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Quelle est la force de l'armée iranienne?

Temps de lecture : 3 min

En Iran, les forces armées sont divisées entre armée régulière et milices.

Des Gardiens de la révolution islamique lors d'une parade militaire à Téhéran, en Iran, le 22 septembre 2018. | Stringer / AFP
Des Gardiens de la révolution islamique lors d'une parade militaire à Téhéran, en Iran, le 22 septembre 2018. | Stringer / AFP

Depuis l'attaque de l'ambassade américaine à Bagdad, en Iraq, et l'assassinat du général iranien Qassem Soleimani sur ordre de Donald Trump, l'Iran et les États-Unis se sont lancés dans des démonstrations de force et menaces à la surenchère.

Mais quelles sont les capacités militaires de l'Iran?

Armée régulière et milices

L'armée iranienne est divisée en deux parties: une armée régulière, chargée du maintien de l'ordre dans le pays et de la défense des frontières, et le corps des Gardiens de la révolution islamique (GRI), aussi appelés Pasdaran, une troupe d'élite censée défendre le système de la République islamique.

Au total, on estime leurs effectifs à environ 523.000 militaires actifs: 350.000 dans l'armée régulière (dont 220.000 conscrits accomplissant leur service militaire obligatoire), et au moins 170.000 Pasdarans, dont 20.000 sont dans les forces navales, présents en grande partie dans le détroit d'Ormuz, où transite le quart des exportations mondiales de pétrole.

Les Gardiens de la révolution comprennent les forces Al-Qods, l'unité d'élite en charge des opérations extérieures qui était commandée jusqu'à présent par le général Qassem Soleimani, auquel vient de succéder le général Ismael Qaani ; et la milice Basij, fondée par l'ayatollah Khomeini et constituée de volontaires, en charge de la sécurité intérieure –elle a notamment été mobilisée lors de la meurtrière répression des manifestations de novembre.

Fondé en 1979 lors de la révolution iranienne, le corps des Gardiens de la révolution, placé sur la liste des organisations terroristes des États-Unis, constitue la meilleure force armée de l'Iran, disposant des technologies les plus modernes du pays, en regard d'une armée régulière nombreuse mais mal équipée.

Si l'Iran dispose d'une force défensive considérable, ses capacités offensives sont pourtant assez limitées, et ne lui permettraient pas d'entretenir très longtemps et massivement des forces armées en dehors de son territoire, faute de moyens financiers, techniques et logistiques suffisants.

Les lourdes sanctions économiques qui ont frappé l'Iran ces dernières années ont entravé ses importations d'armes, «relativement faibles par rapport à celles des autres pays de la région», estime la BBC. La valeur des importations iraniennes de défense entre 2009 et 2018, dont la plupart proviennent de Russie et de Chine, représentait ainsi l'équivalent de seulement 3,5% des importations de l'Arabie saoudite sur la même période. Au total, le budget iranien de la défense constitue 3% du PIB –la France est à un peu moins de 2% et l'Arabie saoudite autour de 8,5%.

Opérations extérieures

En ce qui concerne les opérations extérieures, l'unité Al-Qods, forte de 5.000 hommes, a notamment été déployée en Syrie, où elle a apporté son soutien aux milices chiites combattant aux côtés de Bachar al-Assad, mais aussi en Iraq, où a eu lieu l'assassinat de Soleimani.

Elle apporte également un soutien financier et logistique à d'autres milices de la région, notamment le Hezbollah libanais et le Hamas palestinien.

Quel armement?

L'équipement missile de l'Iran demeure l'une de ses plus grandes forces. La République islamique possède des missiles à courte et moyenne portée, et tâche de développer des missiles intercontinentaux, dominant sur ce point ses voisins –sans égaler Israël pour autant .

En 2018, les États-Unis se sont retirés de l'accord de Vienne sur le nucléaire iranien signé en 2015, qui visait à limiter le programme nucléaire du pays en échange de la levée des sanctions. Si l'accord, fragilisé, avait finalement été maintenu, la dernière attaque américaine pourrait bien lui avoir donné le coup de grâce. Le gouvernement iranien devrait se prononcer dans les jours qui viennent sur la reprise ou non des activités d'enrichissement en uranium.

L'arsenal iranien comprend également des drones, utilisés depuis 2016 contre l'État islamique en Iraq. En juin 2019, c'est un drone américain que Téhéran avait abattu, déclarant qu'il avait violé l'espace aérien iranien en survolant le très convoité détroit d'Ormuz.

Et les cyber-attaques?

Depuis la cyber-attaque américano-israélienne Stuxnet de 2010, la République islamique a largement développé ses capacités de sécurité informatique. Moins puissantes que celles de la Chine ou de la Russie, les capacités iraniennes sont toutefois comparables à celles de la Corée du Nord.

Les GRI possèderaient leur propre cyber-commandement, travaillant sur l'espionnage industriel et militaire. En 2019, Microsoft avait déclaré qu'un groupe de hackers, surnommé Phosphorus et soupçonné d'être lié au gouvernement iranien, avait ciblé différents acteurs de la campagne présidentielle américaine, et avait tenté de s'introduire dans les messageries de représentants du gouvernement américain et de journalistes.

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