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La Chine offre 72.000 dollars aux pêcheurs qui attrapent des drones sous-marins espions

Temps de lecture : 2 min

Sept appareils de ce type ont été pêchés dans des filets chinois en 2019.

Les drones ont été pêchés au large de la province côtière chinoise du Jiangsu. | Nicola Longobardi / Jiangsu Information Office / AFP-Services
Les drones ont été pêchés au large de la province côtière chinoise du Jiangsu. | Nicola Longobardi / Jiangsu Information Office / AFP-Services

La pêche aux drones peut rapporter gros en Chine. Les personnes qui pêchent au large de la province côtière du Jiangsu le savent et laissent exploser leur joie quand elles trouvent dans leurs filets un de ces drôles de spécimens aquatiques bardés de technologies en tout genre.

Capturer un drone sous-marin espion, c'est le jackpot assuré. L'État chinois offre en récompense 500.000 yuans (72.000 dollars, un peu plus de 65.000 euros), soit près de dix-sept fois le revenu annuel moyen dans le pays.

En 2019, onze pêcheurs et pêcheuses de Chine orientale ont touché le gros lot grâce à ce type de prise atypique. En 2018, dix-huit personnes avaient déjà été récompensées pour avoir trouvé neuf de ces appareils.

Selon les autorités de sécurité nationale chinoises, ces drones sont fabriqués dans d'autres pays et sont utilisés pour diverses fonctions d'espionnage, allant de la détection des mouvements de sous-marins chinois à la surveillance des infrastructures sous-marines, comme les câbles de communication.

Zone stratégique

La position géostratégique de la province du Jiangsu peut expliquer que cette zone soit convoitée. Avec un littoral de plus de 1.000 kilomètres de long, elle fait face au Japon et à la Corée du Sud, alors que Taïwan est à environ 800 kilomètres au sud. La présence américaine proche en fait une zone de rivalité.

Pour l'expert et consultant régional Alexander Neill, ces drones ont de grandes chances d'appartenir à la marine américaine. Car si en surface la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine semble trouver petit à petit une issue, les fonds marins restent, quant à eux, le théâtre d'une vraie lutte entre les deux géants.

Depuis 2009, la marine de guerre des États-Unis parraine des recherches sur ce type de drone, connu sous le nom de UUV, Unmanned Undersea Vehicles (véhicule sous-marin sans équipage). Selon Alexander Neill, les pêcheurs du Jiangsu ont probablement trouvé des planeurs, une sorte d'UUV plus petit, qui peuvent être déployés pendant des mois et qui ont l'avantage d'être relativement bon marché.

Grande muraille maritime

Cependant, selon un article de la BBC, ces pêcheurs et pêcheuses feraient en fait partie intégrante d'un programme de sécurité intérieure du pays, une sorte de grande muraille sous-marine de Chine.

Pour le consultant régional Alexander Neill, la plupart de ces personnes appartiennent à l'armée: dans des embarcations «déguisées en bateaux de pêche, elles font en fait une surveillance navale et maritime contre les rivaux chinois». Leurs bateaux «sont essentiellement des navires de type militaire, avec une coque en acier, et non en bois, et avec un tonnage augmenté», ajoute-t-il.

Pour autant, la Chine ne fait pas qu'intercepter des drones sous-marins, elle en envoie également. Il y a à peine cinq mois, un UUV chinois aurait été attrapé par des pêcheurs indonésiens dans l'archipel de Riau, non loin du Singapour.

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