Égalités

Disney supprime le baiser lesbien du dernier «Star Wars» pour sa sortie à Singapour

Temps de lecture : 2 min

Une forme d'auto-censure préventive (et homophobe) destinée à éviter que le film soit interdit à un public trop jeune.

J. J. Abrams & Lawrence Kasdan lors de l'édition 2015 du Comic Con de San Diego | Gage Skidmore via Flickr CC License by

Si Star Wars: L'Ascension de Skywalker a fait parler de lui, c'est aussi pour ce tout petit baiser entre deux personnages féminins très secondaires du film de J. J. Abrams, dont les expert·es et les personnes concernées ont récemment estimé qu'il constituait une régression en matière de représentation des personnes LGBT.

Pour la sortie singapourienne du film, Disney a pourtant décidé de faire disparaître toute trace de ce baiser lesbien, dans le but que le film soit seulement classé PG13, c'est-à-dire autorisé aux enfants de 13 ans encadrés par leurs parents. L'annonce a été effectuée par un porte-parole d'Infocomm Media Development Authority, autorité placée sous l'égide du gouvernement singapourien.

À Singapour, les règles liées à la censure précisent explicitement que les films dans lesquels figurent des thématiques ou des contenus LGBT peuvent être interdits aux moins de 18 ans, tandis que les ceux dont l'homosexualité est un sujet central peuvent être réservés aux plus de 21 ans. D'un point de vue commercial, il semble donc extrêmement compliqué de distribuer de telles oeuvres dans le pays.

À Dubaï aussi (et ailleurs?)

The Guardian, qui relate cette affaire, rappelle qu'à Singapour, le sexe entre hommes est passible de deux ans de prison, tandis que la loi reste muette sur les relations lesbiennes. Inutile d'ajouter que le mariage reste actuellement illégal pour les personnes du même sexe.

Les observateurs et observatrices affirment que le même type de censure a sans doute été effectué dans d'autres pays. The Hollywood Reporter précise que selon des personnes qui auraient vu le film à Dubaï (Émirats arabes unis) auraient également constaté la disparition de cette scène. Chez Disney, qui possède Lucasfilm, personne n'a encore pris la parole sur ce sujet.

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