Boire & manger / Monde

Des enfants dans la chaîne de production de Ferrero Rocher

Temps de lecture : 2 min

L'entreprise revendique une «tolérance zéro» mais de jeunes cueilleurs de noisettes pourraient être employés par des fournisseurs.

Tri de noisettes, à Trabzon, en Turquie, 2014. | Ozan Kose / AFP
Tri de noisettes, à Trabzon, en Turquie, 2014. | Ozan Kose / AFP

Avec sa terre riche en limons, du soleil et suffisamment de pluie, la Turquie est devenue le spot mondial de la culture de noisettes. Ce généreux marché rapporte jusqu'à 1,6 milliard d'euros par an, et Ferrero Rocher est son plus gros client, qui achète un tiers de la production turque.

Le long de la côte de la mer Noire, on compte 600.000 petites fermes, et parmi les petites mains qui s'occupent de la récolte et du transport, on trouve de nombreux·ses enfants. D'après le dernier rapport du gouvernement turc, publié en 2012, environ 900.000 enfants travaillaient dans différentes industries, notamment dans l'agriculture. Cela s'explique en partie par le fait que les entreprises agricoles de moins de 50 employé·es ne sont pas soumises au Code du travail turc.

«En six ans de suivi, nous n'avons jamais trouvé une seule ferme de noisettes en Turquie dans laquelle toutes les normes de base d'un travail décent étaient respectées», avait déclaré au New York Times Richa Mittal, la directrice de l'innovation et de la recherche pour la Fair Labor Association.

Au cours de l'année dernière, le Centre pour les droits de l'enfant en Turquie a recensé la mort de 67 enfants et adolescent·es sur leur lieu de travail.

Peu de suivi éthique

En l'absence de politiques gouvernementales, la surveillance du processus de récolte incombe aux entreprises de confiserie ; un suivi compliqué par la présence de sociétés intermédiaires entre les agriculteurs et les acheteurs, qui entretiennent une opacité sur les circuits de transactions. Contactée par le Guardian, l'entreprise Ferrero a reconnu le problème du travail des enfants dans l'industrie de la noisette et a affirmé qu'elle était «déterminée à prévenir et à éliminer [ce travail] tout au long de [ses] chaînes d'approvisionnement», ajoutant que «la complexité de la chaîne d'approvisionnement des noisettes signifie qu'elle ne peut pas être transformée par un seul acteur».

La compagnie, troisième plus grande chocolatière au monde, derrière Mars et Mondelez, qui revendique une « tolérance zéro à l'égard de toute forme de violation des droits humains», ne trace actuellement que 49% des noisettes qu'elle utilise dans ses produits (Nutella, Ferrero Rocher, Kinder Bueno…). D'ici 2020, elle a annoncé l'objectif de les vérifier à 100%.

«La racine du problème, c'est le prix que Ferrero paye pour ses noisettes», affirme Giulio Carini, responsable de campagne chez l'ONG WeMove Europe. «Notre campagne demande à Ferrero de soutenir un prix équitable pour les noisettes en Turquie, afin de garantir aux travailleurs un revenu salarial et d'éliminer le travail des enfants tout au long de sa chaîne d'approvisionnement.»

Au cours de la dernière décennie, Ferrero a doublé ses ventes.

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