Santé / Tech & internet

Des internautes ont sciemment envoyé des images stroboscopiques à des épileptiques

Temps de lecture : 2 min

Les cyberattaques ont été perpétrées via des comptes Twitter, en plein mois de sensibilisation à l'épilepsie aux États-Unis.

L'exposition à ce genre de contenus peut déclencher des crises chez environ 3% des sujets. | Rodion Kutsaev via Unsplash
L'exposition à ce genre de contenus peut déclencher des crises chez environ 3% des sujets. | Rodion Kutsaev via Unsplash

Vidéos avec des lumières vives, lumières stroboscopiques, GIF qui clignotent: la Fondation Epilepsy a signalé plusieurs cyberattaques sur Twitter cherchant délibérément à provoquer des crises chez des personnes atteintes d'épilepsie.

Au total, une trentaine de ces actions ont été répertoriées par la fondation au cours de la première semaine de novembre. Le fil Twitter d'Epilepsy, qui compte plus de 30.000 abonné·es, dont nombre d'épileptiques, était l'une des principales cibles. Ses followers auraient notamment reçu des images clignotantes, extrêmement dangereuses pour les malades.

«Le fait que ces attaques aient eu lieu pendant le mois national de sensibilisation à l'épilepsie ne fait que souligner leur nature répréhensible», a déclaré Allison Nichol, la directrice juridique de la fondation.

Epilepsy estime que l'exposition aux images stroboscopiques peut déclencher des crises chez environ 3% des sujets. Aux États-Unis, près de 3,5 millions de personnes souffrent d'épilepsie, selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC); en France, elles seraient 600.000.

Dans un article du Figaro, Stéphane Charpier, chercheur Inserm à l'Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM), explique que «les flashs intermittents de lumière entraînent des réseaux de neurones du cortex visuel dans un rythme qui pourrait provoquer les crises».

«Tu mérites une crise»

Aux États-Unis, des attaques malveillantes ont déjà été menées par le passé via les réseaux sociaux. En 2016, le journaliste américain Kurt Eichenwald, également épileptique, en avait fait les frais.

En pleine campagne présidentielle, celui qui n'avait jamais caché son antipathie pour Trump, notamment sur Twitter, a reçu une image stroboscopique avec la phrase: «Tu mérites une crise d'épilepsie à cause de tes posts.» Comme une bombe envoyée par la poste, cette cyberattaque a failli lui être fatale et, sans le secours de sa femme, Kurt Eichenwald aurait pu mourir d'une crise.

L'homme qui a envoyé le GIF, John Rayne Rivello, a été inculpé pour «coups et blessures volontaires avec une arme mortelle». Cette affaire pourrait faire jurisprudence et aider les Américain·es atteint·es d'épilepsie à combattre les attaques en ligne.

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