqueur politique

Temps de lecture : 2 min

Seul le public de heavy metal semble passer au-dessus de cette fracture.

En 2016, certain·es fans de heavy metal et de hard rock sont passé·es d'Obama à Trump. | Nicholas Kamm / AFP
En 2016, certain·es fans de heavy metal et de hard rock sont passé·es d'Obama à Trump. | Nicholas Kamm / AFP

Les États-Unis sont devenus si polarisés que Républicains et Démocrates sont considérés comme les représentants de deux mondes qui s'affrontent au niveau politique. Mais pas seulement. Au moment de l'élection présidentielle de 2016, les études se sont multipliées pour établir les différences comportementales et sociologiques entre les électorats des deux camps.

Par exemple, grâce à un questionnaire datant de 2014, on sait que les Républicains préféraient, contrairement aux Démocrates, les chiens aux chats, les films d'action aux documentaires et Internet Explorer à Google Chrome.

Un article de The Economist montre que les préférences musicales des Américain·es reflètent également la fracture politique du pays. En utilisant les données sur la vente de billets de concert du site Vivid Seats, le média britannique a mis en exergue un phénomène inattendu: nombre de fans de heavy metal et de hard rock sont passé·es d'Obama à Trump à la dernière élection présidentielle.

Basculement

Les goûts musicaux sont en fait d'excellents indicateurs de conviction politique: lors des élections présidentielles de 2012 et de 2016, l'appétence musicale a prédit quasi systématiquement le vote. Le hip-hop et la country en sont des exemples criants.

D'un côté, le hip-hop, inventé par la population noire plutôt urbaine, populaire dans les villes et dans les régions comptant une part importante d'Afro-Américain·es, a les faveurs des libéraux. De l'autre, la country trouve majoritairement son public chez les conservateurs, dans les zones davantage rurales. En 2016, Donald Trump avait par exemple 22 points de pourcentage de votes de plus dans les régions où la country était particulièrement populaire que dans les régions amatrices de hip-hop.

Pour le heavy métal et le hard rock, la fracture politique est nettement moins visible. L'électorat friand de groupes comme Metallica, AC/DC et Guns N' Roses est très présent dans les zones qui ont voté pour Barack Obama en 2012, selon The Economist. En 2016, le constat était beaucoup plus nuancé.

Il semblerait que lors de la dernière présidentielle, les fans de ce type de musique se soient divisé·es en deux groupes politiques: d'un côté, les individus engagés politiquement se sont tournés vers la gauche; de l'autre, les personnes attachées aux vieux groupes de hard rock ont viré vers Trump, peut-être attirées par le discours anti-establishment de l'actuel président.

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