Monde

Six choses à ne pas faire en Chine

Temps de lecture : 4 min

Si vous comptez y passer vos vacances, vous feriez bien d'en prendre note.

Les Chinois·es sont extrêmement préoccupé·es par la reconnaissance de leur individualité. | Yiran Ding via Unsplash
Les Chinois·es sont extrêmement préoccupé·es par la reconnaissance de leur individualité. | Yiran Ding via Unsplash

Cet article est publié en partenariat avec Quora, plateforme sur laquelle les internautes peuvent poser des questions et où d'autres, spécialistes du sujet, leur répondent.

La question du jour: «Que devrais-je ne jamais faire en visitant la Chine?»

La réponse de Vincent Lassonde, étudiant en Chine diplômé de l'Université Northeastern:

Je préfère toujours m'attarder sur les choses qu'on PEUT faire en Chine au lieu de rabâcher les continuels clichés/stéréotypes sur le Parti, le maoïsme et tout autre cliché qu'un prof de fac occidentale peut sortir devant sa classe, lui-même habillé d'un complet ton sur ton qui hurle: «COURS SUR LE DÉVELOPPEMENT INDUSTRIEL SOVIÉTIQUE 1945-1964».

Voici donc mon top 6 des choses à ne pas faire en Chine (je sais, je suis 6666 au quotidien).

1. Faire des généralisations

Dans un pays où les gens ont tous très sensiblement la même apparence physique (attention, ne me faites pas dire «sont identiques»), les Chinois·es sont extrêmement préoccupé·es par la reconnaissance de leur individualité. Donc oui, ils cherchent de la validation. Tout le temps.

Ainsi, lorsqu'ils te demandent, cher lecteur, chère lectrice, si tu aimes leur nouvelle coupe de cheveux, dis oui. Pour vos santés mentales respectives. Parce que si tu leur dis non, tu peux être sûr·e qu'ils vont filer rapido au coiffeur local le plus près et se faire raser la tignasse.

Par ailleurs, il va falloir te forcer un peu, mon p'tit lecteur chéri, ma p'tite lectrice adorée. Chaque Chinois·e est extrêmement fièr·e de sa famille et de son patelin natal. Ainsi, lorsque tu seras «introduit·e» (lire: deviendras l'attraction principale de n'importe quel rassemblement de moins de 200 personnes), tu auras à mémoriser:

  • le nom de ladite personne (en chinois pour les points bonus);
  • son patelin de naissance;
  • le dialecte local;
  • sa date d'anniversaire;
  • son emploi;
  • son signe du zodiac occidental ET chinois;
  • les surnoms de ses enfants;
  • le nom de son patron (c'est un extra qui donne beaucoup de points celui-là);
  • le nom de son université (ainsi que la ville où se trouve ladite université);
  • tout autre élément aléatoire qui sera balancé dans la conversation (les spécialités culinaires, les festivals X,Y,Z, l'animal emblème, les poètes nés dans la région, les alcools locaux, la production «de belles filles» en fonction de l'histoire, etc.).

Des heures de plaisir.

PS: si tu te trompes pendant cet exercice, tu auras l'impression de décapiter des bébés chats devant une classe de maternelle au bord des larmes.

2. Ne pas respecter les bonnes files

S'il te prend l'envie de gagner du temps en prenant les files d'attentes réservées pour les locaux, alors tu te mets le doigt dans l'œil jusqu'au coude.

À moins d'avoir un niveau de chinois presque parfait, reste dans la ligne réservée pour les étrangèr·es, même si celle-ci porte la désignation «guichet pour personnes handicapées» (无障碍柜员).

Autrement, tu auras l'air illettré·e en chinois ET en anglais. Je t'aurai prévenu.

3. Refuser de boire de l'eau chaude

Je sais très bien que l'eau chaude, c'est dégueulasse. Ça goûte le métallisé, ça pue et c'est déprimant puisque cela rappelle les fins de mois.

Or, étant donné le poids disproportionné des damas dans la culture chinoise (les tantes de la campagne) celles-ci boivent de l'eau chaude et pensent que tu devrais en faire autant, cher lecteur, adorée lectrice.

Tout refus mènera systématiquement à un interrogatoire en règle de tes habitudes alimentaires, de ta relation avec ton corps et de ton hygiène de vie.

Et sérieusement, parler de constipation avec une dame inquisitrice de 70 ans, c'est plutôt moyen comme expérience.

4. Faire chier les gens avec tes restrictions alimentaires

Pour faire simple, se serait un euphémisme de dire que la Chine ne fait partie de la «Vegan World Cup».

À moins d'aller dans les épiceries fines à expat branchées et hors de prix situées à Jing'an, Shanghai ou Chaoyang, Beijing, si tu veux manger des aliments sans gluten et free range pour maintenir ta quiétude d'esprit, eh bien il va falloir que tu te rabattes sur les poches de riz.

Ainsi, 99% de l'alimentation en Chine n'est pas végétalienne, vegan, probiotique ou toute autre appellation food-trendy sortie de la bouche d'un mec avec un man-bun.

Et par pitié, si tu tiens absolument à ne pas manger de viande/produits animaliers, dis-leur que c'est pour des raisons bouddhistes/religieuses. Autrement, ils vont penser que t'es un cas de maladie mentale.

PS: les allergies demeurent un concept encore assez flou et peu compris par la population en général. Ainsi, pour eux, s'ils sont vachement curieux d'entendre les Occidentaux exprimer toutes les choses qui peuvent potentiellement les tuer, cela ne les empêchera pas de t'offrir un bol de Gong Bao Ji Ding rempli d'arachides du même coup.

Ils sont adorables.

5. Vouloir payer en argent comptant

Bon, société techno-autoritariste oblige, les transactions en argent sont maintenant pratiquement bannies en faveur des paiements mobiles.

Ainsi, à moins de vouloir absolument avoir le look du plouc fraîchement débarqué des campagnes, il te faut, magnifique lecteur, magnifique lectrice, un compte en banque chinois et utiliser WeChat/AliPay pour pouvoir contribuer et faire ta part du Big Data national. Les grandes villes de l'est (qui représentent le cœur battant de la Chine) ont massivement accepté et promu l'usage de ces méthodes de paiement.

Et les cartes de crédit, c'est juste bon pour se faire des lignes de coke.

6. Être physiquement chaleureux

Pour quiconque ayant voyagé en Asie, cette personne aura noté que les Asiatiques sont généralement très sensibles au toucher. Cher lecteur, chère lectrice, je te laisse méditer sur ce syllogisme: ce n'est pas parce qu'un·e Chinois·e te laisse agripper sa main qu'il faut que tu conclues avec un câlin. À moins de vouloir serrer dans tes bras un sac de chair soudainement inerte.

Par ailleurs, les bises en public sont aussi proscrites. Joue(s), bouche, lèvre(s), aisselle(s), derrière(s) de genou... tout est systématiquement défendu. Et tu me demanderas du même coup: pourquoi en est-il ainsi?

Je te répondrai ceci, jeune padawan: les Chinois ne font pas la distinction entre une bise et un French kiss en bonne et due forme. Tout comme ils ne font pas la différence entre un French kiss et du sexe oral, les deux étant des préliminaires selon eux. Ainsi, si l'idée de faire un cunni en public à la secrétaire de la compagnie ne te révulse guère, il n'en est pas de même pour elle.

Et pour les petit·es mali·gnes qui voudront faire une cérémonieuse inclinaison à la japonaise, les Chinois ont aussi horreur de ça.

En espérant avoir été utile!

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