Monde / Économie

Au sommet des gratte-ciel new-yorkais, les appartements de luxe restent vides

Temps de lecture : 2 min

Alors que dans le même temps, beaucoup d'habitants ont du mal à se loger.

Les milliardaires sont moins friands qu'avant de pied-à-terre New-Yorkais à plusieurs dizaines de millions de dollars. | Mohit Singh via Unsplash
Les milliardaires sont moins friands qu'avant de pied-à-terre New-Yorkais à plusieurs dizaines de millions de dollars. | Mohit Singh via Unsplash

La tendance de la décennie passée dans l’immobilier new-yorkais a été la construction d'appartements de très grand luxe dans d’immenses gratte-ciel. La construction de ces tours de verre a, en dix ans, beaucoup fait évoluer la skyline de la ville.

L’exemple le plus criant en est le «billionaire’s row» (la rangée des milliardaires), une série de buildings supertall (plus de 300 mètres de hauteur) situés juste au sud de Central Park, construits entre 2014 et 2020.

Le New York Times explique que c’est en 2003 que les promoteurs ont compris qu’ils pouvaient faire exploser les prix en garantissant une vue panoramique imprenable sur la métropole, lorsqu’un appartement avec vue sur Central Park s’est vendu 43 millions de dollars, soit plus de 25.000 euros le mètre carré.

Depuis, la construction de tours et d’appartements destinés aux multimillionaires se sont multipliés et les prix encore envolés. Mais d’après le NYT, les promoteurs ont eu les yeux plus gros que le ventre et la moitié des appartements de luxe construits ces cinq dernières années est encore vide, et devrait mal se vendre dans les années à venir.

Crise du logement

Cela peut sembler paradoxal dans une ville qui souffre de graves problèmes de logement. Les loyers sont exhorbitants et près de 79.000 personnes vivent dans la rue. Entre 2008 et 2018, le nombre de résident·es a augmenté d’un demi-million, alors que la ville n’a construit que 100.000 logements de plus.

Le problème est que ces appartements de luxe ne sont absolument pas faits pour les New Yorkais·es. Ce dont la ville a besoin, ce sont plutôt des petits appartements à une ou deux chambres pour couple ou famille de classes populaires ou moyennes.

Les acheteurs potentiels sont plutôt des milliardaires russes, chinois ou des monarchies du Golfe à la recherche d’un pied-à-terre dans le pays de l’oncle Sam. Mais, manque de chance pour les promoteurs, ces dernières années, l’économie chinoise a ralenti et le prix du pétrole diminué.

Dans le même temps, le département américain du trésor (l’équivalent de notre ministère de l’Économie) a décidé en 2017 de se pencher de manière plus agressive sur le blanchiment d’argent via l’immobilier de luxe. Ce qui a pu refroidir quelques ardeurs, étant donné que nombre de ces appartements sont achetés anonymement via des sociétés-écrans.

Alors que la classe moyenne new-yorkaise se bat pour les rares appartements disponibles et accessibles, au-dessus de leurs têtes, les palaces vitrés restent vides.

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