Monde / Économie

Sous Trump, le taux d'imposition des grandes entreprises au plus bas depuis trente ans

Temps de lecture : 2 min

En 2018, quatre-vingt-onze sociétés du classement Fortune 500 n'ont payé aucun impôt fédéral.

Donald Trump avant la signature de sa réforme fiscale, le 22 décembre 2017 à Washington. | Brendan Smialowski / AFP
Donald Trump avant la signature de sa réforme fiscale, le 22 décembre 2017 à Washington. | Brendan Smialowski / AFP

Officiellement, la réforme fiscale adoptée fin 2017 par le président Donald Trump a fait passer le taux de l'impôt sur les sociétés américaines de 35% à 21% en 2018, en dessous de la moyenne des pays de l'OCDE. Mais en prenant en compte les déductions et exonération fiscales, le taux effectif était de 11,3% pour les 400 plus grandes entreprises américaines. Il s'agit du taux le plus bas depuis que ces données ont commencé à être calculées par le think tank Institute on Taxation and Economic Policy (ITEP).

Entre 2008 et 2015, ce taux effectif d'imposition sur les sociétés était d'environ 21%; il a donc été réduit de moitié depuis le passage de la loi de Trump. Selon un rapport de l'ITEP, quatre-vingt-onze entreprises du classement Fortune 500 n'ont même payé aucun impôt fédéral, uniquement des impôts au niveau des États et des villes.

Cette baisse du taux d'imposition a contribué à l'explosion du déficit budgétaire américain, qui frôle actuellement les mille milliards de dollars et a augmenté de 26% en un an.

«Populisme économique»

De nombreuses entreprises ont profité des réductions d'impôts pour effectuer des rachats d'actions, une opération qui permet d'augmenter leur valeur, mais les autres investissements, notamment en matière de création d'emplois, ont été limités. La société de jeux vidéo Activision Blizzard a par exemple bénéficié d'une importante réduction d'impôts mais a malgré tout éliminé des centaines d'emplois en 2019.

«L'exemple le plus frappant de la trahison absolue du populisme économique et nationaliste qui a imprégné la campagne présidentielle de Trump est sa réforme fiscale de 2017», écrit le journaliste du Washington Post Greg Sargent.

Après avoir promis de s'attaquer à l'élite de la finance, Trump a fait passer des réductions d'impôts qui ont bénéficié aux plus riches et aux grandes entreprises.

Le rapport de l'ITEP a déjà fait réagir plusieurs candidat·es démocrates, qui promettent de créer un système plus juste, à l'image d'Elizabeth Warren: «Vous avez probablement payé plus d'impôt fédéral sur le revenu en 2018 que des entreprises comme Amazon, Chevron, Halliburton et IBM. C'est de la corruption –et j'ai un programme qui forcera les multinationales à payer leur juste part.»

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