Santé / Sciences

Les champignons hallucinogènes pourraient aider à soigner la dépression

Temps de lecture : 2 min

La psilocybine, la molécule psychoactive de ces champignons, est une piste prometteuse pour soigner les patient·es sur qui les antidépresseurs sont inefficaces.

Le principe actif des champignons aurait moins d'effets indésirables que les traitements conventionnels. | Viktor Forgacs via Unsplash
Le principe actif des champignons aurait moins d'effets indésirables que les traitements conventionnels. | Viktor Forgacs via Unsplash

Les bénéfices des psychotropes sur la santé mentale sont de plus en plus étudiés. Le Kings College de Londres (KCL) s'est penché sur le sujet et a fait une découverte qui pourrait permettre de faire un pas de plus vers la prise de champignons hallucinogènes dans un cadre médical.

L'équipe de recherche du KCL a analysé la psilocybine, la molécule psychoactive des champignons magiques, et a constaté que ce composé était sans danger pour les êtres humains. Son étude, qui est selon The Independent la plus grande jamais effectuée sur le sujet, ouvre la voie à la création d'un traitement à base de psilocybine pour lutter contre la dépression et remplacer à terme les antidépresseurs.

Pour démontrer l'innocuité de la molécule, les scientifiques ont comparé les effets de doses variables chez quatre-vingt-neuf volontaires sain·es. Dans chacune des vingt-cinq séances réalisées sous le contrôle d'un thérapeute, les participant·es ont ingéré des doses de 10 mg ou de 25 mg de psilocybine, ou bien un placebo. Les sujets ont ensuite été suivis pendant douze semaines.

Les volontaires sont unanimes: aucun effet indésirable grave n'a été ressenti. Seuls quelques effets mineurs ont été déclarés, comme des changements dans la perception sensorielle, mais ils n'impactaient en rien le fonctionnement cognitif ou émotionnel.

«Traitement révolutionnaire»

Pour James Rucker, le responsable de l'étude, ces résultats sont «cliniquement rassurants». Il estime que la psilocybine pourrait à l'avenir être utilisée comme «traitement pour les patients souffrant de problèmes de santé mentale sur qui les traitements conventionnels ne sont pas efficaces».

Contrairement aux antidépresseurs, cette molécule issue des champignons hallucinogènes n'influencerait pas les émotions des patient·es. Des malades auraient décrit un état de «libération» et de «reconnexion émotionnelle» après avoir remplacé leur traitement traditionnel par des médicaments à base de psilocybine, rapporte une étude de l'Imperial College de Londres publiée en juin 2019.

D'après les scientifiques, le potentiel de cette molécule reste sous-estimé. Les travaux de recherche se multiplent à travers le monde, notamment aux États-Unis, où la psilocybine bénéficie du statut spécial de «traitement révolutionnaire» accordé par la Food and Drug Administration.

L'octroi de ce statut a été un véritable coup de pouce dans l'avancée des expériences thérapeutiques sur le sujet. En ce moment même, une grande étude de phase II est en cours en Europe et en Amérique du Nord, auprès de 216 patient·es souffrant de dépression sur qui les antidépresseurs étaient inefficaces.

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