Monde

Quand un quotidien chinois parle de censure...

Temps de lecture : 2 min

Chose assez rare pour être remarquée: le Global Times, quotidien chinois en langue anglaise, a publié le 25 février dernier une enquête complète sur le fonctionnement de la censure internet en Chine.

La version anglaise, créée en avril 2009, du quotidien du même nom, dépend du très officiel Quotidien du Peuple. Mais cette lourde hérédité ne l'a pas empêché d'explorer les dessous de la censure dans le contenu des forums et sites de l'Empire du milieu.

En prenant l'exemple de Douban, un site lancé en 2005 et spécialisé dans la critique de livres et films, l'article explique que, contrairement à ce que l'on croit, c'est «l'autocensure qui est la règle de survie empêchant les sites populaires d'être fermés». Ainsi, la censure viendrait moins des agents zélés de «la grande muraille du net» (traduction de «great firewall») que des éditeurs de petits sites indépendants, qui s'autocensurement de peur d'être fermés définitivement.

«On n'est jamais tranquille. Nous devons toujours garder notre téléphone allumé, et attendre le coup de fil en urgence des autorités qui vont demander la suppression d'une note de blog,» témoigne Zoe Wang, qui travaille pour le site internet du Global Times.

C'est également le flou total dans la législation: il y aurait 14 lois différentes régissant ce qui est permis d'écrire ou pas sur internet, et plus de 10 entités gouvernementales en charge de leur mise en application, selon Li Yonggang, professeur d'Internet Politics à l'université de Nankin.

En 2009, les internautes chinois ont ainsi vu des sites populaires comme Fanfou, l'équivalent chinois de Twitter, suspendu par les autorités après les émeutes au Xinjiang. Apparemment, la fermeture est définitive.

Dans les commentaires, un internaute réagit en chinois et remarque, ironiquement: «Venez voir, BBC et CNN (ces chaînes de télévision sont souvent critiquées en Chine pour avoir une couverture trop négative, ndlr), les journaux chinois bénéficient de la liberté d'expression. Mais c'est seulement pour ceux qui peuvent lire l'anglais.»

[Lire l'article sur Globaltimes.com]

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Image de une: volontaire d'Amnesty International lors d'une protestation à Sydney, REUTERS/Will Burgess

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