Égalités / Monde

De la prison pour avoir provoqué la mort d'une femme qui avait ses règles

Temps de lecture : 2 min

Au Népal, la coutume consistant à rejeter les femmes en période de menstruation est peut-être en passe de disparaître.

En 2017, deux Népalaises vivant à l'extérieur du domicile familial pendant leur période de menstruation | Prakash Mathema / AFP
En 2017, deux Népalaises vivant à l'extérieur du domicile familial pendant leur période de menstruation | Prakash Mathema / AFP

Au Népal, cette coutume porte le nom de chhaupadi: lorsqu'elles ont leurs règles, ou lorsqu'elles viennent d'accoucher, les femmes sont contraintes de vivre dans des étables. Elles n'ont le droit ni cuisiner ni de manger avec leurs familles, comme l'expliquait un article du New York Times datant de 2013.

Le chhaupadi vient de nouveau d'être évoqué par le New York Times, qui explique qu'une Népalaise est morte après avoir été mise à la porte de sa maison par son beau-frère. Le 2 décembre dernier, Parbati Budha, 21 ans, a été retrouvée sans vie dans l'étable où elle avait été contrainte d'attendre la fin de ses menstruations. Transie par le froid, la jeune femme avait pris l'initiative de faire du feu, mais une inhalation excessive de fumées a entraîné sa mort.

Mariée depuis dix-huit mois, Parbati Budha habitait depuis ses noces avec la famille de son mari. En l'absence de celui-ci, c'est son beau-frère qui a pris la décision de la mettre dehors parce qu'elle avait ses règles, en dépit d'une température extérieure extrêmement basse. Parbati Budha était une jeune femme brillante, raconte le New York Times: au sein de son petit village, situé à deux jours de voyage de la capitale Katmandou, elle était l'une des très rares filles à être allée jusqu'au bout de l'équivalent indien du lycée.

Quand l'activisme fait la différence

La mort de Parbati Budha est hélas loin d'être la première du genre. Mais cette fois, les activistes népalaises qui luttent notamment contre le chhaupadi n'ont pas relâché leur pression sur les autorités locales, contraignant finalement la police à arrêter le beau-frère de la victime. Par leurs actions passées, elles étaient parvenues à obtenir la création d'une loi interdisant aux familles d'exclure ainsi les personnes ayant leurs règles. Une loi qui, jusqu'ici, n'avait pas encore été appliquée.

Une grande partie de la population du village d'Achham, où s'est déroulé le drame, continue à se dire excédée qu'un homme ait pu aller en prison pour avoir appliqué la tradition. C'est pourtant ce qui est arrivé à Chhatra Raut, âgé de 25 ans, qui encourt une peine de trois mois d'emprisonnement s'il est reconnu coupable d'avoir violé la loi.

Le porte-parole du gouvernement népalais a notamment expliqué que les ministres étaient en train de réfléchir très sérieusement à la suspension définitive de cette coutume discriminante et meurtrière. Avec beaucoup d'optimisme, on peut espérer que Parbati Budha reste dans l'histoire comme la dernière femme népalaise à être tuée par le système patriarcal sous prétexte qu'elle avait ses règles.

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