Monde

Des activistes écolo assimilés à des terroristes par l'agence de sécurité américaine

Temps de lecture : 2 min

Des documents internes du Département de la sécurité intérieure (DHS) américaine ont été divulgués par le Guardian.

Un groupe d’activistes écologistes américain·es est cité dans une liste recensant les «extrémistes» du pays. | Jewel Samad / AFP

 
Un groupe d’activistes écologistes américain·es est cité dans une liste recensant les «extrémistes» du pays. | Jewel Samad / AFP  

Sale temps pour les personnes qui défendent le climat aux États-Unis. Il y a quelques jours, les militant·es écologistes américain·es sont tombé·es de haut quand le gouvernement Trump a annoncé son intention d'affaiblir les règles de protection de l'environnement pour faciliter plusieurs projets de construction. Aujourd'hui, c'est au tour du Département de la sécurité intérieure (DHS) des États-Unis de s'en prendre aux activistes du climat et à leur cause.

Dans un récent document interne –obtenu par le Guardian– évaluant les menaces terroristes aux États-Unis entre 2018 et 2020, le DHS inclut un groupe d'activistes écologistes américain·es, appelé les Valve Turners, dans une liste recensant les «extrémistes» du pays.

Les Valve Turners sont des militant·es américain·es engagé·es dans la désobéissance civile non violente. Le groupe est notamment devenu célèbre pour avoir fermé plusieurs vannes de pipelines transportant du pétrole brut dans quatre États du pays en 2016.

Juste à côté d'eux dans la liste du DHS, on trouve des suprémacistes blancs violents et des tueurs de masse, comme Dylann Roof. Ce dernier a été reconnu coupable d'avoir perpétré en 2015 une tuerie de masse aux motivations racistes dans l'église de Charleston en Caroline du Sud, qui avait coûté la vie à neuf fidèles noir·es.

Le document indique également que «les idéologies raciales et environnementales» ont été parmi les principaux moteurs des attaques terroristes aux États-Unis pendant cette période.

Extinction Rebellion

La divulgation de cette note interne du DHS par le Guardian intervient quelques jours seulement après que la police antiterroriste du Royaume-Uni a considéré Extinction Rebellion comme un groupe terroriste.

Dans un fascicule officiel destiné aux institutions afin de sensibiliser sur les risques de radicalisation des jeunes, le Counter terrorism policing south east (CTPSE) –qui coordonne les stratégies antiterroristes des forces de police– a inclus le mouvement écologiste dans la catégorie des terroristes, à l'instar de groupes néonazis et d'organisations ayant fait allégeance à Daech.

Cette même brochure comprend en effet des conseils pour détecter des signes de radicalisation en direction des groupes néonazis du National Action et d'Al-Muhajiroun, un groupe terroriste islamiste ayant des liens avec la récente attaque au couteau du London Bridge.

La police antiterroriste britannique considère que le mouvement écologiste, qui utilise les manifestations pacifiques pour faire campagne en faveur d'une action immédiate face à l'urgence climatique, pourrait encourager les jeunes et les adultes vulnérables à «commettre des actes de violence».

Après le tollé provoqué par la divulgation de ces informations, la police antiterroriste a rapidement fait machine arrière et le responsable CTPSE à l'origine du document a plaidé «l'erreur de jugement».

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